De la nécessité d'investir dans la jeunesse    Jeux africains : l'Egypte domine le classement, le Maroc 4ème    Fouzi Lekjaa démissionne de la présidence de la RSB    L'orchestre philharmonique Symphonyat attendu à l'hippodrome de Casablanca    Kelaât Sraghna : Elle rend l'âme lors d'une soirée arrosée    Festival «Oued Eddahab » : Le coup d'envoi ce vendredi    Festival Tifawin : Les arts du rural en fête    Le KACM signe un contrat de haut niveau    Vers la création d'un centre sino-marocain de médecine traditionnelle    Retour en Europe : Ce passage est à éviter ce weekend    Transfert: Le PSG « intransigeant » sur le cas Neymar, selon la presse    Les ministres de tutelle veulent professionnaliser le sport dans le continent    Le cinéma sans frontières fait escale à Berkane    Des migrants privés de terre ferme, d'autres de secours    Italie: Deuxième jour de consultations pour sortir de la crise    Boris Johnson reçu par Macron, tenant de la fermeté sur le Brexit    Crise de Hong Kong: Craignant un Tian an men 2, Pékin tergiverse…    Le «grand jihad», lancé à l'aube de l'Indépendance, se poursuit    Marché immobilier : Les ventes toujours en repli    Finance climatique. Une délégation marocaine en Corée    Ces jeunes artistes marocains qui brillent de mille feux    Arrestation à Sidi Slimane d'un individu soupçonné d'assener des coups mortels à sa femme    Service militaire : Démarrage de l'incorporation des appelés    Casablanca : des têtes d'ânes découvertes à Hay Mohammadi    Maroc–Iles Fidji : Vers un partenariat mutuellement bénéfique    20 ans de règne : Un billet commémoratif de 20 DH émis par BAM    Grâce à la recharge *5 : Inwi démocratise l'achat d'applications sur Google Play Store    Fête de la Jeunesse : 443 personnes graciées    La relance sur fond de responsabilité    Edito : Révolution    Service militaire obligatoire : 900 candidats accueillis à Oujda    Accidents de la route : 30 morts et 1.615 blessés en périmètre urbain    Discours du roi. Un modèle de développement aux spécificités marocaines    La détérioration de la qualité de l'eau entrave la croissance économique    La fragile économie du lac Malawi victime du climat et de la surpêche    La propriété intellectuelle, pilier de la croissance en Afrique    Giuseppe Conte, "le Monsieur Nobody", passé de l'ombre à la lumière    Les femmes seraient diagnostiquées plus tardivement que les hommes    Ces stars qui ont vu leur carrière basculer    Le discret mais lucratif trafic de fossiles à Erfoud    Insolite : Trump ne construira pas de gratte-ciel au Groenland    Manchester United condamne des injures racistes reçues par Paul Pogba    Ligue des champions : L'Ajax accroché et Mezraoui expulsé    Ronaldo: 2018 a été l'année la plus difficile sur le plan personnel    Des enfants maqdessis visitent des sites touristiques à Tanger    Première édition du Festival international Cinéma & Littérature à Safi    L'écrivain Yann Moix provoque la polémique en se décrivant en enfant battu    Coups de feu sur le tournage du clip du rappeur Booba    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Ecole publique: Sortir de l'idéologie de l'échec
Publié dans L'Economiste le 19 - 07 - 2019

Moulay Ismaïl Alaoui, ancien ministre de l'Education nationale: «Malgré tout le débat que nous avons connu dernièrement, je ne vois pas d'issue dans un temps relativement court, permettant de sauver nos générations futures d'une impasse pouvant être très grave pour l'ensemble de la nation» (Ph. Bziouat)
Moulay Ismaïl Alaoui a endossé la responsabilité de ministre de l'Education nationale, en charge de l'enseignement primaire et collégial, il y a de cela vingt ans. Il faisait partie du premier gouvernement d'alternance. Avec un mandat d'un peu plus de deux ans (mars 1998-septembre 2000), il n'a pas pu mener à terme ses réformes. Mais il a pu cerner les maux du système. Avec un recul de deux décennies, il nous livre son ressenti par rapport à l'école publique.
- L'Economiste: Quel regard portez-vous sur l'évolution de l'école publique sur les vingt dernières années?
- Moulay Ismaïl Alaoui: Notre école pâtit encore de dysfonctionnements extrêmement graves. Depuis l'indépendance, notre système d'enseignement se complait dans une sorte d'idéologie de l'échec. Cela peut paraître abrupt de présenter les choses ainsi, mais l'on ne peut qu'arriver à la conclusion que notre système d'enseignement n'est pas conforme aux besoins actuels et futurs de notre société. Comment cela se fait-il que nous nous dépêtrions dans les mêmes problèmes, tels que celui du choix de la langue d'enseignement, depuis des décennies? Malheureusement, les choses ne sont pas encore claires chez tous les responsables.
- Pourtant, depuis 2015, nous disposons d'une feuille de route à l'horizon 2030…
- En effet. Cependant, le Conseil supérieur de l'éducation, qui a élaboré cette feuille de route, ne dispose pas des moyens nécessaires pour appliquer les résultats de ses réflexions. D'ailleurs, même si la stratégie a été formulée il y a quatre ans, nous n'en voyons pas encore la traduction dans les faits. Cela trouve une explication sur le plan politique. Mais aussi dans le caractère timoré des responsables du secteur, dans le sens où ils n'ont pas encore pris conscience de l'urgence de sauver le système d'enseignement public. C'est comme si tout était fait pour que des missions étrangères et opérateurs privés remplacent les responsabilités qui doivent incomber à l'Etat. Il existe une exagération dans le choix de ce libéralisme, au sens économique du terme, et non politique.
- S'il y avait une clé de réforme à activer, quelle serait-elle?
- La formation des formateurs. C'est une question fondamentale. Si nous disposons de formateurs de bon niveau, nous obtiendrons un enseignement de haut niveau. Si nous continuons à bricoler, nous irons de catastrophe en catastrophe. La vocation d'enseigner peut être acquise grâce à une bonne formation, y compris continue. Le corps enseignant doit bénéficier d'un accompagnement solide sur le plan pédagogique et moral. Depuis deux décennies, nous constatons malheureusement, un recul du niveau moral de nos enseignants. Cela me fait mal, car moi-même je fais partie de cette famille, j'ai enseigné pendant 40 ans.
- Ce déficit de formation des enseignants, est-ce la principale cause de la déchéance du système?
- Il en existe plusieurs, comme cette hésitation en ce qui concerne l'enseignement des langues. Il faut savoir que la langue maternelle est fondamentale pour former la personnalité de l'enfant, et partant, de l'homme et de la femme à venir. Nous continuons à idéologiser un problème qui ne devrait pas l'être. Il faudrait agir comme tous les pays du monde, y compris les plus petits. Ils enseignent d'abord dans leur langue nationale, et cela ne les empêche pas d'être performants dans les langues internationales. Lorsqu'un enfant assimile bien sa langue maternelle, avec une formation de base correcte, il peut apprendre toutes les autres. Je peux parler en connaissance de cause, puisque j'ai moi-même appris l'arabe, le français, l'anglais, le latin, et l'espagnol. Formons des formateurs compétents, et des pédagogues qui sont à même d'inculquer à l'enfant l'amour de ce qu'on lui enseigne.o
Propos recueillis par Ahlam NAZIH


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.