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Risques sur la croissance mondiale
Publié dans L'observateur du Maroc le 19 - 11 - 2013

L'économie mondiale devrait continuer à croître à un rythme modéré au cours des deux prochaines années, mais les responsables de l'action publique doivent veiller à ce que l'instabilité des marchés de capitaux et les fragilités sous-jacentes de certaines grandes économies ne fassent pas dérailler la croissance, selon les dernières perspectives économiques de l'OCDE.
« La reprise se confirme mais elle est lente, et des turbulences pourraient survenir » a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría à l'occasion du lancement de ces Perspectives à Paris. « Le risque d'un nouvel affrontement politique sur les questions budgétaires aux Etats-Unis persiste, tout comme celui d'un ralentissement des achats d'actifs par la Réserve fédérale des Etats-Unis, ce qui pourrait provoquer un nouvel épisode d'instabilité. La sortie des politiques monétaires non conventionnelles sera délicate, tout autant que les mesures destinées à éviter de nouvelles turbulences dans la zone euro et garantir qu'au Japon, les perspectives de croissance deviendront réalité et les objectifs budgétaires seront atteints » a poursuivi A. Gurría.
Selon les Perspectives, dans les 34 pays membres de l'OCDE, la croissance du PIB devrait s'accélérer, passant de 1.2 % cette année à 2.3 % en 2014 et 2.7 % en 2015. L'économie mondiale, pour sa part, devrait enregistrer une croissance de 2.7 % cette année, avant de monter en régime pour passer à 3.6 % en 2014 et 3.9 % en 2015. Le rythme de la reprise économique mondiale est plus faible qu'annoncé en mai dernier, en raison notamment de la dégradation des perspectives pour les économies émergentes.
Aux Etats-Unis, la croissance devrait selon les prévisions atteindre 2.9 % en 2014 et 3.4 % en 2015. Au Japon, la progression du PIB va sans doute ralentir pour s'établir à 1.5 % en 2014 et à 1 % en 2015. Enfin, la zone euro devrait amorcer une reprise progressive, avec une croissance qui devrait ressortir à 1 % en 2014 et à 1.6 % en 2015.
La croissance a commencé à se redresser en Chine, mais restera plus faible que prévu auparavant dans la plupart des autres grandes économies de marché émergentes. Dans quelques pays émergents membres de l'OCDE (le Chili, la Turquie, le Mexique, la Corée et Israël), la croissance restera supérieure à celle des économies avancées.
Les Perspectives économiques font cependant mention d'un ensemble de risques de dégradation par rapport à ces prévisions de reprise, qui restent modestes au regard des évolutions passées. Elles pointent notamment le ralentissement préoccupant de la croissance des échanges mondiaux, des flux d'investissement direct étranger et de la formation de capital fixe, ainsi que la poursuite d'un chômage obstinément élevé, particulièrement en Europe où il devrait seulement passer en dessous des 12 % d'ici à fin 2015.
L'OCDE estime que la politique monétaire des Etats-Unis devrait rester accommodante, mais propose un fléchissement progressif des achats d'actifs par la Réserve fédérale, afin de limiter les conséquences d'une telle évolution sur les économies de marché émergentes vulnérables. L'Organisation appelle à ce qu'il soit mis fin au blocage budgétaire aux Etats-Unis, grâce à la suppression du plafond de la dette nominale et à la mise en œuvre d'un programme budgétaire coordonné à moyen terme.
Saluant la récente baisse de taux opérée par la Banque centrale européenne, l'OCDE indique qu'une poursuite de l'assouplissement sera peut-être nécessaire si les risques de déflation s'intensifient. Elle appelle à une mise en œuvre rigoureuse des opérations d'évaluation de la qualité des actifs et des tests de résistance des banques de la zone euro qui doivent être prochainement effectués, et elle préconise qu'ils soient suivis si nécessaire d'une recapitalisation des banques et que la mise en place de l'union bancaire progresse.
Le Japon est encouragé à poursuivre la mise en œuvre des trois « piliers » de la politique économique menée sous l'impulsion du gouvernement de Abe (Abenomics) dans le cadre des mesures énergiques requises pour sortir de la déflation, inscrire la croissance sur une voie durable et atteindre les objectifs budgétaires du pays à long terme.
« Depuis la crise mondiale, la croissance est inégale et balbutiante, et la création d'emplois est encore plus décevante », a déclaré le Chef Economiste de l'OCDE Pier Carlo Padoan à l'occasion de la présentation des Perspectives économiques. « Il va falloir mettre en place des stratégies nettes et crédibles pour savoir comment créer des emplois, générer de la croissance et assainir les finances publiques. Cela ne sera possible que si les économies avancées comme les économies de marché émergentes se montrent déterminées à engager des réformes structurelles » a-t-il ajouté.


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