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Campagne électorale à Oujda
Publié dans MarocHebdo le 29 - 05 - 2014


ORIENT EXTREME
Amale SAMIE
Oujda mérite mieux que tout cela, avec une future réouverture de la frontière maroco-algérienne, la proximité de Melillia et Nador, la ville a une vocation de carrefour international.
Amale SAMIE
Oujda. Une ville que l'on a vu péricliter au fil des ans, plongeant les Oujdis dans l'amertume: ils s'estiment oubliés: "Les Oujdis qui détiennent le pouvoir ou l'argent sont des ingrats qui n'ont jamais rien fait pour leur ville".
Autre caractéristique des enfants de la capitale millénaire de l'Oriental, ils vivent dans la nostalgie du passé. Ils ont de bonnes raisons de le faire: ils se souviennent du temps où leur ville était une cité conviviale, propre et clémente. Hospitalière.Ces temps sont morts. Les Oujdis sont révoltés. Une révolte résignée.
Ils en veulent à leurs élus. Députés et élus locaux ont rarement eu le souci de leur ville en tête. Les habitants de la métropole zénète, andalouse et bédouine jugent qu'ils n'ont jamais pensé qu'à s'enrichir. À commencer par les trois conseils municipaux qui se sont succédés à la gestion de la ville depuis 1976.
Coupe pleine
Oujda aura essayé trois partis politiques. Ils ont failli à leur mission: Istiqlal en 1976, USFP en 1983, RNI en 1992.
La coupe est pleine. Les Oujdis veulent un changement drastique qui rompe avec les pratiques du passé. Mais à une semaine des élections communales, quel choix se présente réellement devant eux?
Cela tient en un mot: Koutla.Du moins les deux majors, USFP et Istiqlal. Serait-ce un retour à la case départ?L'Istiqlal a géré la ville, un fief, dès 1976. Les élus ont un "peu" joué avec la caisse. Sanction. L'USFP a pris le relai, Yahia Boukarabila, une figure pittoresque mais à la réputation peu reluisante, a saigné la ville, de l'avis même de son parti qui l'a exclu à la veille des communales de 1992. Mais l'USFP a attendu trop longtemps avant de prendre cette mesure réclamée à cor et à cri pendant des années par les militants. Le scénario est archi connu. Sanction. Le RNI occupe alors la place encore chaude. Les Oujdis ont très vite découvert qu'ils ont porté des coquins à la tête des trois commune urbaines, de la commune rurale et du conseil municipal.Mais si à Oujda les citoyens semblent décidés à redonner leur confiance aux socialistes et aux istiqlaliens, c'est parce que l'USFP a procédé à une purge dans ses rangs et a tenu son congrès régional, le 26 avril 1997, où elle a pris le taureau par les cornes: opérer un nettoyage radical de son bureau régional. Parce que l'USFP a été laminée en 1992.
Renverser la vapeur
C'est aussi parce que les turpitudes passées de l'Istiqlal se sont estompées, elles datent d'un passé révolu. Même si la famille Hjira est toujours active. Avec à sa tête le député Abderrahmane Hjira.Le RNI est donc dans le collimateur. Avec l'UC, accessoirement.
Dans les trois communes, le conseil est constitué d'une majorité RNI est de quelques élus du PI: Sidi Ziane est présidée par Aziz Houcine, RNI, celle de Sidi Mâafa est dirigée par Najem Lahbil, du même parti. C'est lui qui dirige la Communauté urbaine. Mohamed Lazâar, du RNI aussi, préside la commune de Sidi Driss El Gadi.
C'est Mohamed M'Saâd, UC, qui està la tête de la commune rurale de Sidi Yahia. Après le 13 juin, cette quatrième commune rejoindra la Communauté urbaine.À Sidi Ziane, le député USFP Mohamed Taoufiq Bellahcen, médecin dermatologue, compte bien renverser la vapeur et il est convaincu que dans les autres communes le RNI va recevoir une correction, comme toute la droite, comme les SAP. Car ici aussi les SAP ont massivement infiltré la consultation.
Le Professeur Bellahcen, député d'Oujda, est formel: la droite doit aussi sa suprématie à la bienveillance de l'ex-gouverneur Boufous.
Halte au cumul
Selon le Professeur, l'épuration du parti lors du congrès a engagé les socialistes à ne pas présenter le secrétaire régional de l'USFP, Me Abderrahim Lemrabet, ni même son premier adjoint, Me Abdelkader Bouchkhachekh, avocat lui aussi. Halte au cumul, donc.
À Sidi Ziane, les socialistes présentent 3 médecins, 3 professeurs et des cadres. Sur l'ensemble des communes, l'élimination des brebis galeuses a contraint le parti à ne couvrir que 60 à 70 % des sièges à pourvoir.
Ainsi pour procéder à un recrutement rigoureux des candidats, l'USFP a préféré présenter des candidats dans 35 circonscriptions sur 39 seulement. "Nous ne voulons pas d'analphabètes ni d'escrocs pour gérer les affaires de notre commune".Pour la candidature commune des candidats de la Koutla, l'Istiqlal et l'USFP étaient sur le point de passer un accord régional, et le PPS, qui a une excellente réputation dans la ville -il la doit à sa "virginité"- comptait bien être de la fête. L'échec au sommet a entraîné un divorce douloureux pour les militants oujdis de la Koutla.
Fautes du passé
Le PI a lui aussi choisi la réforme: candidats intègres, instruits, et déterminés à réhabiliter leur parti auprès des citoyens. Il est vrai qu'Oujda a toujours été considérée comme une ville istiqlalienne. Alors le PI veut retrouver la place de premier parti de la région en restaurant la confiance que lui faisaient traditionnellement les citoyens.Les effectifs du PPS ne lui permettent pas de couvrir toutes les circonscriptions, alors il a choisi les meilleurs de ses membres pour le représenter.
Le Dr Kebir, militant actif de la CDT essaie d'expliquer les fautes du passé. Il n'aimerait pas que les rangs du parti soient réinfiltrés par des moutons noir. Il déplore la distance qui a régné par le passé entre la base et les instances nationales du parti. "Yahia Boukarabila aurait dû être éjecté au tout début, dès que nous nous sommes plaint de lui à la direction, c'est à dire avant qu'il n'accomplisse toutes les turpitudes qui ont valu le discrédit à l'USFP auprès des Oujdis".À Oujda, l'USFP a même accordé son investiture à des sympathisants. Pour leur valeur personnelle.
Analphabètes
Mais l'invasion des SAP est ressentie ici comme une tentative des autorités et de la droite de barrer la route à ceux qui veulent servir leur ville. À Sidi Ziane seulement, il y en a 14. Le problème c'est qu'ils ont été recrutés dans les rangs des délinquants et des plus frustes. Les analphabètes sont très bien représentés, y compris dans l'ancien conseil.
Ce handicap entraînera certainement une sanction des électeurs. Si les autorités retournent à la neutralité.Mais pour le Pr. Bellahcen, "il y a peu de chances pour que les responsables se désengagent véritablement d'une affaire qui ne les concerne en rien".Il est vrai que la force publique devrait plutôt s'occuper des donneurs de festin, des voyous et des candidats un peu trop prodigues. Oujda mérite mieux que tout cela, avec une future réouverture de la frontière maroco-algérienne, la proximité de Melillia et Nador, la ville a une vocation de carrefour international.
Absurdité
La zone industrielle établie en 1983 a été accaparée par des individus douteux qui y ont carrément loti des terrains, faisant fuir ainsi un grand nombre d'investisseurs étrangers.
Ces investisseurs étaient d'ailleurs déjà tièdes lorsqu'ils se sont aperçus que le réseau d'assainissement était une absurdité, un rudiment d'infrastructure pompeusement présentée comme une merveilleuse réalisation du Conseil municipal dans laquelle le RNI a englouti, on ne sait trop comment un crédit mixte du FEC (Fonds communal) et du ministère des Travaux publics.
Les finances du prochain conseil sont d'ores et déjà gravement hypothéquées avec une obligation de rembourser 500 millions de centimes par an.Dans la commune d'Ahfir, le président Amer Ourimchi du PND a mené la commune à la ruine, les 14 membres du bureau sont des analphabètes notoires. Comme à Saïdia, pôle touristique des plus prometteurs, les élus de droite savent à peine à quel parti ils appartiennent eux-mêmes, le président est un peu MP un peu MDS. Ils ne peuvent se prévaloir du moindre investissement.
Flou
Le complexe touristique est encore en chantier, pire, il se délabre à vue d'il. L'ex-président d'appartenance encore plus floue se représente, pourtant il a été destitué il y a deux ans et traîné en justice pour harcèlement sexuel.
Dommage pour l'Oriental, dommage pour Oujda. On a trop longtemps négligé la ville, on s'est trop souvent gaussé de ses habitants, on les a pris pour quantité négligeable. Maintenant, la parole est aux Oujdis. Il ne tient qu' à eux d'exiger des engagements fermes des candidats. Sur des projets précis, chiffrés, planifiés et arrêtés.Choisiront-ils des hommes nouveaux?
Et quand ces hommes seront élus, seront-ils à la hauteur des attentes légitimes des enfants de Ziri Ben Atiyah?
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