France: Nadia Hai, d'origine marocaine, nommée ministre délégué à la Ville    Driss Lachguar se réunit avec les membres du Front national pour la sauvegarde de la Samir    Réunion du Bureau politique    Le stress test de BAM confirme la résilience des banques au choc induit par la crise liée à la pandémie    Driss Lachguar lors d'une réunion avec les membres du Conseil national de l'USFP issus de la région de Rabat-Salé-Kénitra    Côte d'Ivoire : mort du premier ministre et candidat à la présidentielle Amadou Gon Coulibaly    Covid-19 : Des mesures additionnelles préventives à l'occasion d'Aid Al Adha    Sahara marocain: un expert péruvien n'a pas été tendre avec l'Algérie    Les grossistes anticipent une baisse des effectifs employés    La contamination bat son plein : A qui la faute ?    Pour Tom Hanks, son nouveau film de guerre peut servir de leçon face au coronavirus    "Des peurs et des hommes, sous l'influence du covid-19", nouvel essai qui identifie les réponses psychologiques face à la pandémie    Une série d'activité culturelle et artistique à Assilah    Chelsea chasse Leicester du podium    L'accès au territoire ouvert aux citoyens marocains et les résidents étrangers    164 nouveaux cas de Covid-19 au Maroc: près des 2/3 dans la région de Casa    45.309 MRE rejoignent leurs pays de résidence    Projet de loi de finances rectificative : quoi de neuf sur le volet fiscal ?    Reprise de l'activité footballistique au Maroc    Zouhair Feddal tout proche du Sporting Lisbonne    Elections 2021: Réunion entre l'Intérieur et les partis    Coronavirus : 3212 cas actifs mercredi 8 juillet à 18 heures    Talaâ Saoud Al Atlassi : Le non du Maroc au plan israélien se démarque par son réalisme    Les ménages incertains et très inquiets    Serie A: Ibracadabra renverse la Vieille Dame    Assilah respire un air artistique estival!    L'identité, selon Descombes    Liga : Valence souffle, l'Atlético freiné par le Celta    Premier League: Arsenal et Leicester se quittent sur un nul    Infos Covid-19/Maroc: le ministère a fait une annonce    Détournement d'aides dans les camps de Tindouf: la responsabilité de l'Algérie est entière    US Round Up du mercredi 8 juillet – PPP, Banques, Eglises, Texas, Harry et William    Le Parlement marocain exige des excuses d'Amnesty    Alerte Météo : la canicule se poursuit au Maroc    Le dissident algérien Karim Tabbou appelle à s'engager dans un «vrai» processus politique    Hamza El Fadly « L'argent, la cause de tous les problèmes »    Covid-19 : La CAF et ses partenaires se réunissent pour la sécurité sanitaire en Afrique    Théâtre d'enfant : Un art à exercer professionnellement selon El Houcine Essekkaki    Casablanca: incendie spectaculaire dans une décharge (VIDEO)    Loubna Abidar critiquée par un avocat égyptien (VIDEO)    Vacances. Voici les plages où il ne faut pas se baigner    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste à Nador    Coupure d'électricité à Casablanca: les explications de la Lydec    Joe Biden promet que les États-Unis réintégreront l'OMS s'il est élu    Enseignement: L'e-learning en voie d'institutionnalisation au Maroc dès la rentrée prochaine    Météo : temps généralement stable avec ciel peu nuageux à clair, ce 8 juillet    4 terroristes présumés arrêtés à Nador    Tensions sino-américaines en mer de Chine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La campagne, une réhabilitation en marche
Publié dans MarocHebdo le 31 - 10 - 2018


Tous paysans !
La campagne a longtemps été abandonnée à elle-même et à ses propres moyens d'existence. Elle est désormais appelée à être le moteur du modèle de développement économique et social.
La campagne est à l'honneur. Il était temps. Pour preuve, la place qui lui est accordée, avec les réalités d'aujourd'hui et les projections de demain, dans le dernier discours royal à l'ouverture de l'actuelle session du parlement, vendredi 12 octobre 2018. Le monde rural tient une place primordiale dans le nouveau mode de développement auquel SM Mohammed VI appelle ardemment. Le Souverain veut faire de la campagne un levier économique, particulièrement pour les jeunes, à savoir le maillon le plus fragile du processus formation-emploi-insertion sociale dans les meilleures conditions possibles. À première vue, cela peut paraître difficilement accessible, comme si «à l'impossible nul n'était tenu», quelles que soient les circonstances.
Dans le fond, un mode de développement moderne n'est pas forcément antinomique du monde rural. En tout cas pas au Maroc; un pays foncièrement agricole. Mais aussi un pays où la campagne a été longtemps délaissée, abandonnée à elle-même et à ses propres moyens d'existence et de vie. L'appel du Souverain a une intonation voltairienne qui incite au retour à la terre. En fait, ce n'est que justice pour notre rapport à un milieu où nous puisons, d'une manière ou d'une autre, une bonne part de notre référentiel sociologique.
Et pourtant, il n'était pas bienvenu de revendiquer ses origines paysannes, surtout dans un environnement social où règne une urbanité hâtive et mal digérée. Cette forme d'opposition ville-campagne n'a plus le même sens qu'auparavant, dans une démographie à parité égale. La ville se ruralise dans une anarchie organisée tandis que la campagne tente de s'urbaniser sans que le terme ne soit porteur d'un développement rationnel et de bon goût. Ce rapprochement de deux espaces, tel qu'il se présente actuellement, est loin des ambitions royales dans ce domaine.
Moteur de développement
Nous avons constamment sous les yeux des terres agricoles parmi les meilleurs sols au monde, victimes d'une bétonisation rampante, si ce n'était déjà excessif. Des habitations dites abusivement sociales ne sont en fait que des cages à poules aux oeufs d'or massivement apparues tels des champignons sauvages.
Le tout, en parfaite rupture avec les ressources de la région et le but auquel elles étaient destinées. Un exemple parmi tant d'autres, à la périphérie de Casablanca. Voilà une ville-surprise, Arrahma, plus connue pour son cimentière, qui est à mettre dans cette catégorie. Vu la nature et la provenance des investissements, il est tout à fait prévisible que ces atteintes flagrantes à un urbanisme de qualité et à l'esthétique du paysage, prolifèrent un peu partout dans le Royaume. Ce n'est certainement pas le meilleur jumelage ville-campagne tel qu'il doit évoluer selon les orientations du Souverain.
Depuis l'indépendance du Maroc, on n'a cessé de parler d'exode rural à résorber. La question était de savoir comment retenir les jeunes et les moins jeunes parmi nos compatriotes sur leur terre de naissance et de croissance. Il fallait trouver les mots et les arguments receptibles pour les convaincre que la solution n'était pas de grossir les ceintures bidonvilloises de Casablanca et d'ailleurs. Le projet royal invite, précisément, à l'inversion de cette tendance lourde qui accompagne le pays depuis la fin du Protectorat. Cela fait un bail. Un mouvement migratoire qui semble avoir définitivement tracé son itinéraire. De la campagne à la ville, pourquoi s'arrêter dans cette migration Sud-Nord?
Désormais, la jeunesse rurale aura une offre plus incitative à une sédentarité prometteuse et engageante. En gros, la jeunesse rurale sera un moteur de développement économique et social, au lieu d'être un fardeau. Elle est appelée à prendre pied dans son terroir, armée de projets producteurs de revenus durables. La structure de la propriété agricole, aujourd'hui contrôlée par les grands propriétaires terriens, devra aider les petits agriculteurs à s'organiser en coopératives, pour plus de rendement. Près d'un million d'hectares appartenant aux collectivités seront ainsi mobilisés pour plus de productivité pouvant améliorer le niveau de vie de la population paysanne.
La scène grandeur nature de ce renversement de situation, longtemps jugé impossible, c'est toute la campagne marocaine, dans sa variété ethnique et culturelle, entre plaines et montagnes. Une campagne nourricière pour les siens, mais aussi pour les citadins dont elle assure le pain quotidien, au sens propre du terme. Une évolution qui changerait la donne actuelle à un point tel que la campagne serait en mesure de sécréter une classe moyenne d'essence rurale et d'une portée nationale.
Plus qu'un programme, un pari audacieux qui a valeur de rêve destiné à devenir une réalité à force d'y croire et de faire en sorte qu'il soit réalisable. Après tout, gouverner n'est-ce pas aussi être porteur de rêves à dimension nationale? Il est juste nécessaire que les plus directement concernés par cette perspective prometteuse en soient convaincus.
Changer la donne
La classe moyenne que l'urbanité n'a, jusqu'ici, pas pu produire; devrait être le produit d'une campagne capable d'allier le rendement à un sentiment vrai de bien-être, au nom de tous. Le Maroc aura ainsi appris à évoluer sur ses deux jambes, le rural et l'urbain. Dans le cas contraire, il serait unijambiste. Pour que cette vision royale se concrétise, il est également nécessaire qu'une volonté politique assure un accompagnement convaincant et crédible. Notre classe politique a grandement besoin de cette implication pour elle-même et dans son rapport au citoyen. Une mutation salutaire où l'homme politique venu de la ville, ou même issu du terroir, ne mettrait plus les pieds dans la campagne qu'à l'occasion d'une campagne électorale. Cette réalité malheureuse est également pour beaucoup dans la marginalisation du monde rural.
Une tendance très forte dès lors que la campagne était considérée comme «un espace-makhzen», réservé et traité comme tel; du coup, interdit à toute forme d'opposition. Aussi ancrée soit-elle, cette sociologie électorale a-t-elle disparu? Difficile à dire. La campagne reste un univers particulier où règne l'autorité du caïd et du cheikh, son bras droit. Une réalité coriace qui entrave toute évolution vers un mieux administratif, économique et social.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.