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Des enfants dans l'enfer de la rue
Publié dans Agadirnet le 26 - 03 - 2007

Ces enfants marginalisés qui souffrent au quotidienAgadir. Espace très fréquenté et animé, la place des grands taxis d'Inezgane est aussi le lieu de prédilection pour les enfants de la rue qui y passent la journée à mendier et à inhaler “la colle“, à défaut de haschich. Reportage.
Dans cette matinée du mercredi 21 mars baignée par un radieux soleil qui fête à sa manière l‘arrivée du printemps, une activité débordante anime la place des grands taxis d'Inezgane où s'entrecroise une foule nombreuse quelque peu harcelée par des jeunes enfants qui vivotent tant bien que mal en mendiant.
Ils sont là tendant leurs mains maigres et sales aux passants, chacun muni d'un sachet de plastique et d'un tube de colle. Juste de quoi fuir l'amère réalité.
Appelés «Chmkaras», ces innocents enfants de la rue, ces jeunes SDF vivent en communauté et se regroupent ainsi pour faire face aux aléas du quotidien et d'un destin qui ne les a pas favorisés. «Je n'ai pas choisi cette vie de misère. Elle m'a été imposée après la mort de mon père. Après cette catastrophe qui a anéanti ma vie, ma mère s'est remariée et mon beau père n'arrêtait pas de me maltraiter et de me brutaliser, alors j'ai préféré quitter la maison», confie, les lames aux yeux, un jeune à peine âgé de huit ans. Cet enfant qui n'a jamais été à l'école et qui passe son temps à inhaler, en vrai professionnel, la “colle“ (Kabssa dans le jargon de ces enfants de la rue), explique que personne ne voulait de lui à la maison, «alors pourquoi continuer à vivre sous le même toit avec des personnes qui vous honnissent ?».
Si la violence physique et morale ont poussé cet enfant à choisir la rue pour y vivre, son copain de quatorze ans et qui a refusé de donner son nom, l'a librement choisie. Avec un regard qui a déjà la dureté d'un adulte, ce jeune explique que ses parents sont toujours en vie et habitent à Jarf (Inezgane), mais n'ont pas les moyens de le nourrir et de financer ses études .
Avec son petit frère de dix ans, il a déserté la maison pour se débrouiller en usant au maximum du système «D». «On mendie, on supplie les âmes charitables, on aide à transporter des valises ou des marchandises, on fait tout pour gagner quelques dirhams, très utiles pour la bouffe et la colle».
Vêtements déchirés, yeux rougis par la drogue et l'air cacochyme, ces enfants passent la nuit à la belle étoile avec comme matelas et couvertures des cartons qui, en période de grand froid, deviennent une denrée rare qui peut engendrer des bagarres parfois féroces. A la guerre comme à la guerre.
Cet adolescent déjà marqué par la vie et la drogue, garde pourtant les pieds bien sur terre et déplore le comportement de certaines personnes qui le humilient et qui le fuient comme s'il est un pestiféré. «Certaines personnes pensent que nous sommes de simples animaux rôdant dans leur fief et dérangeant leur bien-être et leur petit confort. Nous sommes des ratés certes, mais nous avons aussi un peu de dignité et de fierté. Que ces gens nous laissent au moins ce minimum», lance-t-il avec fatalisme
«Quand je vois ces enfants, j'ai le cœur qui se déchire et ça me fait très mal. La vie les a condamnés à vivre ainsi, mais que peut-on faire pour leur venir en aide», s'interroge une femme à la quarantaine bien sonnée.
Partageant le même sentiment, un chauffeur de taxi précise que ces jeunes enfants, mendiant et sniffant de la colle, «constituent un véritable problème qui nécessite l'intervention de toute la société à commencer par les responsables et les associations». «Le plus grand effort, poursuit-il, doit-être fourni par le tissu associatif comme ce qui se passe en Europe ou ailleurs car il s'agit de simples victimes qui ont été soit abandonnées, soit maltraitées».
Selon une source policière, ces enfants de la rue constituent deux catégories : il y a ceux qui fréquentent la place des taxis le jour et rentrent le soir chez eux, généralement dans des bidonvilles et quartiers très précaires, et ceux qui n'ont aucun domicile fixe, qui passent la nuit dans les jardins et les places publics .
«Trois causes principales ont transformé cette place des taxis en un endroit préféré pour le vagabondage et la mendicité : l'existence à proximité de deux gares routières (taxis et autocars), d'une prison et d'un asile psychiatrique, deux lieux où les gens viennent en visite», souligne-t-il.


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