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Entretien avec Ahmed Boukous, recteur de l'IRCAM
Publié dans Albayane le 29 - 12 - 2019

«L'appel de la classe politique à reconnaitre Yennayer est une initiative légitime»
Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef
Yennayer, nouvel an amazigh, célébré chaque 13 janvier, est une date importante dans le calendrier des Amazighs d'ici et d'ailleurs vue sa dimension symbolique, culturelle et historique.Comme chaque année, le tissu associatif et les acteurs amazighs ne ratent pas cette occasion pour faire tout d'abord le bilan de la situation de l'amazigh dans les domaines de la vie publique, mais aussi de reconnaitre ce jour comme fête nationale. Dans cet entretien, le recteur de l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) dresse le bilan de l'amazigh au titre de l'année 2019, revient sur l'appel de la classe politique et des acteurs amazighs à la reconnaissance de Yennayer comme fête nationale.
Al Bayane : La classe politique nationale et les acteurs amazighs appellent à reconnaitre Yennayer comme fête nationale. Qu'en pensez-vous?
Ahmed Boukouss : Je pense que c'est une initiative tout à fait louable de la part de la classe politique nationale de considérer les festivités organisées annuellement par la société civile et par certaines institutions. Celà s'inscrit tout à fait dans l'esprit de l'article 5 qui officialise la langue amazighe aux côtés de l'arabe. Cet appel est tout à fait légitime.
Maintenant, il est temps de le faire puisque nous avons un cadre légal, notamment la loi organique N°26.16 qui explicite les domaines où l'amazighe doit être utilisé, de même que des échéances pour la mise en œuvre des actions énoncées dans la loi. Cette action constituera une concrétisation et un renforcement de ce qui est prévu par l'article 5 de la Constitution et la loi organique.
La reconnaissance de Yennayer comme fête nationale aura-t-elle des retombées bénéfiques sur la culture marocaine?
La célébration de la fête du nouvel an Amazigh serait également une preuve supplémentaire que notre pays s'inscrit parfaitement dans la logique des droits culturels et de la reconnaissance des droits linguistiques. C'est une occasion aussi pour l'ensemble de la population marocaine de fêter un événement qui a une signification symbolique qui n'échappe à personne. Yennayer c'est la célébration d'une dimension importante de l'identité nationale et du patrimoine commun au sein des différentes composantes culturelles de la population marocaine.
Au-delà de la célébration, quel bilan faites- vous de la situation de l'amazigh en 2019?
On peut dire que sur le plan des réalisations effectives, nous restons un peu dans la lignée de ce qui avait été comptabilisé en quelque sorte pour l'année 2018.
En d'autres termes?
C'est-à-dire, une situation qui n'est pas toujours très reluisante dans l'enseignement et les médias. Nous sommes encore loin de l'objectif de la généralisation de l'enseignement. Nous enregistrons même une dégradation de la situation : le nombre d'élèves qui apprend l'amazigh a baissé, de même que le nombre de départements et filières de l'amazigh au niveau de l'université. Sans oublier bien entendu le domaine des médias où les différentes chaines, en dehors de Tamazight tv8, ne respectent pas les dispositions du cahier des charges. C'est un peu la situation aujourd'hui.
Quid des avancés en matière des lois organiques relatives à l'Amazigh?
On aborde un autre tournant grâce à l'adoption de la loi organique n° 26.16. C'est une loi qui est prise au sérieux aujourd'hui par le gouvernement. Nous pensons que le gouvernement va organiser des consultations auprès des institutions en charge de la promotion de l'amazigh et des autres langues, mais aussi auprès de la société civile pour expliquer la politique du gouvernement en matière de mise en œuvre des dispositions de la loi en question.
De grands débats voire des polémiques et des surenchères politiques ont accompagné ces lois en question. Êtes-vous satisfaits de ce résultat?
La loi qui est aujourd'hui en discussion est celle relative au projet de la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine (CNLCM) dont le numéro est 16.04. Cette loi a été discutée au niveau de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication au niveau de la première chambre du parlement.
Elle a été soumise à l'appréciation des parlementaires de la seconde chambre (la chambre des conseillers). Cette dernière a émis quelques réserves et a fait quelques propositions d'amendements. Ces propositions apparemment n'ont été pas validées par la première chambre. Cette dernière a demandé de nouveau à la Chambre des conseillers de donner un avis définitif.
Donc, nous pouvons dire que nous sommes à la veille de la soumission du projet devant la chambre constitutionnelle, ce qui sera la dernière étape.
A l'issue de cette étape, le secrétariat général du gouvernement procédera à l'usage, c'est-à-dire publiera le texte de cette loi au journal officiel. A ce moment là, elle deviendra effective. Avec ces deux lois, à savoir la loi sur la mise en œuvre du caractère officiel de l'amazigh et la loi qui va créer le CNLCM, que nous attendons depuis longtemps, nous allons pouvoir une fois pour toutes relancer un peu la dynamique de la promotion de l'amazighe selon l'esprit de la constitution de 2011.


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