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Dossier : La médecine privée dans le coma
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 06 - 2004

Les lourds investissements combinés au faible pouvoir d'achat des Marocains sont les principaux problèmes qui minent la médecine privée qui représente 67 % du corps médical national. Le nouveau statut fiscal de 2005 ne semble pas arranger les choses. Fait-il encore bon d'investir dans ce secteur ?
Au Maroc, ce sont près de 14.000 médecins qui pratiquent aussi bien dans le privé que dans le public. 67 % des médecins marocains ont choisi d'ouvrir un cabinet privé. «Ce n'est pas tellement un choix puisqu'ils y sont obligés par l'Etat qui ne leur fournit pas de travail», estime un médecin généraliste. Mais au Maroc, se lancer dans le secteur libéral est une aventure périlleuse que plusieurs médecins, généralistes et spécialistes, abordent avec beaucoup de méfiance.
Lourds investissements, système fiscal très contesté qui les pénalise beaucoup, patients de plus en plus rares, sont leurs lots quotidiens. «Les temps ont beaucoup changé. Auparavant, le statut social d'un médecin, surtout privé, supposait un niveau de vie élevé et des rentrées d'argents substantielles. De nos jours, beaucoup de médecins du secteur libéral n'arrivent même pas à entrer dans leurs frais», explique, non sans amertume, Dr Saâd Benmansour, président de Syndicat régional des médecins du secteur libéral de la wilaya du Grand Casablanca. Mais le plus grand problème dont souffre l'activité médicale libérale au Maroc demeure la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages marocains.
Le premier constat que les professionnels font est simple : les Marocains consultent de moins en moins. «Très peu sont ceux qui peuvent supporter les frais d'une consultation chez un médecin privé, généraliste ou spécialiste, et ce qui s'en suit en médicaments ou autres analyses et radios », estime Dr Benmansour. Deuxième raison, un recours systématique à l'automédication, à travers l'achat de médicaments directement auprès des pharmaciens. «C'est une pratique très courante. Pour une antibiothérapie ou des traitements de céphalées, une grande majorité des Marocains court-circuitent les médecins et se dirigent vers les officines des pharmaciens», estime pour sa part Dr Rachid Choukri, président de la Fédération nationale des associations des médecins généralistes privés du Maroc. En effet, les généralistes, représentant près de la moitié des médecins du secteur public (près de 3000 en 2002), sont la catégorie la plus touchée. «Imaginez des médecins généralistes qui ne font que deux consultations par semaine, et ils existent. Il est donc légitime de se demander comment ces praticiens arrivent à rentrer dans leurs frais, notamment ceux d'un local ainsi que les charges d'une secrétaire ou d'une aide-soignante, et ce sans parler des besoins de sa propre famille», explique Dr Saâd Benmansour.
Nombreux sont donc ceux qui ferment leurs cabinets. «Impossible de recenser ces fermetures puisqu'aucune étude n'a été faite à ce sujet», explique le praticien qui n'a pu avancer qu'un seul chiffre, celui de 1.200 médecins, pharmaciens ou médecins dentistes, qui ont bénéficié du crédit jeune promoteur, et dont les dossiers sont actuellement en contentieux. Ils risquent purement et simplement la saisie de leurs cabinets. Autre motif de mécontentement, le nouveau statut fiscal des cabinets et officines, qui sera appliqué à partir de l'année 2005, et qui prévoit une comptabilité tenue mensuellement. Le syndicat des médecins du secteur libéral, a organisé jeudi soir une journée-débat à ce sujet «Les dispositions du nouveau statut obligent chaque médecin à recruter un comptable à plein temps. Ce qui est inconcevable pour un petit cabinet de médecine comme il y en a partout au Maroc. Ces dispositions sont également contradictoires avec la loi 14/94 qui organise la profession libérale dans le milieu médical. L'article 2 stipule clairement qu'un cabinet médical ne peut être taxé de cabinet à activité commercial», estime le président du syndicat. Et d'ajouter : «nous ne voulons nullement nous dérober de nos obligations envers le fisc. Nous voulons tout simplement attirer l'attention sur les contradictions qui minent le secteur».
La spécialité la plus touchée n'est autre que la radiologie. Les investissements y sont lourds. Un matériel de base, comprenant une table de radiologie et d'échographie coûterait dans les 2.500.000 de dirhams. Pour s'équiper d'un scanner, un cabinet de radiologie devrait débourser la somme de trois millions de dirhams alors qu'un IRM coûterait près de huit millions de DH. «Pour qu'un gynécologue ou un ORL s'installe, il ne lui faut pas plus de 500.000 DH comme investissement de départ. Ce n'est pas le cas pour un radiologue, qui, pour ouvrir un cabinet sommairement équipé, devrait investir au minimum trois millions DH», précise Dr Mohamed Bahajji, radiologue. Pour ce qui est des prestations, les tarifs onéreux des radios et autres scanners poussent le citoyen marocain à n'en avoir recours qu'à un état avancé de la maladie. « C'est un luxe que de faire un scanner dans notre pays qui coûte près de 1.200 DH. Ne parlons pas de l'IRM à 30.00 DH. Et comme les patients ne se bousculent pas au portillon, nous sommes obligés de faire entre 20% et 30% de remise pour chaque radio, ce qui ne nous rend pas très compétitifs», estime le radiologue.
Conséquence, de moins en moins de radiologues s'aventurent à ouvrir un cabinet tout seuls. Dr Bahhaji s'est, par exemple, installé avec deux confrères dans un cabinet à Meknès avec un investissement de l'ordre de 20 millions de DH et le leasing comme mode de financement. Ceux qui n'ont pas cette chance d'avoir un ou plusieurs associés sont, pour la plus part d'entre eux, obligé de quitter le Maroc. «C'est une tendance actuellement. Dans la région de Meknès-Fès, par exemple, près d'une dizaine de radiologues ont fermé leur cabinet ces deux dernières années et se sont installés en France, où les conditions matérielles sont meilleures. Donne alarmante si l'on sait que pas plus d'une centaine de radiologues se trouvent au Maroc entre les secteurs privé et public.


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