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Le diable est parmi nous
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 02 - 2003

Qui sont ces "adorateurs de Satan" que la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a interrogés avant de les traduire devant la justice ? Voyage au bout d'un phénomène pour le moins étrange…
C'est une histoire inhabituelle que la police de Casablanca a débusquée dimanche dernier. De mémoire de policier, on n'a jamais vu ça ! “ Mon Dieu, je ne savais pas que les adorateurs de Satan puissent exister dans ce bas monde, encore moins chez nous qui sommes musulmans“, lâche dans un grand soupir un policier à son collègue en fixant des yeux la brochette de suspects qui a été présentée, mercredi 19 février, devant le procureur du Roi près de tribunal de première instance de Casa-Anfa. D'emblée, les intéressés, au nombre de quatorze, attirent l'attention.
Par leur aspect vestimentaire. Un accoutrement débraillé de couleur noire. Certains ont le menton orné d'un bouc, d'autres portent autour du cou le crucifix ou la croix de David. D'autres encore une chaîne avec la tête d'un serpent… La police a saisi dans le domicile de certains d'entre eux des têtes de serpents, de chats et des cerveaux humains en latex… Serait-ce l'attirail du diable ? Les accusés, qui ont par ailleurs leur propre langage et s'appellent par des surnoms aussi bizarres que vampire, corbeau…, ne comprennent pas en quoi “écouter du hard rock en groupe“ est préjudiciable ou condamnable.
Issus de familles de la classe moyenne dont les parents sont des ingénieurs ou des directeurs de sociétés, ils sont tous jeunes, entre 20 et 22 ans et ont l'air inoffensif. La plupart d'entre eux gagne déjà sa vie dans des métiers liés à la communication et aux nouvelles technologies. Une jeunesse branchée, en quête de spiritualité et de repères, qui a mal tourné et basculé dans l'athéisme ?
Cette population à part, qui mène une double vie, fréquente la Fol (Fédération des œuvres laïques) à Casablanca et se donne rendez-vous “Chez l'Egyptien“, un café situé dans le quartier Racine dont le propriétaire a été également interpellé. Les enquêteurs soupçonnent fortement ces deux endroits d'être la plaque tournante des “pratiques sataniques“.
Ces dernières sont cultivées autour de la musique Hard Rock, un genre qui véhicule des choses macabres comme “Dieu est mort“, avec un rituel où tout est permis : alcool, orgies sexuelles, viols, sacrifice animal… S'agit-il d'un phénomène de mode ou d'une lame de fond ? Un enquêteur précise que ce fait en est encore à ses débuts au Maroc. “ Nous sommes en présence d'une culture satanique et non d'une secte“. Étant entendu que la constitution en secte signifie la radicalisation de ses membres. Ce qui pourrait déboucher sur des actes horribles comme le sacrifice humain. Cela donne froid dans le dos. Où ces jeunes Marocains sont-ils allés chercher ces croyances bizarroïdes ? Celles-ci existent, sous forme de sectes, depuis des décennies dans certains pays occidentaux tels que les États-Unis, le Québec, la France… Internet facilite le contact et sert de moyen de recrutement des “fous de Satan“ dans le monde entier.
Autre canal de transmission, les séjours linguistiques chez des familles à l'étranger. Certains éléments de la bande de Casablanca ont avoué avoir fait ce genre de voyage lorsqu'ils étaient lycéens. Est-ce à cette occasion qu'on leur a inculqué ces rites ? Une affaire similaire avait défrayé récemment la chronique en Égypte. Au Québec, la police a recueilli les témoignages d'ex-adeptes de cette secte. Voilà ce qu'une femme a déclaré au policier chargé de l'enquête :
« Je suis née dans une secte satanique. Dans une famille où tous les membres devaient adorer Satan, lui porter un amour inconditionnel, tout faire pour lui obéir. J'ai subi des sévices dès l'âge de trois ans et demi, j'ai été torturée, martyrisée, violée. J'ai vu des sacrifices d'animaux, mais aussi des sacrifices humains... ». « Il n'y a rien qu'ils puissent me faire qui soit pire que ce que j'ai vécu. Pire qu'être enfermée pendant une messe noire dans un cercueil et enterrée vivante durant de très longues minutes, pire qu'être violée par plusieurs hommes, pire qu'être suspendue par les pieds au-dessus d'un trou rempli de couleuvres noires, pire que de voir des gens torturés ou d'avoir à boire le sang et manger la chair des créatures sacrifiées“. La BNPJ, qui s'est saisie de l'histoire des fous de Satan de Casablanca, n'en revient toujours pas. Pour une affaire satanique, c'en est vraiment une.


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