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Abou Ghraïb : Rumsfeld au banc des accusés
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 04 - 2005

Quatre officiers de haut rang de l'armée américaine ont été blanchis par le Pentagone suite au scandale de la prison d'Abou Ghraïb, tandis qu'une ONG américaine pointe du doigt Donald Rumsfeld.
Le rapport d'enquête du Pentagone sur le scandale de la prison d'Abou Ghraïb en Irak, n'a retenu aucune sanction contre le général Ricardo Sanchez, ex-commandant en chef de l'armée américaine en Irak. Trois autres hauts responsables de l'armée américaine ont été également disculpés. Il s'agit de son adjoint, le général Walter Wojdakowski, le général Barbara Fast, ancien chef des Services de renseignement à Abou Ghraib et le colonel Marc Warren, chef du Service juridique.
L'investigation a été menée par l'inspecteur général des armées, le général Stanley Green. Dans son rapport, Stanley Green estime que les accusations contre le général Ricardo Sanchez et ses proches collaborateurs ne sont pas fondées. Cette enquête fait suite à des investigations internes ou indépendantes déclenchées depuis avril 2004, date où le scandale avait éclaté.
En même temps, une organisation américaine des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW), a réclamé la nomination d'un procureur indépendant pour enquêter sur les responsabilités éventuelles du secrétaire à la Défense américain, Donald Rumsfeld, et de l'ancien directeur de la CIA, George Tenet dans ces crimes.
Dans un texte intitulé "S'en tirer après la torture?", l'organisation dénonce le fait qu'il existe encore une totale impunité autour des auteurs des politiques responsables d'avoir créé un cadre permettant la torture. « Il est clair que les décisions et la politique menées par Rumsfeld et d'autres hauts responsables ont favorisé la banalisation des sévices contre les prisonniers, en violation notamment des conventions de Genève », affirme HRW. Dans son rapport, l'ONG montre que des hauts responsables savaient ou auraient dû savoir que ces violations avaient lien et n'ont pris aucune mesure pour les empêcher. Le rapport cite, aussi, le général Ricardo Sanchez et le général Geoffrey Miller, ancien responsable de la prison militaire de Guantanamo à Cuba.
L'ONG appelle à la nomination d'un procureur indépendant puisqu'elle estime que le ministre de la Justice, Alberto Gonzalez, était lui-même impliqué dans la définition des méthodes d'interrogation. Ce qui soulève un conflit d'intérêt. À l'époque, Gonzales était chef des Services juridiques de la Maison-Blanche. HRW souligne que toutes les enquêtes à l'exception d'une seule ont été conduites par des militaires.
La CIA aurait aussi mené une enquête interne, mais sans rendre publics ses résultats.
Le rapport révèle que Rumsfeld a approuvé des techniques d'interrogation dures à l'encontre des détenus de Guantanamo qui ont ensuite été retrouvées en Irak ou en Afghanistan. Parmi les méthodes, on peut citer l'usage de chiens pour les effrayer et la pratique de dénuder les prisonniers.
Concernant la CIA, le rapport estime que Tenet est potentiellement responsable de la politique qui a consisté à envoyer des prisonniers dans des pays connus pour pratiquer la torture.
Enfin, le rapport note qu'entre 100 et 150 détenus ont été rendus à des pays du Moyen-Orient, comme l'Egypte et la Syrie, et il existe des preuves claires que ces prisonniers ont, en réalité, été torturés.
Le scandale de la prison d'Abou Ghraïb a éclaté, il y a un an, lorsque la presse a publié des informations concernant des tortures sur des prisonniers. Des photos montraient des prisonniers nus obligés de se tenir dans des positions humiliantes ont ensuite fait le tour du monde.
Jusqu'à maintenant, cinq soldats ont été radiés de l'armée ou condamnés. En janvier, le soldat Charles Graner a été condamné en Cour martiale à 10 ans de prison.
Lors de son procès, il avait dit avoir agi sur les ordres des services de renseignements militaires américains.


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