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Tombé en disgrâce, inaudible, John Bolton s'érige en avocat de l'Algérie et du Polisario dans un discours désaccordé aux accents de guerre froide
Publié dans Barlamane le 28 - 06 - 2025

Dans un entretien lunatique, John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, se fait l'écho d'une rhétorique algérienne exacerbée, accablant sans nuance la politique marocaine au Sahara. Dans un contexte où aux Etats-Unis grandit la tendance à classer le Front Polisario parmi les organisations terroristes étrangères. Le soldat Bolton épuise ses dernières cartouches.
Dans une envolée aux accents approximatifs accordée au site Otralectura, l'ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton, s'est livré à une série de déclarations sur le conflit du Sahara, mêlant souvenirs personnels, jugements lapidaires et contradictions diplomatiques. Tout en se prétendant défenseur du droit à l'autodétermination, M. Bolton peine à dissimuler une certaine méconnaissance de l'histoire, un goût du simplisme et une posture désuète, héritée de la guerre froide.
Depuis qu'il a été forcé de quitter les cercles du pouvoir, M. Bolton s'est érigé en porte-voix officieux des intérêts algériens, multipliant les interventions en faveur du Front Polisario, dont il nie systématiquement toute radicalisation. Il omet néanmoins un fait central : l'Algérie n'a jamais autorisé le recensement des populations sahraouies installées à Tindouf, condition pourtant incontournable pour garantir la sincérité d'un éventuel scrutin.
«Un référendum ? Ce n'était pas si compliqué»
L'ancien responsable américain déchu, qui se targue d'avoir accompagné James Baker dans ses démarches pour tenter de débloquer le processus onusien, a prétendu que «le référendum aurait pu être organisé rapidement après 1991». Selon lui, «tout le monde était d'accord, la Minurso avait été créée, le cessez-le-feu décrété et les 80 000 votants identifiés sur le recensement espagnol». Or, la réalité était tout autre : les blocages ont persisté, les différends se sont creusés et les espoirs de consultation populaire se sont évanouis. Plus loin, il déplore : «À mes yeux, ce n'était pas une opération d'envergure. C'était faisable. Nous avions le recensement, nous avions la Minurso, nous avions l'accord du Maroc. Mais cela a échoué. Puis Clinton est arrivé et le silence s'est installé.»
Entre prophétie déçue et nostalgie bureaucratique
À la faveur d'un ton mêlant l'anecdote personnelle à l'exposé diplomatique, M. Bolton enchaîne les jugements hâtifs, les généralités bancales et les considérations datées. Il prétend ainsi que «la souveraineté ne vient pas du droit international mais du peuple», comme si l'un devait exclure l'autre. Ce syllogisme naïf lui permet de professer que «les Marocains redoutent le résultat du référendum et, sauf intervention extérieure, ils ne le permettront jamais.»
Mais cette posture de paladin solitaire du droit des peuples contraste singulièrement avec la vacuité de son action concrète : «Tout ce que j'ai jamais demandé, c'est un référendum. Ce n'est pas compliqué. Il devient plus difficile à organiser car les votants initiaux meurent, disparaissent. Il faut agir pendant qu'il est encore temps.» Dans un éclair de lucidité paradoxale, il ajoute : «Je crois que les Marocains préparent leur propre référendum, à leur manière, en espérant que les électeurs pencheront pour l'annexion. Ce sera une surprise magnifique, n'est-ce pas, si les résultats correspondent à leurs attentes.»
Le Polisario, victime d'une «propagande marocaine»
Interrogé sur les accusations relayées dans certains milieux politiques américains selon lesquelles le Front Polisario entretiendrait des liens avec l'Iran, le Hezbollah ou Al-Qaïda, M. Bolton ne doute de rien : «Il n'y a aucune preuve. J'ai été à Tindouf il y a trente ans. J'y suis retourné plusieurs fois. Je n'ai vu ni jihadistes, ni Iraniens, ni Marxistes. Rien.» Il s'emporte même : «Les ONG américaines travaillent dans les camps, elles offrent une assistance humanitaire, elles auraient su si quelque chose d'étrange s'y passait. Mais rien n'a filtré. C'est grotesque. C'est la panique du Maroc qui les pousse à inventer ces liens.»
Cette dénonciation d'un lobbyisme jugé envahissant, notamment au sein de certaines capitales européennes, se double d'une critique sévère à l'endroit du président Donald Trump qui l'a chassé quelques années auparavant : «Il n'aurait jamais dû reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en échange des accords d'Abraham. Les Marocains les auraient signés de toute façon, je le sais.»
Une carte du roi, des fantasmes d'empire
Souvenir surréaliste : M. Bolton évoque une entrevue au palais royal à Rabat, au cours de laquelle, dit-il, une carte était visible montrant un Maroc englobant non seulement le Sahara occidental, mais aussi «la moitié de l'Algérie et une partie de la Mauritanie». L'épisode, rapporté sans preuve et avec une désinvolture digne des salons de Georgetown, témoigne d'une vision déformée où la caricature prend le pas sur l'analyse. Il avance, sur un ton d'une naïveté déconcertante : «Ce que je veux, c'est que les gens du Sahara occidental puissent rentrer chez eux. Il n'y a qu'un obstacle : le gouvernement du Maroc.» Le propos se veut lucide, il n'est que schématique.
Une mémoire sélective, une rhétorique épuisée
M. Bolton, qui se flatte d'avoir connu Tindouf «il y a trente ans», se dit surpris que le conflit n'ait pas été résolu depuis. Il condamne l'apathie du Congrès américain, qu'il juge mal informé et allègue que des voix continuent de répéter que le Front Polisario serait un reliquat soviétique. «Ce n'est pas ce que j'ai vu. Ils sont les représentants légitimes des Sahraouis. Ce sont eux qui sont élus.» Sur la question du vote et du recensement, il se montre plus ambigu : «Le seul point de départ crédible est le recensement espagnol de 1974. Les Marocains expédient leurs citoyens dans le Sahara occidental depuis des décennies pour espérer fausser le résultat. C'est la stratégie de la Marche verte et de tout ce qui a suivi.»
John Bolton vit dans un autre monde
M. Bolton dénonce, comme ses parrains algériens et avec vigueur, les accords conclus entre le Maroc et l'Union européenne, notamment ceux touchant aux ressources halieutiques et aux phosphates exploités dans le Sahara. Il affirme sans ambages «que ces actes sont juridiquement invalides, car le Maroc n'a aucun droit à octroyer des concessions tant que le statut du territoire demeure non tranché.» Pourtant, il se garde de s'appesantir sur la complexité de cette question, se contentant d'une formule vague : «Je ne sais pas si c'est un crime, mais le Conseil de sécurité ferme les yeux sur ses propres résolutions.» Enfin, M. Bolton revient sur les tensions régionales, notamment la rivalité séculaire entre le Maroc et l'Algérie, qu'il qualifie de «conflit par procuration».
Dans cette suite d'assertions, où se mêlent vérités partielles, jugements hâtifs et provocations, John Bolton apparaît plus comme un avocat d'Alger que comme un observateur impartial. Que vaut la voix aujourd'hui de celui qui soutenait toutes les guerres meurtrières quand il était au pouvoir ? Rien du tout.


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