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Rachid Sebbari: « Le Maroc fera partie des 5 pays les plus touchés par la sécheresse dans le monde »
Publié dans Challenge le 21 - 10 - 2024

L'année 2023 a marqué un tournant climatique pour le Maroc, avec des records sans précédent de chaleur et de sécheresse. C'est ce qui ressort du rapport annuel sur l'Etat du Climat au Maroc pour l'année 2023, qui vient d'être publié par la Direction Générale de la Météorologie (DGM).
Dans cet entretien à la MAP, le chef du Centre National du Climat à la DGM, Sebbari Rachid, apporte un éclairage sur les principales tendances climatiques observées en 2023 au Maroc, les événements météorologiques marquants de l'année, ainsi que les projections pour les années à venir et les moyens pour faire face au défi climatique.
1. L'année 2023 a été marquée par des records de température et de sécheresse au Maroc. Comment expliquer ces phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ?
Oui, effectivement, l'année 2023 a été une année exceptionnelle d'un point de vue climatique. Non seulement au Maroc mais aussi au niveau mondial. C'est d'abord un constat que le rapport du climat publié par la DGM met en évidence.
Et je dois dire que ce que nous vivons aujourd'hui, c'est ce qui a été envisagé depuis une plusieurs années. C'est-à-dire les manifestations du réchauffement climatique, qui sont perceptibles par chacun d'entre nous. Ce sont ces événements extrêmes qui deviennent de plus en plus intenses et de plus en plus fréquents telles que les vagues de chaleur ou les sécheresses.
Mais globalement, ce qui est important pour les climatologues, c'est la température moyenne qui augmente de façon inéluctable à cause de l'augmentation des gaz à effet de serre et qui, à l'échelle mondiale, a frôlé, en 2023, les 1.5°C, au-dessus de la moyenne préindustrielle, qui est la limite symbolique de l'accord de Paris. A l'échelle nationale, elle est encore plus importante comme le montre les chiffres du rapport.
N'oublions pas que les projections climatiques prévoient une hausse des températures partout dans le monde et que la région méditerranéenne est un point chaud du changement climatique. Elle se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète et les épisodes de sécheresse devraient s'y intensifier et être de plus en plus fréquents. Le Maroc, d'ailleurs, a été identifié dans une récente publication scientifique comme l'un des cinq pays du monde qui seront les plus touchés par la sècheresse dans le futur à cause du changement climatique.
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2. Le rapport sur l'Etat du Climat fait état de plus d'une vingtaine de phénomènes météorologiques majeurs au Maroc en 2023. Pourriez-vous nous détailler les types d'événements les plus marquants ou récurrents ?
Tout au long de l'année 2023, des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes et dangereux ont été suivis et recensés. On a eu, comme vous l'avez souligné, une vingtaine de phénomènes météorologiques majeurs au Maroc.
Les vagues de chaleur ont été particulièrement extrêmes. Nous avons eu une vague de chaleur exceptionnellement précoce au printemps qui a touché aussi le sud de l'Europe et dont l'occurrence aurait été quasi impossible sans le changement climatique d'après une étude scientifique parue en 2023. Nous avons aussi connu une vague de chaleur au mois d'août, avec des températures particulièrement, notamment un nouveau record de chaleur au niveau national : une température maximale de 50,4 °C relevée à Agadir le 11 août 2023.
Le Maroc a vécu, aussi, sa cinquième année consécutive de sécheresse exacerbée par les vagues de chaleur de l'été. Et l'année 2023 a été l'année la plus sèche depuis au moins les années 60, avec un déficit pluviométrique qui frôle les 50 % ayant impacté particulièrement le secteur des ressources en eau du pays et taux de remplissage des barrages.
Avec le changement climatique et l'augmentation de la température au niveau global, nous nous attendions à des vagues de chaleur et des sècheresses de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses. Et c'est ce que nous sommes en train de constater et vivre déjà aujourd'hui.
3. Le rapport souligne l'urgence d'intensifier les efforts pour atténuer les effets du changement climatique et pour mieux s'adapter à ses impacts inévitables. Quelles actions concrètes la DGM recommande-t-elle à ce sujet ?
Il faut, tout d'abord, veiller à respecter les engagements pris par les pays dans le cadre de l'accord de Paris. En particulier réduire les émissions des GES de 50% à l'horizon 2030 par rapport à celle de 2019 et atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 pour maintenir le réchauffement à 1.5 voire 2°C d'ici la fin du siècle.
Il faut aussi accélérer l'implémentation des stratégies d'adaptation aux changements climatiques pour renforcer la résilience de la société en général à ce phénomène.
Et enfin, il faut continuer à suivre le changement climatique et ses impacts pour sensibiliser tous les acteurs et mettre en place un système d'alerte précoce aux événements météorologiques extrêmes efficace pour garantir la sécurité des populations.
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4. Considérant que 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc et dans le monde, quelles sont vos projections pour les années à venir et comment le Maroc peut-il se préparer à cette nouvelle réalité climatique ?
Selon les dernières données et prévisions fournies par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), C'est une quasi-certitude que la période 2023-2027 sera la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Sous l'effet combiné des GAS induits par les activités humaines et du phénomène météorologique El Niño.
Il y a une probabilité supérieure à 60 % que la température moyenne annuelle à la surface du globe dépasse de 1.5 °C les niveaux préindustriels pendant au moins l'une de ces cinq années. Au niveau du Maroc, nous avons enregistré un record de température moyenne en 2022 qui a été battu en 2023, il n'est pas exclu de battre de nouveaux records pendant les prochaines années à venir.
Le Maroc doit s'adapter à cette réalité climatique. Comme je l'ai déjà souligné, d'une part en renforçant la résilience de la société face aux différentes manifestations du changement climatique en particulier les sécheresses et les vagues de chaleurs, et d'autres part, en renforçant les systèmes d'alertes précoces aux phénomènes extrêmes dont l'intensité et la fréquence augmenteront avec le changement climatique.
5. Comment la DGM prévoit-elle d'améliorer ses services climatiques pour mieux soutenir la prise de décision dans les secteurs vulnérables aux changements climatiques, notamment l'agriculture ?
La DGM a défini sa vision à l'horizon 2035 et a élaboré son Plan Stratégique 2024-2027, qui visent à la positionner en tant qu'acteur clé dans le domaine de la météorologie et du climat, et pour répondre aux enjeux émergents en particulier celui du défi du changement climatique et la recrudescence des phénomènes extrêmes.
La DGM prévoit ainsi le renforcement des capacités d'observation et de prévision. Elle a un programme ambitieux pour renforcer son réseau d'observation en surface et en altitude et atteindre les objectifs du ministère, à savoir avoir au moins une station d'observation automatique par commune à l'horizon 2030.
La DGM vise aussi une participation efficace comme acteur incontournable à l'initiative «alerte précoce pour tous» : en améliorant les avertissements pour les événements météorologiques et climatiques extrêmes telles que les vagues de chaleur ou les fortes précipitations.
Il est également question de la fourniture d'information climatique meilleure et précise, telles que les projections climatiques à l'échelle locale, permettant aux acteurs nationaux l'élaboration de plans d'adaptation pour les secteurs vulnérables, notamment dans les régions où les changements climatiques auront les impacts les plus importants.
A titre d'exemple, et pour le secteur de l'agriculture, la DGM a amélioré récemment les outils de suivi de la campagne agricole grâce au système CGMS-Maroc et prévoit d'intégrer les prévisions saisonnière et intrasaisonnière dans ce système pour améliorer les avertissements climatiques impactant la campagne agricole.
Enfin, la DGM suit de près les progrès scientifiques dans le domaine du climat à travers sa participation aux activités des institutions internationales telle que l'OMM et le Groupe Intergouvernemental sur l'évolution du climat.


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