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Union pour la Méditerranée : L’espoir est-il permis ?
Publié dans Finances news le 24 - 07 - 2008

* 10 jours après la Déclaration du Sommet de Paris annonçant le lancement de l’Union pour la Méditerranée, des interrogations subsistent encore quant à la faisabilité de ce projet.
* Une table-ronde organisée par l’Institut Amadeus a rassemblé d’éminents intervenants pour faire un premier bilan.
* Financements, partenariats économiques, émigration clandestine, vision commune de la rive Sud et autres points ont été débattus.
Voilà dix jours que s’est tenu le sommet du 13 juillet à Paris annonçant la naissance de l’Union pour la Méditerranée sous la houlette du Président français Nicolas Sarkozy. Le bilan de ce sommet a fait l’objet d’une importante table ronde organisée
par l’Institut Amadeus à Rabat, sous le thème «Union pour la Méditerranée : Espoir(s) ou déception(s) ?».
Premier constat : bien que la plupart des intervenants semblent optimistes quant à la création de cette Union, ils sont unanimes sur le fait qu’il y a encore d’importants efforts à faire et un grand travail de réflexion à mener d’ici novembre 2008. Date à laquelle, les statuts définitifs de l’UPM seront débattus et adoptés par la suite.
Lors de cette table ronde, Latifa Akherbach, Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a rappelé que cette union n’a pas été créée ex nihilo, mais s’appuie sur le Processus de Barcelone. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elle n’aura pas de défis à relever. Bien au contraire. Ainsi, les chances de réussite et d’aboutissement de cette union s’appuient sur la capacité des différentes parties de faire en sorte que la complexité de la région devienne une richesse et une source d’inter/fécondation. Pour cela, il faut investir le champ culturel et l’humain par-dessus tout. Mieux encore, l’union ne remplace pas le processus, mais y apporte une valeur ajoutée.
Justement, la crainte qui fut exprimée est que le Processus de Barcelone lui-même n’a pas réalisé tous ses objectifs surtout du côté Sud de la Méditerranée. «Le phénomène de l’émigration clandestine résume un peu cette situation. C’est pourquoi je pense que la coopération dans le cadre de l’union doit se forger sur une nouvelle philosophie.
Notamment sur la base d’un rapprochement économique des deux rives», soutient Kadri Fathi, l’Ambassadeur d’Egypte au Maroc. L’Egypte qui assure la co-présidence de l’Union avec la France. Ainsi, il faudrait que la coopération repose sur des projets et objectifs réalisables dans une durée déterminée. «De même qu’il faut ramener la paix au Moyen-Orient pour préparer le terrain pour une coopération pérenne», conclut Kadri Fathi.
Plus optimiste, Jean-François Thibaut, l’Ambassadeur de France au Maroc, se range sans ambiguïté du côté du clan de l’espoir et pour cause : le Sommet de Paris a réussi à réunir quelque 43 pays. «C’est un premier succès. Le deuxième élément est qu’on a vu certaines choses se produire, notamment sur les relations trans-méditerranéennes. Ainsi, des avancées ont été constatées dans le rétablissement des relations libano-syriennes. Et c’est en soi un élément non négligeable», souligne Jean-François Thibaut.
Mais il est du même avis que les autres intervenants dans ce sens qu’il y a des efforts importants à fournir. N’empêche que pour le Maroc, les thèmes de coopération identifiés sont extrêmement pertinents. Notamment, les micro, petite et moyenne entreprises, les énergies renouvelables avec le Plan Solaire Méditerranéen, l’environnement, la Protection civile ou encore la formation supérieure.
L’Ambassadeur de France au Maroc a tenu à rappeler que quelque 30.000 étudiants marocains poursuivent leurs études en France, pour illustrer que cette coopération a commencé à l’évidence entre le Maroc et la France.
«L’un des avantages de l’initiative est qu’elle fera appel à des financements mixtes public-privé avec aussi l’appui d’institutions internationales», ajoute M. Thibaut.
Dans la Déclaration du Sommet de Paris, il est clairement fait référence au financement des projets sélectionnés dans le cadre de l’UPM qui se fera au cas par cas.
Cela dit, depuis le 13 juillet date à laquelle l’Union a été annoncée, rien n’a été fait à ce jour. Ainsi, l’Union mobilisera des moyens de financement supplémentaires pour la région, essentiellement par l’intermédiaire de projets régionaux et sous-régionaux. Ce financement proviendra essentiellement de la participation du secteur privé, des contributions du Budget de l’UE et de tous les autres partenaires.
Les pays de la rive Sud doivent
mettre la main à la poche
Or, l’UE est dans l’incapacité de produire des financements supplémentaires ! «Je m’en félicite, parce que nous autres pays de la rive Sud devrons mettre la main à la poche. Chose qui va signer la fin du pacte colonial et consacrer la logique de la construction paritaire !», défend Hassan Abouyoub, Ambassadeur itinérant de Sa Majesté le Roi.
Pour lui, il est encore prématuré d’établir le bilan d’étape, puisque rien n’a encore été réalisé depuis que «les lampions de la fête se sont éteints».
Il n’en demeure pas moins qu’il a poussé un ouf de soulagement après l’annonce de la création de l’UPM. «Ceux qui ont vécu Barcelone savaient que la sagesse allait finir par prévaloir et elle a prévalu. La Déclaration de Paris du 13 juillet a gardé l’intégralité du Processus de Barcelone… ses points de force comme ses points de faiblesse. Or, on a besoin d’inventer de nouveaux instruments pour que cette Union ait un sens. Au jour d’aujourd’hui, son objet n’est pas entièrement identifié», soutient Abouyoub.
Il revient également sur le choix du terme «Union». «C’est un label à forte charge émotionnelle. Cela dit, dans le cas de l’UPM, l’Union n’est pas un avant groupement d’Etats !», poursuit-il.
Autre point soulevé par l’Ambassadeur itinérant, le travail «pharaonique» dont doit s’acquitter l’Egypte pour construire la voie du Sud. Puisqu’en novembre 2008, le pays doit présenter les propositions de la rive Sud avant la formulation des statuts définitifs de l’Union.
Une tâche loin d’être aisée ! «En effet, pour parvenir à formuler ses propositions, le Sud doit fonctionner comme l’UE, en intégrant avec lui les pays adriatiques laissés un peu à l’écart. De même que la rive Sud doit innover en matière de financement. Alors, si on arrive à formuler une vision commune, dans ce cas on changera !», souligne Abouyoub.
Autant dire qu’avec tous les problèmes de la région, construire une vision commune relève du miracle. Si l’on ne prend que le cas du Maroc et de l’Algérie, cela donne un petit aperçu de la difficulté de la tâche.
De même l’implication de l’opinion publique des pays de la rive Sud. En effet, cette Union a été accueillie négativement. Dans la presse, on parlait de coquille vide. D’autres vont même jusqu’à dire que c’est un dérivé ou une miniature de projet du Grand Moyen-Orient de G.W. Bush, à cause notamment des affinités du Président français avec son homologue américain.
Convaincre le public est d’autant plus difficile à un moment où l’Europe tient le même discours sur des points comme le refoulement politique des émigrés. Comme ce fut le cas pour le Cycle de Doha. «Si ce même discours prévaut, on aura du mal à expliquer l’Union aux opinions publiques de la rive Sud», conclut Abouyoub qui réaffirme aussi se ranger du côté de l’espoir, en dépit de tout.
Des remarques et des inquiétudes soulevées de part et d’autre sur lesquelles l’opinion publique n’aura suite qu’en novembre 2008. Date à laquelle les modalités en matière de projets seront déterminées lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères.


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