Alors que l'actuelle législature touche à sa fin en 2026, l'avenir du projet de loi modifiant le Code de la famille continue de susciter de vifs débats au Parlement et dans la société marocaine. Majorité et opposition s'opposent sur le calendrier de ce texte sensible, dont les implications sociales et juridiques sont majeures. Au sein de la majorité, le parti de l'Istiqlal adopte une posture prudente. Son groupe parlementaire estime que la réforme de la Moudawana ne doit pas être précipitée et qu'elle mérite le temps nécessaire pour aboutir à un large consensus national. À l'inverse, dans l'opposition, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) n'exclut pas un report du dossier à la prochaine législature, notamment en raison du temps déjà écoulé depuis la mise en place de la commission chargée de rédiger le projet. Après l'avis rendu par le Conseil supérieur des oulémas sur les propositions de réforme, le gouvernement avait annoncé, à la mi-janvier dernier, la création d'une commission de rédaction réunissant les ministères concernés ainsi que le Secrétariat général du gouvernement, compte tenu du caractère spécifique et sensible de ce texte. Pour Allal El Omraoui, président du groupe de l'Istiqlal à la Chambre des représentants, la réforme du Code de la famille doit être abordée avec responsabilité, l'institution familiale constituant, selon lui, un pilier fondamental de la société marocaine. Dans une déclaration à la presse, il a rappelé que ce chantier est suivi directement par le Roi, en tant qu'Amir Al-Mouminine, et que toutes les étapes franchies jusqu'à présent, y compris les consultations et l'avis du Conseil supérieur des oulémas, ont été menées avec sérieux. À ses yeux, ce projet doit être tenu à l'écart des calculs politiques et des clivages majorité-opposition. Le responsable istiqlalien estime ainsi que le futur texte doit prendre le temps nécessaire pour aboutir à une vision équilibrée, capable de répondre aux attentes des Marocains tout en préservant les fondements sociaux et religieux du pays. Il souligne que son groupe souhaite un consensus le plus large possible avant toute présentation au Parlement, laissant ensuite aux députés la possibilité de débattre des points qui ne relèvent pas de règles religieuses immuables. De son côté, Rachid Hamouni, chef du groupe du PPS à la Chambre des représentants, se montre sceptique quant à l'adoption de la réforme sous l'actuel gouvernement. Selon lui, il est peu probable que le projet de loi soit voté avant la fin de la législature. Il estime que ce chantier, rouvert périodiquement depuis près de deux décennies, pourrait être tranché par le prochain exécutif. D'après lui, les consultations ont déjà été largement menées, et les grandes orientations sont connues, notamment après la position du Conseil supérieur des oulémas. Pour le dirigeant du PPS, le retard ne s'explique pas par des difficultés de rédaction, d'autant que le texte pourrait, selon lui, être examiné en un laps de temps relativement court par les deux Chambres du Parlement. Il soupçonne plutôt une volonté politique de laisser ce dossier sensible à la future équipe gouvernementale.