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La sébile et le hasard
Publié dans La Gazette du Maroc le 19 - 12 - 2005

e n'est pas une surprise. La mendicité existe toujours et se développe. On dit que des mendiants professionnels, femmes et hommes, préfèrent tendre la main que de toucher le smig. Aucune statistique n'ayant été établie à ce sujet on ne sait si les ressources procurées grâce à la compassion sont si substantielles.
Il est absolument exclu de faire un rapprochement entre les personnes qui font appel à la compassion publique et les nombreuses organisations qui usent du même procédé. Ce serait de la diffamation. Si ces organisations reçoivent des dons, c'est pour des recherches médicales ou pour venir en aide aux personnes qui souffrent. D'une certaine manière on peut penser qu'elles font doublon, ce qui serait inexact tant la tâche est immense. Il s'agit de nourrir une famille ou d'aider des familles. On rendra hommage aux mendiants qui ne font qu'attendre au coin de la rue, alors que certaines ONG tendent la sébile par l'intermédiaire du mobile. Cela agace parce qu'on a l'impression d'être traqué chez soi. Un cerbère invisible vous accuse de ne pas avoir d'alibi alors que vous avez un mobile. A quand la solidarité en ligne ?
Si on envisage les choses superficiellement on pourrait considérer qu'il y a suffisamment d'organisations caritatives alors qu'il n'y en a pas assez. Exemple. L'Etat va bientôt réduire progressivement l'intervention de la Caisse de compensation qui soutient le prix des denrées de base.
Pour ceux qui l'ignorent il s'agit de la farine, l'huile, le sucre, etc… Voilà un nouveau créneau. Une nouvelle organisation pourrait voir le jour afin d'aider les petits salaires à acquérir ces produits nécessaires. Pourquoi pas un jour le bélier du sacrifice ? Il n'y aura pas un seul cœur de pierre qui refusera de donner son obole. Même les mendiants sacrifieraient une part de leurs recettes.
Notre pays est entré de plain-pied dans la modernité. Rares sont les organismes qui ne disposent pas d'un nombre impressionnant d'ordinateurs. Des caméras vidéo sont fixées au plafond pour veiller sur ce précieux matériel. C'est notamment grâce à ce matériel que les organisations caritatives peuvent ordonner leurs actions. De ce fait, elles soulagent les gouvernants des tâches subalternes pour préparer les privatisations, entre autres. Le secteur à privatiser se réduisant par la force des choses, les gouvernements seront peut-être contraints un jour de nationaliser les organisations caritatives les plus prospères pour les revendre plus tard. Si cela arrivait, ce serait une première mondiale, car les mendiants accèderaient à l'actionnariat gratuitement. Cela fendrait le cœur de voir un démuni vendre son toit en tôle pour acquérir des titres. Pour le coup, on donnerait à l'ennemi une occasion en or de nous pointer du doigt.
Il est encore évident que les ONG effectuent un travail remarquable et nécessaire. Crédible aussi. Il y a malgré tout un point sur lequel les ONG devraient faire un effort. C'est la communication. Les donateurs peuvent avoir l'impression d'être abandonnés dès le don effectué. Un donateur informé est un donateur fidélisé. C'est ce que recommandent les spécialistes en marketing. D'autre part, on imagine que les ressources des ONG ne sont pas à la mesure de leurs ambitions. Aussi bien, il serait rentable pour elles de communiquer leurs dépenses. Pas dans le détail, ce serait fastidieux pour tout le monde. Mais seulement le total de la recette annuelle et les salaires perçus par le personnel ainsi que les frais généraux. On est persuadé que les télévisions et les journaux publieraient gracieusement ces chiffres. En France, c'est la Cour des comptes qui s'occupe de ces choses-là. Chez nous, ce serait indélicat et discourtois.
C'est sans doute un problème de société. Les organisations caritatives viennent en aide aux démunis ou font de la recherche dans des domaines précis à l'intention de toute la population et pour décharger les gouvernants. Ce ne sont pas tous les démunis qui se livrent à la mendicité. Il faut tout de même mettre au crédit des gouvernants d'avoir autorisé et encouragé de nombreux jeux de hasards. Pour peu qu'on dispose d'un téléviseur, on apprend qu'en consommant un certain nombre de produits, on peut gagner un appartement meublé, une voiture, un téléviseur –pour les enfants- et bien d'autres choses encore. Il ne reste plus au téléspectateur qu'à trouver un emploi de standing. Ceux qui ne sont pas intéressés par des biens ont la possibilité de gagner de l'argent. Chez les buralistes, on trouve plus de clients pour les jeux que pour les journaux. On vient pour s'enquérir des résultats de la veille et miser de nouveau. Ne parlons pas du rituel que sont devenues les courses de chevaux. Il y a des locaux spécialisés où s'évanouit l'argent du ménage. On n'a pas encore vu de mendiants dépenser leur recette au jeu. Plus raisonnables, ils se rendent à la banque pour changer leurs pièces en billets. C'est toute une culture qui s'est mise en place.
Pourtant une idée simple n'est pas venue à l'esprit des concepteurs de jeux. Au lieu de rester en marge de la société en excitant l'envie de consommer des joueurs, ils pourraient faire œuvre utile tout en gagnant de l'argent. En grattant un carton vendu à un prix raisonnable, l'heureux élu gagnerait un emploi. Et les ONG un nouveau donateur.


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