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SIEL 2024 : Hommage à Abdelkader Retnani, l'homme qui a révolutionné l'édition marocaine
Publié dans Hespress le 15 - 05 - 2024

Convaincre une banquière très absorbée par le monde de la finance de découvrir sa facette cachée de poète, seul Abdelkader Retnani pouvait le faire. Six mois après sa mort, la sphère littéraire est toujours endeuillée d'avoir perdu un éditeur marocain de grand calibre. La 29e édition du salon international de l'Edition et du Livre (SIEL) rend hommage à Abdelkader Retnani, ce grand homme de culture dont le legs continue d'illuminer l'industrie éditoriale marocaine. Son parcours, qui ressemble à une épopée littéraire, est une source d'inspiration pour tous les éditeurs marocains.
Dans ce métier ingrat où seuls les plus forts peuvent laisser leur empreinte, tout le monde est tellement ébloui par l'écrivain qu'il oublie souvent de s'intéresser à l'éditeur ou à la maison d'édition, cependant, cet artiste des mots a pu transformer des écrits en une œuvre littéraire. Décédé le 14 novembre 2023 à Casablanca, Abdelkader Retnani, ce pilier du monde littéraire a su mêler art et sport, subtilité et finesse, professionnalisme et amabilité.
Il a dirigé "La Croisée des Chemins" avec une passion indomptable pour la diversité culturelle. Ses choix éditoriaux ont ouvert de nouveaux horizons et ont donné une voix à des auteurs talentueux.
©Mounir Mehimdate
L'héritage de Abdelkader Retnani persiste à travers les institutions qu'il a présidées. À la tête de l'Union professionnelle des éditeurs du Maroc (UPEM) et de la Fédération des Industries Culturelles et Créatives (FICC), il a laissé son empreinte en favorisant la collaboration, en défendant les intérêts de la profession, et en promouvant une industrie culturelle florissante. Cet hommage posthume est une occasion de célébrer la vie et les accomplissements d'un homme qui a consacré sa vie à la promotion de la culture et de la littérature au Maroc.
Avant d'être le patron du livre marocain, Abdelkader Retnani était un père exemplaire. Son fils, Yassine Retnani, prend la relève et promet de garder son héritage toujours vivant.
Père à son tour, il comprend aujourd'hui encore mieux les instructions de son père, entouré de ses deux petits enfants, il déclare les larmes aux yeux qu'Abdelkader Retnani "était un très grand monsieur, un citoyen marocain et pour moi, un citoyen exemplaire. C'était un citoyen exemplaire qui a très vite compris l'importance du livre et l'importance de la culture. qui a grâce à sa femme aussi, Amina Alaoui Hachimi, qui a été libraire, qui a très vite compris l'importance d'une maison d'édition francophone à l'époque et que nos auteurs fantasmaient sur le fait de pouvoir publier des livres à Paris. Abdelkader Retnani, en tant que précurseur, a ouvert à l'époque cet impératif et c'est ainsi qu'il est devenu un des premiers éditeurs marocains à publier en français".
©Mounir Mehimdate
"Après 43 ans d'existence, après avoir grandi dans ce milieu entre la librairie d'Amina, Le Carrefour des livres, entre la croisée des chemins, je suis fier d'être le fils du patron du livre marocain", ajoute fièrement Yassine Retnani.
Pris par l'émotion du moment, il se rappelle : " Si je voulais de l'argent de poche pour aller au cinéma, il fallait que j'aille placer les rayons du carrefour des livres. Et en fait, grandir auprès des livres m'a beaucoup influencé, 42 ans après et que je suis papa aussi, je me dis c'est comme s'il n'y avait pas de hasard. Tout ça, c'est comme si tout ça avait été orchestré".
Par ailleurs, grandir entre deux librairies majestueuses est un privilège que Yassine Retnani a eu. « la culture est un investissement nécessaire si on veut aller plus vite, si on veut aller plus. Il avait cette conviction profonde que nous allions faire des choses formidables. Nous avons fait des choses formidables et nous continuons à en faire. Et je suis encore plus motivé pour prendre la relève après mon père« , dira-t-il en ce sens.
De son côté, Layla Chaouni, éditrice marocaine, a fait découvrir au public un aspect moins connu du défunt. " Je suis très émue d'être là aujourd'hui et de parler d'Abdelkader Retnani. C'est le premier SIEL que nous allons passer sans lui. Et vous ne pouvez pas savoir ce que c'est dur pour moi, de ne pas pouvoir passer auprès de son stand et s'arrêter pour un café. Je sais que beaucoup d'entre vous le connaissent, mais il y en a beaucoup qui ne le connaissaient pas et qui ne connaissent pas tout son parcours professionnel. C'est pour ça que je me suis dit que ce serait bien pour tous les jeunes qui sont là avec nous aujourd'hui de faire un bref aperçu de ce qu'il a été, de ce qu'il nous a apporté et de sa générosité".
S'étalant sur son parcours académique, la féministe marocaine précise qu'Abdelkader « Retnani a laissé une empreinte indélébile dans la littérature marocaine grâce à sa vision audacieuse et à son engagement sans faille envers la promotion de la culture marocaine. Son parcours atypique et jalonné d'expérience dans la diffusion et la distribution de nos livres a finalement connu un rappel, c'est comme ça que nous l'appelons et que nous continuerons à l'appeler affectueusement vers le monde de l'édition ».
« Il a transformé le néant à une maison d'édition florissante marquant ainsi le début d'une nouvelle ère dans sa carrière. Cette transition a été accompagnée de défis, mais aussi de succès, posant les bases de son engagement envers la création et la diffusion de contenus culturellement pertinents. À travers "la croisée des chemins", il a incarné une vision éditoriale audacieuse, mettant l'accent sur des sujets d'importance sociétale au Maroc« , ajoute-t-elle.
©Mounir Mehimdate
Très émue par la perte d'un collègue, ami et cher éditeur, elle réitère que « son rôle en tant que promoteur de la culture marocaine à l'échelle internationale a renforcé son engagement envers la diversité et l'inclusion dans l'industrie du monde. Malgré les défis rencontrés, tels que le piratage et la transition vers le numérique, il a su saisir les opportunités de croissance soutenues par des initiatives gouvernementales et de professionnalisation. Son héritage s'étend au-delà des frontières marocaines avec la création de la collection dédiée à la littérature africaine ».
Cette initiative témoigne de son engagement envers le dialogue culturel et la promotion des voix africaines dans le paysage littéral mondial. Cependant, Abdelkader n'a pas hésité à dénoncer les lacunes et les échecs de l'industrie du livre, notamment lors de la participation du Maroc au Salon du Livre de Paris en 2017.
« Son regard critique sur cet événement a révélé les dysfonctionnements et les inégalités qui ont entravé le développement de l'édition marocaine sur la scène internationale. Malgré ces efforts pour attirer l'attention sur ces problèmes, la situation n'a pas connu d'amélioration significative, comme en témoigne notre absence regrettable du pavillon marocain au Festival du Livre de Paris en 2023. Sa vision, son courage et son dévouement resteront des sources d'inspiration pour les générations futures d'éditeurs, d'écrivains au Maroc et au-delà« , conclut Layla Chaouni.


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