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Lakome : censure et silence des autorités
Publié dans Lakome le 15 - 10 - 2013

En bloquant les sites lakome.com et fr.lakome.com le 17 octobre 2013, les autorités marocaines ont elles-même apporté la preuve technique de l'utilisation du système DPI au Maroc pour surveiller l'ensemble du web marocain, à l'instar du système vendu par la société française Amesys à la Libye de Khadafi.
L'équipe d'experts en sécurité informatique de la société DefensiveLab, qui héberge Lakome.com, a analysé le blocage des sites lakome.com et fr.lakome.com, en place au Maroc depuis le 17 octobre 2013.
Les résultats de l'analyse, effectuée à partir d'ordinateurs reliés à des accès Internet de Maroc Telecom, montrent que Lakome fait l'objet d'un double blocage. Le premier permet de bloquer tout le trafic depuis le Maroc vers les deux Ips de Lakome. Le deuxième système renforce le blocage en interdisant toutes les requêtes «lakome.com» et des sous-domaines comme «fr.lakome.com» effectuées par toutes les adresses IP logées au Maroc.
Les connexions aux deux sites Lakome à partir des clés internet 3G d'Inwi sont elles aussi bloquées. Des témoignages d'internautes marocains montrent en revanche qu'une connexion est possible avec une clé 3G Meditel et sur certains téléphones portables.
La censure de Lakome
Les autorités marocaines n'ont pas communiqué jusqu'à présent sur ce blocage, qui ne semble s'appuyer sur aucune base juridique légale. Aboubakr Jamai, directeur de Lakome version francophone, a contacté jeudi matin le nouvel avocat d'Ali Anouzla, maitre Semlali, pour avoir une explication.
Maitre Semlali a dans un premier temps nié toute implication dans ce blocage. Mais dans un deuxième échange téléphonique quelques minutes plus tard, il a reconnu avoir contacté le procureur et l'ANRT pour demander de bloquer les sites. Maitre Semlali affirme que le procureur s'est basé sur le communiqué que l'avocat a lui-même transmis à la presse le 14 octobre, dans lequel Ali Anouzla annonce vouloir fermer provisoirement «Lakome» tant qu'il est incarcéré.
Interrogé pour savoir si Ali Anouzla lui a explicitement demandé le blocage des deux sites, maitre Semlali n'a pas répondu.
Les autres avocats d'Ali Anouzla, écartés de fait par maitre Semlali depuis le 14 octobre, doivent finalement rencontrer Ali Anouzla lundi à la prison de Salé pour avoir plus d'explications.
Quelques faits établis
Si Aboubakr Jamai et la rédaction de Lakome, dont le seul objectif est de faire libérer Ali Anouzla, n'ont pas encore en main toutes les informations nécessaires, plusieurs observations s'imposent :
- Les sites lakome.com et fr.lakome.com ne sont pas fermés. Leur hébergeur n'a pas été contacté, ni par maitre Semlali, ni par Ali Anouzla lui-même, ni par les autorités marocaines.
- Aucune notification officielle n'a été envoyée ni à l'hébergeur ni au propriétaire du nom de domaine lakome.com (qui n'est pas Ali Anouzla).
- Les sites lakome.com et fr.lakome.com sont toujours accessibles dans le monde entier : ils sont seulement bloqués au Maroc depuis le 17 octobre.
-Le nouveau site fr.lakome.info créé le jour du blocage pour contourner cette censure manifeste, a été bloqué au Maroc dès le lendemain, le vendredi 18 octobre.
- Le gouvernement marocain, l'ANRT et les fournisseurs marocains d'accès n'ont pas communiqué sur ces blocages depuis le 17 octobre.
- Le deuxième système de blocage utilisé pour censurer lakome.com révèle l'utilisation au Maroc d'une technologie duale, le DPI (Deep Packet Inspection), qui permet de «capturer» l'ensemble du trafic internet marocain et d'interférer dans les requêtes des internautes.
«Il s'agit d'un type de blocage de type DPI (Deep Packet Inspection), en gros tout le trafic HTTP marocain (au moins http) est lu par les fournisseurs d'accès, et non seulement lu, mais dans le cas de lakome.com, un système interfère dans les requêtes et renvoie au client (utilisateur) une réponse de déconnexion comme si elle venait du site internet.», explique l'équipe de DefensiveLab.
Le DPI, Amesys et Khadafi
Ce système de surveillance du web, développé par une poignée de sociétés privées occidentales, a défrayé la chronique à l'occasion du printemps arabe en 2011 quand plusieurs médias (notamment Reflets.info, Wall Street Journal, Mediapart) ont révélé que ces systèmes étaient vendus à des régimes autoritaires comme la Syrie ou la Libye de Khadafi alors qu'ils permettent de placer la population entière sous écoute et donc d'espionner plus facilement les opposants.
Reflets.info et le Canard Enchaîné ont également révélé que la société française Amesys, la filiale de Bull qui a vendu le logiciel Eagle à la Libye, était sur le point de vendre le même système au Maroc, sous le nom de code «projet Popcorn». Toutefois, aucune preuve de son utilisation effective par les autorités marocaines n'avait encore pu être démontrée.
Le blocage des sites de Lakome montre désormais qu'un tel système est bien utilisé au Maroc selon l'équipe de DefensiveLab, même si aujourd'hui rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit du système Eagle d'Amesys :
«Tout l'internet marocain est surveillé, analysé et lu. Le blocage de lakome en est maintenant la preuve formelle. »


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