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Une femme pour mon fils de Ali Ghalem
Publié dans Le Soir Echos le 20 - 12 - 2010

Cinéaste algérien ayant réalisé en France deux longs métrages (Mektoub et L'autre France), Ali Ghalem, dont un nouveau film est en postproduction, publia en 1979 un récit intitulé Une femme pour mon fils (éditions Syros). Ce livre–scénario devenu récit, ou roman–reportage destiné à devenir scénario, obtint un succès tel qu'une troisième édition en fut publiée l'année suivante. Ce qui montre combien, il y a trente ans, la valeur documentaire d'un récit concernant les immigrés importait plus que ses qualités littéraires. Assez minces, celles-ci ne pouvaient pas lui assurer un tel écho. C'est donc la volonté d'examiner avec attention le sort fait aux jeunes filles dans la société algérienne qui justifiait a priori l'intérêt des lectrices et des lecteurs.
A la même époque, Assia Djebar mettait la dernière main à son recueil de nouvelles Femmes d'Alger dans leur appartement qui fut publié en 1980 aux éditions des Femmes. Elle rappelait en préface : « Ne pas prétendre “parler pour“, ou pire “parler sur“, à peine “parler près de“, et si possible “tout contre“ : première des solidarités à assumer pour les quelques femmes arabes qui obtiennent ou acquièrent la liberté de mouvement, du corps et de l'esprit. Et ne pas oublier que celles qu'on incarcère, de tous âges, de toutes conditions, ont des corps prisonniers, mais des âmes plus que jamais mouvantes ».
Si nous évoquons ici cette romancière et nouvelliste, c'est qu'elle a également réalisé un film : La Nouba des femmes du Mont Chenoua. La ressemblance avec Ali Ghalem s'arrête là : celui-ci n'est pas une femme et tout son livre s'en ressent. Fatiha n'aime pas que le voile dissimule le visage « et seulement celui des femmes ». Fatiha sait seulement de son futur mari qu'il s'appelle Hocine et a vécu en France. Une sage-femme vérifie la virginité de Fatiha. Ali Ghalem nous raconte assez précisément l'histoire d'un mariage forcé. Hocine est analphabète alors que sa future femme est allée à l'école. Hocine n'éprouve aucun désir de rencontrer sa femme. Fatiha ne peut échapper à cet époux qui la repousserait s'il osait défier l'autorité paternelle. Fatiha apprend à lire et à écrire à sa jeune belle-sœur Yamina. Ali Ghalem évoque la tendre complicité entre les deux jeunes filles qui auraient pu être condisciples à l'école de couture que fréquentait Fatiha. C'est dans la description des personnages les plus jeunes : Fatiha, Yamina ou Allaoua, frère cadet de Hocine, que Ali Ghalem se révèle bon observateur de l'impatience des jeunes Algériens. L'évocation du couple Hocine-Fatiha est convenue sinon sobre. Le mari cherche en vain du travail à Alger et retourne en France.
L'épouse est prise d'un malaise. A l'hôpital, une malade lui montre des tracts distribués au lycée pour exiger l'arrêt des contrôles médicaux de la virginité. Fatiha songe à cette jeune femme morte des coups reçus de son père et de ses frères parce qu'un médecin avait déclaré qu'elle n'était pas vierge. Leila, institutrice, lui parle de Baya qui exposa ses toiles en 1974 et rencontra Picasso. En 1963, Alger l'avait redécouverte, devenue la seconde épouse d'un homme qui l'avait tout d'abord demandée en mariage pour son fils. Après, Allaoua parvient à convaincre Yamina et Fatiha de se laisser entraîner au cinéma.
A peine mariée, Fatiha s'est donc retrouvée seule et surveillée par ses beaux-parents. Elle écrit à Hocine. Elle explique ne pas supporter de vivre enfermée et affirme son souhait de rejoindre en France son époux. La réponse ne tarde pas : c'est non, parce que c'est impossible et que l'épouse ne doit pas décider pour le mari. Alors, Fatiha s'enfuit chez ses parents. Elle donne naissance à une petite fille, Noura. Les amies connues lors de sa précédente hospitalisation seront sa force. Décidément, les femmes algériennes ne doivent, et ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Et sur Ali Ghalem ? Une femme pour mon fils tient plus de l'ébauche que de la fresque. Le personnage de Hocine, tantôt naïf, tantôt « conscient », freine des quatre fers ce roman dont on retient une image plausible de conflits décrits dans une langue assez scolaire.


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