Barrage sur le Nil: Vers un compromis    Des stars mondiales du surf se défient à Taghazout    Fin de saison pour Mahmoud Benhalib après un tacle meurtrier    Météo: les prévisions de ce mardi    Meknès: Arrestation d'une SDF pour enlèvement d'un nourrisson    La deuxième phase de «Jeunes des 2 rives» lancée à Agadir    Ingénierie gouvernementale. Quel bilan des 100 premiers jours ?    Les femmes mises au ban du développement    Tanger Med dresse un bilan satisfaisant de ses activités    Les EEP bénéficient de plus de 28 MMDH de déblocages à fin novembre    La croissance du nombre de touristes internationaux a ralenti en 2019 à 4%    Bientôt une Cité des arts et de la culture pour Essaouira    A Meknès, des professionnels du tourisme pointent du doigt sur les maux du secteur    Redresser les rendements de leurs portefeuilles, un défi pour les institutionnels, dixit Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR    Analyse: Villes sans bidonvilles, ce gouffre financier !    Le Forum stratégique maroco-égyptien se félicite de l'ouverture de consulats généraux africains à Laâyoune et Dakhla    Accord international pour relancer les efforts de paix en Libye    Des ex-guérilleros salvadoriens protègent la forêt qui leur avait donné refuge    L'accord avec Pékin n'offre qu'un répit au secteur technologique américain    Libye: Accord international pour relancer les efforts de paix    Pour 2020, le FMI prédit une « reprise poussive » de la croissance mondiale    Conférence de Berlin sur la Libye : Le Maroc exprime son étonnement    Le financement de l'économie nationale au coeur d'un colloque à la Chambre des représentants    Au menu du prochain Conseil de gouvernement    Insolite : Klinsmann épinglé    RSB-Raja, un choc qui a tenu toutes ses promesses    Les sales besognes de Larbi Naji    Coupe du Monde 2022: Zone Afrique, horaires du tirage et tout ce qu'il faut savoir    Le MCO continue sur sa lancée    Le gotha du football africain sera à Salé le 1e février    Latifa Akharbach s'entretient à Rabat avec l'ambassadeur d'Australie au Maroc    Presse : Le gouvernement pense à fusionner papier et digital    Ces stars mariées à leur amour de jeunesse    Divers    Trois raisons qui expliquent une rapide prise de poids chez les hommes    Casablanca : Arrestation d'un «escroc en ligne»    Virus: Un troisième mort, l'épidémie s'étend en Chine et gagne la Corée du Sud    Boulemane: 1.300 bénéficiaires d'une caravane médicale    Agadir à l'heure des "Journées de Tiznit"    "Bad boys for life" en tête du box office nord-américain    Abdelouahab Doukkali enchante le public saoudien    Un nouveau centre de la Fondation Ali Zaoua voit le jour à Fès    Maroc-Chine: Deux accords de coopération entre la FNMM et le Musée national de Chine    Zina Daoudia vivement critiquée pour son ode au Prince Salmane d'Arabie Saoudite    Essaouira : Bayt Dakira, le symbole !    Festival Cas'Arts : Des stars et des hommages pour la 3ème édition    Adda M'Rabbih, rescapé des bagnes du Polisario et fondateur du Mouvement du 5 Mars à Rabouni    Des milliers de binationaux en plus    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





San Francisco relance le débat sur l'interdiction de la reconnaissance faciale
Publié dans Libération le 24 - 05 - 2019

L'interdiction de la reconnaissance faciale à San Francisco, capitale mondiale des hautes technologies, illustre les préoccupations grandissantes entourant cette technique du futur à la croissance fulgurante, observée avec inquiétude en raison des doutes quant aux risques d'empiètement sur les libertés individuelles.
Huit des neuf membres du conseil municipal de la mégalopole californienne se sont prononcés mardi pour la nouvelle réglementation, la première dans une ville américaine à bannir l'utilisation d'outils de reconnaissance faciale par la police et d'autres agences du gouvernement local. Celle-ci doit encore faire l'objet d'un vote de procédure la semaine prochaine avec néanmoins peu de probabilité que cela change la donne.
Techniquement, la reconnaissance faciale peut scanner le visage d'un individu et le comparer à une base de données existante. La technologie peut être utilisée pour déverrouiller un téléphone ou une voiture, payer en magasin, ou faire vérifier son identité devant une borne de retrait bancaire.
Mais son utilisation à des fins judiciaires a suscité un tollé parmi les défenseurs des droits humains en raison de potentielles erreurs, cette technologie reposant sur la construction de larges bases de données, sans système de surveillance garanti.
En outre, la reconnaissance faciale a très mauvaise presse depuis que la Chine a annoncé le déploiement d'un vaste système de surveillance dont l'objectif est de traquer les criminels. Cet outil pourrait être détourné et utilisé contre la population, à l'image de son utilisation pour surveiller les mouvements de la minorité musulmane ouïghoure, selon des informations de presse.
La décision des autorités de San Francisco "est un rappel que nous ne sommes pas à la merci des nouveautés liées à la technologie", réagit Jay Stanley, analyste politique au sein de l'Association American Civil Liberties.
"Il est certes impossible d'interrompre la recherche et le développement de nouveaux outils. Mais cela ne signifie pas que l'on ne puisse pas empêcher le déploiement de technologies qui nuisent à nos valeurs", ajoute-t-il.
Les militants des libertés individuelles affirment également que cette technologie est imparfaite, plusieurs études montrant une marge d'erreur élevée touchant les minorités.
"En l'état actuel, il est inapproprié pour les agences gouvernementales d'utiliser la reconnaissance faciale car les risques dépassent largement les potentiels avantages", insiste Evan Selinger, professeur au Rochester Institute of Technology.
Tiffany Li, chercheuse en droit au sein de l'université de Yale, abonde dans ce sens, affirmant que des progrès doivent être encore réalisés pour étudier l'impact de cette technologie sur les libertés.
Elle "n'est pas exacte, juste, ou suffisamment sûre pour le moment. Et nos lois ne peuvent pour l'instant pas nous protéger de potentiels abus", explique-t-elle dans un tweet.
Parmi les autres critiques, le président de Microsoft, Brad Smith a affirmé l'an dernier qu'il était urgent d'imposer des limites pour éviter de vivre les situations décrites dans l'ouvrage de George Orwell, "1984", décrivant un monde de surveillance généralisée.
Malgré l'interdiction à San Francisco, de nombreuses villes américaines utilisent la reconnaissance faciale.
Une étude menée en 2016 par l'université de Georgetown a démontré qu'environ 64 millions d'Américains étaient dans au moins "une liste virtuelle", bien que la plupart n'avaient aucun antécédent judiciaire et qu'il était difficile de savoir réellement si les informations stockées étaient correctes et n'affectaient personne de manière abusive.
La reconnaissance faciale est, par ailleurs, déployée dans des aéroports américains, avec l'objectif d'aider à faire embarquer et débarquer plus rapidement les passagers, surveiller de potentiels suspects. L'interdiction imposée à San Francisco ne concerne pas les aéroports ni les sites régulés par les autorités fédérales.
Des expérimentations seraient par ailleurs menées par les douanes sur la lutte contre l'immigration illégale.
L'argument principal de ses défenseurs est celui de la sécurité.
Les autorités "peuvent utiliser la reconnaissance faciale pour identifier efficacement les suspects, retrouver les enfants disparus ou les seniors introuvables, et sécuriser les accès aux bâtiments publics", tout cela à des prix moins élevés, affirme Daniel Castro, vice-président du centre de réflexion Information Technology and Innovation Foundation.
"Ironiquement, une interdiction représente un pas en arrière quant à la protection de la vie privée", estime-t-il.
"Plutôt que d'avoir des humains qui surveillent des caméras de surveillance, la reconnaissance faciale utiliserait des caméras indépendantes", poursuit M. Castro.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.