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Chômage et inégalités obèrent les politiques publiques
Publié dans Libération le 03 - 07 - 2020

«Une économie incapable d'absorber le chômage, des programmes sociaux à efficacité limitée, une inégalité sociale qui se creuse davantage entre les riches et pauvres, ... ». Tels sont les grands traits de la question sociale au Maroc dépeints par le rapport d'activité 2019 de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).
Selon ce document, les politiques économiques et en particulier les interventions publiques sur le marché du travail au Maroc n'ont pas permis, durant les deux dernières décennies, de résorber l'offre du travail disponible.
En conséquence, le stock des sans emploi continue de grossir en dépassant la barre du million de chômeurs, notamment chez les jeunes diplômés (17,4%).
Une note publiée le mois dernier par la DEPF avait indiqué que le taux de chômage a augmenté de 1,4 point entre T1-2020 et T1- 2019 à 10,5%, dans un contexte d'évolution plus importante de la population active (+2,4%) que la population active occupée (+0,7%). Dans les villes, ce taux s'est accru de 1,8 point à 15,1% et dans les zones rurales de 0,8 point à 3,9%. Les taux de chômage les plus élevés sont observés, particulièrement, parmi les femmes (14,3% contre 9,3% pour les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,8% contre 8,2% pour les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d'un diplôme (17,8% contre 3,6% pour les personnes n'ayant aucun diplôme).
Les analyses macroéconomiques effectuées par cette même Direction sur la question de la croissance et l'emploi font ressortir que cette situation est imputable, en partie, au faible contenu de la croissance économique en emplois et à l'insuffisance des programmes actifs de l'emploi.
Sur un autre registre, son rapport a constaté que malgré la prolifération des programmes à caractère social (139 programmes) couvrant des domaines variés tels que l'éducation, la santé, la lutte contre la pauvreté, l'emploi et le développement des efforts importants pour développer le système de protection sociale, ce système demeure au Maroc confronté à de nombreux défis liés à la fragmentation des programmes et à leur gouvernance. D'où l'importance de réfléchir à une approche plus intégrée de la protection sociale qui permet d'aboutir à un système couvrant l'ensemble de la population de manière juste, équitable et abordable.
Selon un récent document de l'Observatoire tunisien de l'économie (OTE) sur les inégalités et la fiscalité en Afrique du Nord, le Maroc dépense en termes de protection sociale 4,5% de son PIB. Il est classé loin derrière l'Egypte qui reste le pays qui dépense le plus avec près de 10% de son PIB par rapport à d'autres pays africains, la Tunisie (6,2%) et l'Algérie (4,8%).
Idem pour la question du pouvoir d'achat effectif des consommateurs marocains et des disparités sociales.
D'après ledit document, l'amélioration du pouvoir d'achat effectif des différentes classes sociales au Maroc durant la décennie 2008- 2018 de 2,1% et 1,7% et 2% respectivement pour les classes des ménages pauvres, moyennes et riches n'a pas empêché, pour autant, que le pouvoir d'achat effectif des 10% des ménages les plus aisés est largement plus important que le reste des classes sociales. L'écart entre le décile le plus pauvre et le décile le plus riche est de l'ordre de 30,8 fois en moyenne entre 2007 et 2018 et de 8,6 fois entre le décile le plus riche et le décile médian.
L'Observatoire tunisien de l'économie a d'ailleurs classé le Maroc et l'Egypte comme les deux pays les plus inégalitaires de la région mais avec des inégalités extrêmes très fortes au Maroc. D'autant que la part occupée par les revenus des 1% les plus riches demeure supérieure à celle des 50% les plus pauvres, ce qui n'a jamais été le cas en Egypte. Ces deux pays sont également ceux qui déploient l'effort redistributif le plus important dans la région mais sans que cela ne fasse baisser les inégalités dans leurs pays respectifs.
La structure des inégalités au Maroc comme celle de la Libye et de l'Egypte se rapprochent du modèle russe avec une particularité pour le Royaume où les pauvres détiennent une part beaucoup moins importante que dans les deux autres pays mais cette part ne descend pas en-deçà des 10% comme sur la totalité du continent africain. Dans les cinq pays d'Afrique du Nord, la classe riche ne détient pas les 50% du revenu national comme c'est le cas sur la totalité du continent africain et au Moyen-Orient malgré le fait que l'Afrique du Nord est à la croisée de l'Afrique et du Moyen-Orient.
Avec une classe moyenne qui détient plus de 35% du revenu national, nous sommes loin du modèle moyen-oriental et avec une classe pauvre qui détient entre 15 et 20% du revenu national, nous ne sommes pas proches du modèle africain, a conclu le document de l'OTE.


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