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Abbès Benchekroun, in memoriam
Publié dans L'opinion le 11 - 05 - 2010

Pour ceux qui l'ont connu, Abbès Benchekroun fut un peintre modeste d'une production prolifique, bien des fois saisissante. Sa peinture figurative est marquée par une quête du rêve, de la lumière et du mouvement.
Né à Fès, le 15 décembre 1947, Abbès Benchekroun a vécu à Sefrou jusqu'à l'âge de 17 ans. Il s'est établi à Kénitra puis à Rabat avant de s'installer à partir de 1971, à Casablanca qu'il ne quittera plus, sinon pour rejoindre sa dernière demeure, à Sefrou en avril dernier.
Après avoir suivi des cours à l'Ecole des Beaux Arts, il a intégré l'agence de publicité Lardeco, puis l'atelier Chriki. Après s'être exercé à l'art calligraphique de par son activité professionnelle, il décida à partir de 1984 de se consacrer entièrement à la peinture pour aller là où le menaient ses goûts.
Ses travaux de gouache sur papier étaient vendus sur le boulevard Mohammed V. Ses connaissances, par la suite, le recommandèrent à leurs proches. Ce n'est qu'au début des années 90 que, Abbès Benchekroun utilisa la toile comme support, essayant la peinture à l'huile, qu'il abandonna vite pour l'acrylique. Il considérait la peinture à l'huile comme un obstacle à sa créativité car elle demandait beaucoup de temps pour sécher, disait-il.
Depuis Abbès Benchekroun créa son propre style avec une palette qui lui était personnelle. Son œuvre figurative par excellence, est spécifiquement marocaine : scènes de rues, marchés, vie familiale autour d'une table, danses, hammams, boulanger cuisant le pain etc…il s'est même essayé à des paysages et à des fresques murales.
Abbès Benchekroun avait pratiquement sacrifié sa vie pour la création artistique. Il lui arrivait de peindre durant des nuits entières et parfois même de ne pas quitter son atelier plusieurs jours d'affilée, négligeant nourriture et sommeil.
Abbès avait acquis une parfaite maîtrise de la peinture et de ses sujets ce qui lui permettait de fixer sur la toile ce que son âme et ses mains lui inspiraient.
Abbès était devenu solitaire, alors que ses travaux étaient -et sont- admirés par un public nombreux. Ses œuvres cédées à des prix modestes, étaient prisées par les employés des entreprises qui attendaient avec impatience son passage. Ses travaux figurent dans les collections de certaines institutions financières comme Attijariwafabank, La Société Générale, La Banque Populaire et chez de nombreux particuliers à Casablanca, Marrakech, Fès, Rabat, Tanger ainsi qu'à l'étranger en France, en Belgique et aux Etats-Unis.
Malgré ce rayonnement, Abbès Benchekroun avait toujours refusé d'exposer individuellement ou de participer à des expositions collectives. Ses œuvres ne pouvaient rester enfermées dans son atelier dans l'attente d'une exposition, disait-il, elles doivent circuler…
Abbès Benchekroun demeure un peintre unique, et mérite qu'une exposition posthume lui soit consacrée par ses amis et les nombreux collectionneurs, afin de lui rendre un hommage dû, et surtout pour montrer au public, qui était ce grand peintre et lui restituer la place qu'il mérite dans le monde de l'art.
Quant à moi, je me dois de soulager un sanglot qui étouffe ma poitrine et laisser couler de nouvelles larmes pour exprimer ma douleur et ma peine de ne plus jamais revoir un ami côtoyé depuis l'année 1986. Ainsi je lui adresse ces mots à titre posthume :
L'été dernier tu avais passé des moments difficiles. « Un renard » de tes clients te disait sans aucune pudeur qu'il attendait ta mort. Tu lui avais répondu que tu ne mourrais pas et qu'il risquait d'attendre longtemps pour empocher…
Mais plus tard le spectre de la mort avait rôdé près de toi et te taquinait. Toi qui ne craignais pas la mort, tu avais continué à croire à la vie tout en jouant avec la mort. Ton humour - que beaucoup ne comprenaient pas- et ta générosité, semblaient te doter d'une telle force que la mort se devait de t'éviter. Tu riais de bon cœur, alors qu'une tristesse te minait. Ton rire n'était qu'un voile de bonheur ou un semblant de contentement. Mais ta générosité débordait et tes mains brûlaient pour donner. Tu donnais sans savoir t'arrêter. Ton cœur était si grand que ceux qui recevaient de toi continuaient à prendre, et toi à donner même ce que tu n'avais pas. Tu travaillais beaucoup et vendais des fois, à vil prix, pour survivre et surtout pour continuer à donner. Et voilà que le système se grippait et gênait ton train de vie, et c'est à ce moment-là que la mort t'enlevait.
Tu es parti vers le ciel, presque seul, en surprenant tous ceux qui t'aimaient. Puisse Dieu te couvrir de Sa sainte miséricorde et t'accorder Sa grâce et Sa clémence.
Tous ceux qui t'aimaient te pleurent et prient pour toi. Dors en paix ! Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons.


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