A la Une
Politique
Economie
International
Sport
Société
Culture
Videos
Journaux
2M
Agadirnet
Al3omk
Albayane
Aldar
Aujourd'hui le Maroc
Barlamane
Challenge
EcoActu
Eljadida 24
Finances news
GoAgadir
H24 Info
Hespress
InfoMagazine
Jeunes du Maroc
La Vie éco
Lakome
Le Soir Echos
Le temps
Les ECO
Lions De l'Atlas
L'observateur du Maroc
L'opinion
Maghreb Observateur
MAP
Maroc Diplomatique
TanjaNews
La Gazette du Maroc
PanoraPost
Yabiladi
Sujet
Auteur
Région
f
t
مغرس
Guterres appelle à intensifier la lutte contre les mines antipersonnel
La DGSN arrête un homme ayant commis une tentative de meurtre
RNI: «La Voie de l'Avenir» en mode féminin
Le Roi Mohammed VI félicite le président sénégalais à l'occasion de la fête d'indépendance de son pays
Le Chef du gouvernement lance les services de l'hôpital de proximité d'Aït Ourir et du centre de santé rural de deuxième niveau "Tazart" dans la province d'Al Haouz
Le Polisario gêné par la visite d'une délégation de l'ONU à Tindouf
Agadir : Un professeur de l'Université Ibn Zohr condamné pour vente de masters
Anwar El Ghazi obtient gain de cause contre le FSV Mayence 05 pour ses propos sur la Palestine
L'ancien ambassadeur du Maroc Aziz Mekouar n'est plus
Le Maroc réduit les tentatives de migration irrégulière de 6,4 % en 2025 selon le ministère de l'Intérieur
Strong winds and dust storms expected across Morocco on Monday
Morocco: Osteopathy, a growing practice still largely unregulated
Aba Technology launches Aba Fusion AI platform in Morocco with NVIDIA and Dell Technologies
BMCE Capital accélère sur l'IA avec CAP'AI Reverse by BK
Position extérieure globale du Maroc : les derniers chiffres
Iran : les exportations de brut résistent et progressent malgré les menaces américaines
Ouarzazate: aménagements et rénovations à Ksar d'Ait Benhaddou
Ligue 1: Hakimi dispute son 200e match avec le PSG
Mercato : Brahim Diaz au cœur d'une bataille en Premier League !
OM : Nayef Aguerd reprend, mais son retour à la compétition attendra
OGC : Sofiane Diop au cœur d'une polémique salariale
Maroc : les industriels optimistes pour les trois prochains mois
Casablanca : Dislog Group Food en force à MAROCOTEL 2026 (VIDEO)
Pourquoi Rabat coche les cases de la smart city
Fraude fiscale : la DGI cible les SARL et engage la responsabilité des gérants
Free étend son forfait Free Max au Maroc avec la fin du roaming international
Al Akhawayn et Impact Education lancent une nouvelle approche pédagogique
La 21e édition du festival international des nomades s'ouvre à M'Hamid El Ghizlane
Radisson Pursuit : une course immersive au Maroc pour une cause solidaire
Iran. Deux nouvelles exécutions d'opposants aux mollahs
Epic Fury. Les Américains ont récupéré les deux membres d'équipage de l'avion abattu
Droits humains : Amina Bouayach intensifie son plaidoyer à l'international
Iran: l'armée dit avoir touché un second avion de combat américain, qui s'est abîmé dans le Golfe
Hervé Renard confirme sa présence au Mondial avec l'Arabie saoudite et tacle ses détracteurs
Maroc : les compléments minceur sur les réseaux sociaux, un business risqué pour la santé
Bayer Pharmaceuticals présente sa nouvelle stratégie de croissance
Gennaro Gattuso quitte la sélection italienne après l'échec de la qualification au Mondial
CSO 4* de la Garde Royale: Le cavalier Ghali Boukaa remporte le Prix SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan
Marrakech : le théâtre universitaire fait sa rentrée des consciences
Art.ibat : la Cité internationale des arts ouvre ses portes aux artistes marocains
Orchestre symphonique du Maroc : un concert pour l'éternité
Strasbourg : le Maroc renforce sa présence au Congrès des autorités locales du CE
Conseil des ministres arabes de l'Intérieur : le Maroc réaffirme son soutien aux pays arabes
Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno forme un gouvernement
Sahara : le Royaume-Uni réaffirme son soutien au plan d'autonomie
Mode au Bénin : 5 créateurs qui redéfinissent le luxe
Maroc : Bob Maghrib revient sur scène tambour battant
Musique : Sylent Nqo en duo inédit avec Mann Friday
Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
OK
Architecture : «Au Maroc, la généralisation du ciment a été catastrophique» [Interview]
Solène Paillard
Publié dans
Yabiladi
le 26 - 07 - 2018
L'architecte-anthropologue Salima Naji, spécialiste des constructions respectueuses de l'environnement, privilégie une approche soutenable de l'architecture, englobant une dimension économique, culturelle et sociale, respectueuse des besoins des populations locales et de l'environnement.
Dans la province de
Tata
, l'architecte Salima Naji et ses artisans ont fait sortir de terre le centre culturel des Ait Ouabelli, un projet totalement construit en pierres sèches, d'après le site Chantiers du Maroc. Réalisés dans le cadre d'une initiative nationale pour le développement local, ces travaux ont nécessité une enveloppe budgétaire de 1,141 million de dirhams.
Le bâtiment, qui s'étend sur une superficie totale de 320 m², a vocation à accueillir un centre culturel qui abritera une salle multimédia, une salle polyvalente et d'exposition, des ateliers pour enfants, des bureaux et sanitaires ainsi qu'un espace extérieur accueillant un théâtre de plein air.
Votre démarche s'inscrit dans une volonté de collaborer avec les artisans locaux et d'utiliser les procédés constructifs ancestraux. Elle couvre donc à la fois une dimension sociale, traditionnelle et environnementale.
Ma démarche s'inscrit dans une architecture soutenable, c'est-à-dire une architecture qui réponde à moindre coût aux besoins de populations souvent isolées disposant de faibles revenus. Or, la soutenabilité doit tenir compte des questions sociales, économiques, environnementales et culturelles. Les artisans mobilisant des matériaux locaux sont au cœur de tous ces enjeux. En effet, les savoir-faire dits ancestraux sont le fruit d'une longue transmission d'expériences menées dans un contexte de rareté et de pénurie. Ces expériences, sur la durée, ont nourri de nombreuses innovations locales, fruit d'un cumul d'observations empiriques. Aujourd'hui, elles sont essentielles pour penser l'adaptation au changement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le bon sens devrait naturellement nous y conduire.
L'intérieur du centre culturel des Ait Ouabelli / DR
Pourquoi privilégiez-vous la pierre ? Que reprochez-vous au ciment ?
Je privilégie les matériaux locaux selon une logique d'architecture de collecte : la pierre quand je travaille sur les pentes arides du Bani comme à Ait Ouabelli, la terre crue (adobes, pisé, etc.) quand c'est au cœur des espaces cultivés oasiens. Le principe est de mobiliser le matériau qui a le plus faible bilan carbone, à la fois dans sa production, son acheminement au chantier, sa mise en œuvre mais aussi sa potentielle destruction. Il faut réfléchir à la fois au cycle de vie du bâtiment mais aussi des matériaux.
Maintenant, dans le contexte des architectures oasiennes, le béton de ciment n'est pas adapté. Premièrement, c'est un matériau extrêmement énergivore pour sa production, son transport, sa mise en œuvre mais aussi pour son recyclage, d'autant plus si vous vous trouvez à plusieurs centaines de kilomètres de la première cimenterie. Deuxièmement, à l'usage, les bâtiments sont totalement inadaptés aux conditions climatiques locales et nécessitent énormément d'énergie pour être... climatisés. Troisièmement, la durabilité du matériau est très faible surtout si les dosages n'ont pas été respectés.
Le ciment, comme tout matériau, doit être utilisé à bon escient pour des bâtiments et ouvrages d'art spécifiques. Sa généralisation sur tout le territoire a été catastrophique. Outre le fait que cela participe du déséquilibre commercial du pays, l'inconfort des conditions de vie subies devrait faire réfléchir. Aujourd'hui, ce sont des dizaines de milliers de bâtiments en béton de ciment inachevés ou vides, impropres à l'habitat, qui parsèment les campagnes et défigurent les paysages. Ils représentent un gâchis phénoménal.
Mehdi Benssid © Tous droits réservés
A
Tiznit
, vous avez conçu un centre d'archives. Quel est le but de cette démarche ?
Le projet du centre d'interprétation du patrimoine de
Tiznit
est le fruit d'une longue concertation avec les habitants, les associations et les élus dans le cadre d'un protocole participatif de 2008 à 2011. Parmi les attentes des associations, il était question de valoriser les archives privées des zaouias (édifice religieux musulman autour duquel la confrérie soufie se structure, ndlr), particulièrement nombreuses dans la région, mais aussi des familles qui disposent encore d'antiques registres de commerce, de correspondances politiques, d'accords tribaux, etc. Toutes ces archives sont menacées de disparition et il semble indispensable de les numériser mais aussi de les valoriser par des expositions de fac-similés auprès du grand public. Lieu à vocation publique, des salles permettent d'accueillir des expositions temporaires spécifiques mais aussi des chercheurs. Il s'agit donc d'un centre de traitement et de valorisation des archives. Pour la conservation, le lieu sera en relation avec les archives du Maroc à
Rabat
.
Votre travail ne se limite pas seulement à superviser des projets architecturaux ; vous vous êtes également engagée à accompagner et à encourager les acteurs locaux dans l'utilisation de matériaux locaux et le recours aux techniques ancestrales. Comment vous y prenez-vous ?
Le travail de sensibilisation des acteurs locaux a été très important. De 2006 à 2013, nous avons développé des actions pilotes avec le soutien de maîtrises d'œuvre ambitieuses comme celles de M. Ahmed Hajji, qui était alors directeur de l'Agence du Sud, ou Me Abdelatif Ouammou, qui était président de la commune de
Tiznit
. Puis, à partir de 2015, la législation a évolué. Nous avons répondu à des appels d'offre standards et proposé une réponse intégrant les principes de l'éco-construction afin de démontrer que cela était possible dans le cadre des contraintes légales marocaines.
Plusieurs projets ont pu ainsi être réalisés dans le cadre de l'INDH (Initiative nationale du développement humain, ndlr), notamment dans la province de
Tata
qui a joué un rôle pilote. Cependant, les effets étaient limités à des cercles de bonne volonté du fait de l'existence de réseaux de corruption qui privilégient le béton de ciment afin de pouvoir détourner facilement l'argent public. Par conséquent, j'ai privilégié le plaidoyer national pour le changement de la législation marocaine et j'ai eu la chance d'être soutenue par l'Académie du royaume dans le cadre de la COP22, mais aussi par le Conseil économique, social et environnemental. Dernièrement, nos directives nationales imposent le fait de privilégier les matériaux locaux pour les équipements de proximité. L'Agence nationale des équipements généraux a pour mission d'en assurer la promotion.
Article modifié le 26/07/2018 à 13h45
Cliquez
ici
pour lire l'article depuis sa source.
Lire aussi
L'architecte Salima Naji à l'honneur
Appel à la valorisation et l'encouragement de l'architecture et de l'artisanat écologique dans le secteur du bâtiment (rencontre)
«L'architecture marocaine a de beaux jours devant elle»
«Arrêtons de dénigrer notre patrimoine»
Le petit musée dans la prairie
Signaler une annonce inappropriée