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L'Espagne et le Sahara occidental marocain
Publié dans Albayane le 05 - 12 - 2010

L'Espagne, à travers son Parlement, s'est crue habilitée à donner au Maroc des leçons sur la décolonisation et les droits de l'Homme, et ce à la suite des événements tragiques du 8 novembre dernier à Laâyoune.
Il est parfois des situations dans les relations internationales où certains pays auraient tout intérêt à se taire ou tout au moins à garder un profil bas, du fait de leur lourd passif colonial et raciste, particulièrement au Sahara occidental.
Il est tout à fait approprié aujourd'hui de rappeler que, si la conquête du Sahara marocain par les forces d'occupation espagnoles a débuté avec les années 1900, ce n'est qu'en 1934 que la totalité des territoires de Oued Eddahab et de Saqiat al Hamra s'est trouvée sous le joug espagnol, du fait de la forte réaction de l'Etat marocain et des tribus sahraouies. Dans cette résistance héroïque, les noms Maâ el Aïnin, El Hibba, Merabbi Rebbo, Mohamed El Aghdaf et de tant d'autres sont entrés, en lettres d'or, dans l'histoire de notre pays.
Les colonialistes espagnols ont par la suite déployé tous les efforts pour que les territoires qu'ils appelaient « l'Afrique occidentale espagnole » soient intégrés à l'Espagne, à travers des politiques d'assimilation administratives et politiques et en particulier par l'application des lois espagnoles sur ces territoires, mais tout en maintenant le Sahara et ses habitants dans une arriération sociale, économique et politique indigne. Quand on se remémore la grandeur passée de cette région et son rôle dans l'Histoire, on imagine sans peine les raisons, sonnantes et trébuchantes, qui font que certains aujourd'hui soient reconnaissants à l'Espagne qui a plongé leur région dans une effroyable dégradation.
Il est tout aussi approprié de rappeler également que, dans les années 1956-57, l'Armée marocaine de libération du Sud libéra, en quelques mois, Oued Eddahab et les autres territoires du Sahara occidental. Il a fallu l'intervention groupée du colonialisme français et espagnol, à travers l'opération Ecouvillon qui mobilisa plus de 10 000 hommes motorisés et plus de 70 avions pour que, au début de 1958, la présence coloniale espagnole soit rétablie au Sahara occidental marocain.
L'agression algérienne de 1963, le contentieux frontalier algéro-marocain, et une situation politique nationale défavorable du fait de l'état d'exception ont fait que, dix ans durant, la question de l'intégrité territoriale nationale n'a pas progressé positivement, malgré le rappel constant par les plus hautes autorités de l'Etat des droits imprescriptibles du Maroc sur le Sahara Occidental.
Pour contrer les résolutions de la 4ème commission des Nations Unies, l'Espagne franquiste va évoluer, dans les années 1960, vers la solution d'un état artificiel au Sahara occidental, fidèle à la «Mère patrie espagnole » et dont l'indépendance serait garantie par l'armée espagnole.
Face à ces manœuvres colonialistes, des manifestations violentes ont éclaté à Laayoune, le 18 Juin 1970, pour dénoncer la présence espagnole sur le territoire national ainsi que l'oppression exercée sur les populations et les déportations opérées par les autorités coloniales espagnoles depuis des décennies.
Face à ces manifestations, les forces armées de la « guardia civil » espagnole et de la légion étrangère « el tercio » n'ont pas hésité à ouvrir le feu sur les manifestants.
Que l'on se souvienne, à propos de ces évènements sanglants, des déclarations du dirigeant nationaliste Si Allal Fassi, rapportées par le journal « L'Opinion » du 21 Juin 1970, dont nous donnons ici quelques extraits :
«Nos concitoyens sont descendus dans la rue en scandant des slogans demandant leur libération, leur attachement au Maroc et l'évacuation des troupes étrangères de leur territoire. La réaction des autorités espagnoles a été d'ouvrir le feu sur des manifestants qui n'étaient armés que de leur foi, de leur sacrifice et de leur volonté de prouver leur existence et leur appartenance au Maroc.
« Les autorités espagnoles ont procédé à l'arrestation de plus de 2000 (deux milles) concitoyens et parmi lesquels Khattry Ould Saïd El Joumani et Ba Cheikh ben Mohammed Mouloud ».
Telle a été la politique des colonialistes espagnols au Sahara occidental : d'une part, consolider leur domination dans le Sahara occidental marocain par la répression, et d'autre part user de procédés perfides visant la création au Sahara d'un Etat artificiel et d'un gouvernement à leur solde qu'ils pourraient mouvoir selon leurs intérêts, à travers une propagande systématique pour dénier l'origine et le caractère marocain de ces terres.
Et cette politique n'a guère changé aujourd'hui.
Pourtant, à l'issue d'une mobilisation populaire exceptionnelle lors de la marche verte du 6 novembre 1975 et d'une fin de règne des franquistes en Espagne, les accords de Madrid signés le 14 Novembre 1975 à Madrid, par l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie, avec l'approbation des Nations Unies, ont établi les conditions du retrait espagnol du Sahara occidental marocain, ainsi que la mise en place d'une administration à laquelle participent le Maroc, la Mauritanie et la Djemaa, étant entendu, dans les accords, que l'opinion de la population sahraouie s'exprimera à travers la Djemaa. Et l'on sait que la Djemaa et son président Khattry Ould Saïd El Joumani, de la manière la plus solennelle, ont décidé de rétablir le Maroc dans ses droits historiques et de rejoindre ainsi le Maroc.
Les petits esprits revanchards, colonialistes et paternalistes, dignes héritiers du franquisme ou habilement drapés des habits des droits de l'homme, de la liberté et de la décolonisation ont tôt fait de se remettre au service du même objectif qui est celui de dénier au Maroc ses droits légitimes.
Dans un éditorial du journal « Al Kifah Al Watani », du 1er Juillet 1966, le dirigeant nationaliste Si Ali Yata déclarait, avec une admirable lucidité, (une déclaration d'une étonnante actualité) :
«Le Maroc a été complaisant avec l'Espagne qu'il a implorée et à qui il a fait des concessions. Il n'a exercé sur elle aucune pression, au contraire, il a collaboré avec elle et à son profit. Elle ne lui a rien donné en échange et n'a fait cas ni de ses droits, ni de ses aspirations à l'unité et à la dignité.
«L'Espagne a jusqu'à présent envers nous une attitude sournoise, railleuse et désinvolte, et cette attitude ne changera pas tant que les officiels seront complaisants avec elle, tant que certains prendront ce sujet à la légère, et que l'opposition se bornera à exprimer ses regrets, inquiétudes et protestations.
«Le danger qui nous menace est grand, il impose à tous les Marocains de répondre en conséquence et de défendre nos droits et notre dignité à n'importe quel prix.
«Le Maroc se doit de prendre, à l'égard de l'Espagne, une position unanime et ferme, sans équivoque ni confusion, exigeant la reconnaissance immédiate de notre souveraineté sur Sebta, Mellila, les îles Zaffarines, Ifni, Saqiat Al Hamra et Rio de Oro.
«Cette position ne doit pas se confiner dans le domaine verbal, mais des actions sérieuses doivent être entreprises, et des mesures concrètes envisagées pour déjouer les tentatives de séparation ».
A cette politique de fermeté, nous souscrivons, au Parti du Progrès et du Socialisme, sans réserve.
* Membre d Bureau Politique du PPS


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