Nador West Med : un nouveau pilier pour la sécurité énergétique et la souveraineté gazière du Maroc    Azzedine Ounahi blessé : Girona confirme mais reste prudent sur son retour    Maroc-Egypte : Deux appels téléphoniques entre Bourita et Abdelaty en un mois    S.M. le Roi préside une réunion de travail sur le projet Nador West Med    Rabat: le Parlement abrite le 5e Forum parlementaire Maroc-France, les 29 et 30 janvier    Prix de la sardine : une inquiétude persistante à l'approche du Ramadan    Automobile : L'Espagnol Airtificial s'implante au Maroc    Assurance maladie obligatoire au Maroc : 70 % de bénéficiaires effectifs, selon la Cour des comptes    Or : Au-delà de 5.200 dollars l'once, le gramme dépasse 1.485 dirhams au Maroc    Un pétrolier sanctionné par l'UE en route vers Tanger Med escorté par un navire espagnol    Espagne : près de 500 000 migrants en situation irrégulière bientôt régularisés    Crash aérien de Washington : Un an après, l'enquête révèle des défaillances systémiques    La France décline les priorités de sa présidence du G7 sur les sujets économiques et financiers    Après le retrait d'Akhannouch, Mohamed Chaouki candidat unique à la tête du RNI    Finale de la CAN : la CAF se prononcera dans les prochaines heures    CAN-Maroc 2025 : des records numériques sans précédent    Rayane Bounida prêt à choisir le Maroc pour sa carrière internationale    Le Brésil compte sur le match amical contre l'Egypte pour se préparer à affronter le Maroc lors du mondial    Agadir accueille le Championnat du Monde de Bodyboard    UNAF U15 : le Maroc sacré champion et qualifié pour le Championnat d'Afrique    Lobbying en Estados Unidos: Marruecos y Argelia intensifican sus gastos    Un nouveau-né retrouvé mort à Douar Ain Eddib près de Nador    Franco-Moroccan Interparliamentary Forum: Gérard Larcher and Yaël Braun-Pivet to visit Rabat    Réforme de l'enseignement supérieur au Maroc : l'ANPMA intégrée à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah    Températures prévues pour le jeudi 29 janvier 2026    Averses, fortes pluies et rafales de vent mercredi et jeudi dans plusieurs provinces du Royaume    La Chine enregistre 697 millions d'entrées et de sorties en 2025    Post-finale CAN : la stratégie défensive du Sénégal fragilisée, décision imminente de la CAF    Ndeye Aida Diouf Sow : « Notre savoir-faire acquis au Maroc doit devenir une passerelle vers le Sénégal »    Bakary Séga Bathily, DG de l'APIX-S.A : «Transformons la fraternité Sénégal-Maroc en un levier économique structurant»    Rabat, capitale du partenariat maroco-sénégalais    Union Africaine : La Guinée retrouve son siège    Investissements étrangers : l'Afrique recule    Energie et eau : Luanda au cœur des enjeux mondiaux    Nigeria. Le marché du travail peine à absorber une population jeune    Ethiopie. Découverte d'un fossile humain vieux de 2,6 millions d'années    À Alger, Washington rappelle sa ligne sur le dossier du Sahara marocain    L'OMS exhorte les écoles à promouvoir une alimentation saine chez les enfants    La France a délivré près de 400.000 titres de séjour en 2025    "Ce geste vient d'ailleurs", une exposition collective au Palais Bahia, dans le programme "What's On" de 1:54    Lobbying aux Etats-Unis : le Maroc et l'Algérie intensifient leurs dépenses    CV c'est vous ! Ep 89. Mohammed Amine Jemoumkh, le marketing manager à plusieurs casquettes    Festival MOGA : Un modèle à fort impact socio-économique    Hammouchi s'entretient à Rabat avec le directeur de la police, chef de l'unité nationale spécialisée dans la lutte contre la criminalité organisée au Danemark    Kech El Oudaïa accueille une soirée de dégustation chinoise avec le soutien de l'OFPPT    Afric'Artech : Casablanca accueille le premier grand rendez-vous continental de la créativité numérique africaine    Mode : Le boubou à l'ère de la modernité    MOBO Awards : la scène africaine brille parmi les nominations 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



A quoi rêvent les jeunes marocains ?
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 25 - 02 - 2005

Les jeunes marocains se sentent de moins en moins attachés à leur pays. Comment en est-on arrivé là ? Explications.
Nos jeunes ne croient plus en rien ! qui oserait nier cela ? « Entre le Marocain et son gouvernement, il y a un contrat de citoyenneté. Quand le gouvernement ne respecte pas ses engagements, comment voulez-vous qu'on le fasse nous?», explique Fouad, 23 ans, étudiant en littérature arabe dans la faculté de Casablanca. Parmi une douzaine de jeunes personnes interrogées, l'envie de quitter le Royaume a été une réponse récurrente.
Il n y a qu'à voir le nombre de jeunes qui préfèrent tenter le tout pour le tout et emprunter au risque de leur vie des pateras à la recherche d'un avenir meilleur sous d'autres cieux. Pour ceux-là, qui sont doublement marginalisés par un système et une société où seuls les privilégiés comptent, il n y a pas de quoi s'étonner. Mais quand cela concerne des jeunes qui ont eu cette belle opportunité qu'est l'instruction et le savoir, la donne change. « Il n'y a pas de chances pour se réaliser au Maroc. L'avenir est complètement flou », affirme Saloua, 26 ans, étudiante en histoire-géographie. Et de continuer : «Nous continuons d'étudier tout en sachant qu'il n'y a qu'une place dans les rangs de chômeurs qui nous attend.
C'est déjà un exploit en soi ». Ce qui interpelle s'agissant de ces jeunes, en majorité étudiants à la faculté de Casablanca, c'est qu'ils changent de filière en cours d'année. Ainsi, un étudiant qui s'inscrit, par exemple, en littérature anglaise, change impulsivement après quelques années pour atterrir dans d'autres cours. « Après la réussite au Baccalauréat, les étudiants sont mal orientés. Cela d'une part, d'autre part, souvent ils choisissent ce qui se présente», explique Othmane, 25 ans, licencié chômeur. Ce qui ressort de tout cela, et loin de toute généralisation, c'est l'hésitation et le manque de confiance de nos jeunes d'aujourd'hui. « Les écoles au Maroc n'ont aucune méthode pédagogique. L'enseignement est à revoir dans le fond comme dans la forme», fait remarquer Dr. Chakib Guessous, socio-antropologue.
« Comment voulez-vous qu'un enfant ayant été intimidé et battu durant son cursus scolaire puisse développer un esprit d'initiative et de créativité? Ceci se fait dans la normalité dans un pays qui a ratifié les conventions internationales sur les droits de l'enfant ». Voilà ce qui explique, ne serait-ce qu'en partie, cette attitude velléitaire de nos jeunes.
« Pour me rendre à l'école, je parcourais chaque jour environ 10km. Actuellement, les jeunes cherchent la facilité. Ils ne savent pas qu'ils sont privilégiés à plus d'un titre », dit avec énervement Saïd, 44ans, ingénieur fonctionnaire dans le ministère de la Santé. En effet, ce que les étudiants dans les cycles supérieurs ne savent pas, c'est que leur enseignement a coûté de l'argent à l'Etat.
Le sens des responsabilités exige d'eux de servir leur pays. « Je sais qu'il faut participer pour faire avancer le pays. Mais je m'avoue vaincu d'avance, sachant que tout en agissant seul, je ne suis pas armé pour », avoue Mohammed, 27ans, détenteur d'une licence appliquée en communication. Ceci rejoint les discours nihilistes qui circulent par ces temps de pessimisme. « Les jeunes gardent une pureté d'enfance que les adultes mûrs n'ont plus.
Ils sont incapables de cerner des phénomènes comme la corruption ou le favoritisme », explique Dr. Chakib Guessous. Pour ce dernier, l'inexistence d'occasions favorables de promotion professionnelle et sociale, “bouche” l'avenir de ces jeunes. « Les jeunes d'aujourd'hui sont plus attachés à leur patrie que jamais. Ils aiment leur pays, mais n'aiment pas ce qui s'y passe », ajoute le socio-antropologue. Tout compte fait, on ne récolte que ce que l'on a semé!
• Karima Wahabi
et Ilham Mountaj


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.