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« Conscience professionnelle et honnêteté scientifique, c'est la meilleure protection »
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 01 - 2004

La polémique actuelle autour de l'erreur médicale interpelle plusieurs praticiens. Reda Mouafak, médecin et directeur de la clinique Al Farabi, précise qu'il y a d'abord la loi, la juridiction et l'autopsie pour déterminer les causes. Le médecin est tenu par les moyens et non par les résultats. Entretien.
Aujourd'hui Le Maroc : Comment vivez vous la polémique actuelle autour de l'erreur
médicale ?
Reda Mouafak : Personnellement, en ma qualité de médecin et de directeur d'une clinique, je trouve qu'il est désolant le comportement de certains médias ainsi que des personnes qui ont causé cet incident. Certes, il peut ou il se peut que des problèmes d'ordre professionnel surviennent, mais avant de s'engager dans cette polémique, il y a la loi, la juridiction et l'autopsie qui peuvent déterminer la nature et les causes des décès. Le médecin est tenu par les moyens et non par les résultats. Il est indispensable qu'un bloc opératoire soit muni de tous les moyens de contrôle du malade. Si l'un d'eux fait défaut, le médecin est assurément responsable de l'accident. Par contre, le risque-zéro n'existe pas. En médecine, toute anesthésie ou tout acte médical comporte toujours un risque. Des accidents au-dessus des moyens du médecin peuvent intervenir. Il ne peut pas tout prévoir. Le bronchospasme ou un choc qui peuvent l'emporter sur le traitement en est la meilleure illustration. Dans ces cas, ce n'est pas pour autant que le médecin est responsable. Le ministre Chevènement a d'ailleurs eu une expérience pareille. Les moyens et la conduite thérapeutique peuvent sauver un malade.
Hors la politique ou la polémique, c'est vraiment malheureux que des gens d'une certaine instruction laissent entendre que le médecin est un assassin
Quelle est, selon vous, l'origine du sentiment bien marocain faisant du médecin
un malhonnête ?
Le malade marocain a, malheureusement, perdu confiance en son médecin ; en plus il n'est pas être informé sur le coût de la médecine.
Elle évolue avec le temps ; en plus elle n'est pas une science exacte. Les nouvelles technologies ont permis d'atteindre des zones inaccessibles et plus de performance. Mais les dangers existent. Travailler à côté du cerveau ou de l'orbite comporte des difficultés. Il y a eu plusieurs procès aux USA et en Europe. Ici on s'est doté de ce matériel, des investissements coûteux, pour être à la pointe mais aussi pour éviter ce genre d'incidents-accidents. Mais le malade est-il conscient du coût de ce genre de matériel ? Bien évidemment non. Lors qu'on propose le prix de la prestation, le malade est choqué, alors qu'il oublie les moyens de surveillance. Par conséquent, il préfère aller se faire opérer là où c'est le moins cher. Lorsqu'une cécité survient, il dénonce. Certes il y a des médecins très compétents, mais malheureusement cette médecine coûte cher. A chaque fois ou il va voir un médecin, par raccourci, il l'assimile à un arnaqueur. Par exemple, la consultation pré-anesthétique est obligatoire pour un malade à opérer. Elle est faite par un spécialiste. Pratiquement, la majorité trouve que c'est du vol que de payer cette consultation. Elle est faite dans un sens préventif pareil pour les teste allergiques. Le malade demande à faire des économies. Mais malheureusement, et de par le monde, dans tous les domaines, des malhonnêtes ou des incompétents existent. Il n'y a qu ‘à regarder les journaux télévisés étrangers pour s'en convaincre. Les procès sont nombreux.
Ya-t-il eu des antécédents de condamnation de médecins au Maroc ?
Bien évidemment, des médecins ont été condamnés dans notre domaine. Un médecin a été condamné à la prison suite à une intervention andonazale ayant entraîné une cécité. D'autres pour avoir pratiqué des avortements. Autre exemple pour renseigner sur la non-information des Marocains, pour l'amygdale, le malade préfère subir une intervention dans un cabinet à 600 DH au lieu d'une clinique où il aura à débourser
2 500 à 3 000 DH. C'est ce genre d'interventions dangereuses qu'il faut condamner, il faut être intransigeant avec de tels agissements. C'est pour cela que le médecin est tenu par les moyens.
Vous sentez-vous protéges ?
Le médecin n'est plus intouchable ou impuni. La concurrence sur le marché pousse à faire, ou à défaire, les réputations. Il est jugé sur les résultats.
Cependant, ce n'est pas un métier commercial. Mais, le médecin n'est pas protégé. Durant mes vingt années d'exercice, nous avions eu à gérer plusieurs cas où le patient refuse de payer. Nous n'avons aucun moyen de le retourner. Que peut-on faire dans ces cas ? Automatiquement, on s'est aligné sur la France. Une avance est indispensable. Malheureusement, c'est mal apprécié. Dans les faits, ma conscience professionnelle et mon honnêteté scientifique sont les meilleures armes qui me protègent. Il ne faut pas s'embarquer dans ce qu'on ne sait pas faire.
Que répondez-vous à l'accusation d'Omerta chez les médecins ?
Défendre un médecin s'il est dans le droit chemin est un devoir. Si un décès survient dans une structure, il faut d'abord faire une autopsie, établir les causes tout en procédant à une enquête afin de savoir si les moyens de surveillance et de diagnostic sont réunis. Par contre, dans le cas contraire, je dois le dénoncer parc qu'il n'a pas respecté les règles du bloc opératoire. Certains médecins ne respectent pas les exigences élémentaires du métier. En plus, un médecin qui traite d'incompétent son collègue discrédite les autres. Je lance un appel aux médecins de revenir aux pratiques de base. Le respect s'impose. On est en face d'un patient et non d'un client. De même les responsables doivent comprendre que la médecine évolue, par la technique notamment. Il ne faut pas pénaliser le médecin par le manque de moyens. La Tunisie est à prendre en exemple. Elle accorde des facilités pour l'exercice du métier afin de prodiguer les meilleurs soins aux patients.


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