Devises vs Dirham: les cours de change de ce lundi 21 juin    Euro 2021: coup dur pour la France    Réunion jeudi du Conseil de gouvernement, la lutte contre la violence à l'égard des femmes au menu    Permis de conduire : La digitalisation des épreuves pratiques pour bientôt    Jumia conclut un partenariat avec Huawei    Palestine : Biden appelé à aider à mettre fin à l'oppression israélienne    Chambre des conseillers : séance plénière mardi pour examen et vote de projets de loi relatifs au domaine agricole    Handisport / Championnat national d'athlétisme : Attahadi et Amis de Fès remportent le titre    Coupe de la CAF: le Raja de Casablanca et Pyramids font match nul (VIDEO)    Botola : Le FUS tombe à Berrechid, le MAS et la RCOZ accrochent le HUSA et le DHJ    Coupe arabe U20 : Réaction d'Idrissi après la victoire des Lionceaux    Le président du Barça défend encore le projet de la Super Ligue    Covid-19 / Maroc : La situation épidémiologique au 21 juin 2021 à 16H00    Tout savoir sur la qualité des eaux de baignade    Covid-19: La Santé met en garde contre le non-respect des mesures préventives    France : au moins trois blessés dans l'effondrement de deux immeubles à Bordeaux    Météo au Maroc: il fera chaud ce lundi 21 juin    Patrimoine immatériel : La tutelle complète son inventaire    Mohamed Aboudrar quitte le PAM pour le MP    Une relance des IDE en 2021 face à des perspectives incertaines    Guercif. Le britannique Predator a foré le puits MOU-1    Tanger Med. MFM Radio au cœur de Marhaba 2021 [Vidéo]    Michelle Bachelet déplore une augmentation de l'extrême pauvreté et des inégalités dans le monde    Le Chili reconnait avoir rompu la bulle sanitaire en faisant venir un coiffeur    10.000 spectateurs autorisés sur les sites de compétition    Organisation des ministres de l'Education d'Asie du Sud-Est. Le Maroc est le premier pays arabe et africain à obtenir le Statut de «Membre Associé»    La pandémie aggrave les effets néfastes du blocus américain contre La Havane    Echec de Macron et Le Pen, un avertissement pour 2022    Elections iraniennes : Un ultraconservateur à la tête du pays    Allemagne : les conservateurs dessinent le paysage politique de l'après-Merkel    Quarantaine des voyageurs au Maroc. Voici la liste des hôtels participants    Opération Marhaba 2021: voici la liste de numéros de téléphone et d'e-mails mise à disposition des MRE    Espagne : malgré la polémique, le gouvernement va gracier les indépendantistes catalans    «Drawing life» remporte le Grand Prix de la Compétition internationale officielle du court-métrage    Remise du Prix de l'Excellence musicale de la Fondation Brahim Akhiate pour la diversité culturelle    Un chef d'œuvre qui inspire la haute couture mondiale    Exposition: Abdoulaye Konaté, un doux harmattan    Corée du Nord: le représentant spécial des Etats-Unis propose une rencontre    Législatives au Maroc : une circulaire du ministère public et le ministère de l'Intérieur dévoilé    RAM: de nouveaux vols additionnels programmés en juillet (PHOTO)    La Libye, calvaire pour les femmes sur le chemin de l'Europe    Bac 2021 : taux exceptionnel de réussite dans la région Dakhla-Oued Eddahab    Marché des changes (10-16 juin): le dirham se renforce face à l'euro    Guterres reconduit, les félicitations de Sa Majesté le Roi    Elections professionnelles : L'UMT confirme, le syndicat du PJD régresse    Exposition: danse avec le papier    Décédé à l'hôpital américain à Paris : Haj Brahim Id Hali Bicha, une icône du mécénat s'éteint    Abdoulaye Konaté, le croisé à angle droit    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le Qatar… malgré tout
Publié dans Challenge le 06 - 10 - 2019


Fini les quolibets
Bien sûr, et comme d'habitude, la presse occidentale (française en particulier) n'a pu s'empêcher de se livrer à son jeu de fléchettes favori : à savoir épingler les personnes, les régimes et même les pays au gré de leurs préjugés.
Ainsi que n'a-t-on pas lu sur le Qatar, d'abord présenté comme Etat rentier gaspillant des fortunes pour soutenir les causes les plus dangereuses et déstabiliser les « démocraties » avec ses reportages de la célébrissime chaîne T.V Al Jazeera.
Le Qatar fut présenté alors comme un pays sulfureux où allait s'épancher, s'abreuver et se réfugier tous ceux qui n'avaient aucun respect pour les Droits de l'Homme. Mais ça, c'était avant…
Depuis, le Qatar a fait son bout de chemin vers la respectabilité. Voici comment.
D'abord, il sera à l'origine de la plus grosse déflagration que subira le football mondial, et donc la FIFA.
Retenez-le bien, si Blatter a été obligé de faire ses bagages et de quitter son somptueux fauteuil dans le non moins magnifique domaine de Zurich d'où il contrôlait le football de la planète, c'est bien parce qu'en 2022, le Qatar organisera le Mondial du ballon rond aux lieu et place… des USA qui était le candidat favori pour ce faire.
Toute l'enquête du FBI, les condamnations de la justice fédérale américaine, ont été motivées par l'affront fait au pays de l'Oncle SAM qui avait postulé pour les phases finales de la Coupe du Monde.
Que le même jour, au siège de la FIFA, Blatter ait «donné» le Mondial 2018 à la Russie de Poutine, et laisser Obama sans rien, alors que le Qatar raflait la mise pour 2022, n'a fait qu'exacerber encore plus les rancœurs.
On connaît la suite de l'Histoire et ses conséquences.
Il n'est pas innocent que parmi les premières décisions du nouveau patron de la FIFA, il y ait eu ce Mondial 2026 attribué quasi obligatoirement aux USA de Donald Trump, malgré tous les efforts du Maroc pour avoir droit à sa place historique dans le concert mondial.
Que par la suite, Gianni Infantino ait tenu les discours rassurants pour nous, n'est que chose diplomatique.
A la FIFA, l'argent va à l'argent… L'Histoire, les valeurs, le fair-play, d'accord, mais à condition que cela reste des slogans.
Lorsque Donald Trump sentant la menace marocaine bien réelle, car pouvant s'attirer la sympathie des pays arabes, africains et d'Amérique Latine, il a fait feu de tout bois et rappelé dans un de ces fameux « Tweet » que personne ne devait oublier ce qu'il doit à l'Amérique, à ses sponsors et à ses dollars. Message entendu cinq sur cinq par tous les intéressés et surtout par Infantino qui est loin d'être sourd.
Que Trump ait poussé le cynisme jusqu'à dire, le jour où les USA ont eu le Mondial 2026 : «J'ai le plaisir de vous annoncer que les USA ont obtenu la Coupe du Monde 2026 et que c'est l'Arabie Saoudite qui va nous la financer », n'a fait qu'ouvrir les yeux des plus naïfs d'entre nous, leur faisant comprendre la réalité des choses.
Pour en revenir au Qatar, comment donc cet Etat minuscule a pu alors, souffler le mondial 2022 au nez et à la barbe des « Yankees » ?
L'affaire est au fond très simple. D'abord le Qatar a montré que, non seulement il avait les ressources financières que l'on sait, mais qu'il possédait une vision d'avenir et qu'il savait s'investir et investir.
Or, le meilleur des investissements à long terme, c'est l'investissement sur le capital humain. Le Qatar va entrer à la FIFA par la petite porte. Si 24 dignitaires votaient, à l'époque, on était en 2010, pour l'attribution d'une phase finale d'un Mondial, le Qatar avertit que Blatter était déjà au mieux avec les USA et qu'il était inutile de songer à acheter (corrompre) les voix de tous les votants, même si certains étaient très disposés à le faire, le Qatar donc fit ami-ami avec Platini qui pensait sincèrement qu'un Mondial au Qatar allait ouvrir de nouveaux horizons au football. Platini acquis, le Qatar fit sa campagne à l'intérieur du bureau exécutif. Comment, et avec qui ? Les réponses appartiennent à l'histoire secrète de la FIFA, et c'est ainsi que pour la première fois Blatter annonça avec sa fameuse enveloppe du vote, le nom d'un pays qu'il n'avait pas soutenu. On connaît la suite et surtout ce qui en coûta à la FIFA de Blatter que les USA et ses enquêtes judiciaires se chargèrent de faire disparaître.
Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et de grains de sable dans les déserts. Avec l'acquis du Mondial 2022 le Qatar ne s'arrêtant pas là, va devenir désormais partenaire incontournable et indiscutable dans le système footballistique mondial.
Pour remercier la France de Michel Platini et Nicolas Sarkozy, il s'est lourdement investi dans le PSG et le football français qu'il a sauvé quasiment de la faillite.
Il n'est pas exagéré de dire que depuis l'arrivée à Paris des Qataris, les droits du football ont connu une explosion exponentielle, car, fins stratèges, les Qataris, outre les stars attirées au PSG, ont contribué aussi à la surenchère qui a fait le bonheur de la Ligue professionnelle française.
Oublié Al Jazeera dont le simple nom provoquait de l'urticaire à beaucoup, bienvenue donc à Bein Sports qui va donner une image plus sportive et surtout plus professionnelle aux Qataris.
Installé dans le paysage médiatique télévisuel, Bein Sport va, avec ses pétrodollars, insuffler une perspective dynamique au football français qui commençait à s'essouffler avec le seul Canal Plus comme solide pourvoyeur de fonds. Bein sports ratisse large, elle achète les droits des principaux championnats européens et acquiert un poids considérable. Le Qatar, intelligemment, y va doucement dans son travail de conquête. Il pourrait -il en a les moyens- tout acheter, tout diffuser, mais il ne veut passer ni pour un prédateur, ni un cannibale, il se veut rassurant et amical même avec les autres opérateurs, laissant une (petite) place aux chaînes traditionnelles des pays.
En même temps, il se propose d'accueillir et d'organiser toutes les compétitions à Doha, sa capitale futuriste. Cyclisme, Handball, et moult autres disciplines sportives ont table ouverte dans l'émirat. L'hospitalité qatarie s'étend aussi aux congrès et conférences, et séminaires internationaux . Le fils de Platini, reconnaissance oblige, y a trouvé une profession à sa mesure.
Les compétences s'agglutinent à Doha, notre Karim Alami national y organise un ATP de tennis de haute volée comme le Maroc ne peut même pas rêver d'accueillir. Tout cela, et tant d'autres choses encore qu'il serait trop long d'énumérer ici, ont bâti la crédibilité d'un Etat que même les menaces de boycott aérien proférées par les puissants états voisins, n'ont pu entamer. Les championnats du monde d'athlétisme s'y déroulent actuellement, malgré toutes les piques venimeuses -et totalement gratuites – sur la chaleur et l'humidité.
Ceux qui perdent râlent, bien sûr, mais les autres relativisent, : «On est là, et on doit s'accommoder, on était prévenu et on a accepté de participer, alors, il faut faire avec ».
Infantino n'est pas le moindre des supporters lui, dont la FIFA vient d'accorder les deux prochaines Coupes du monde des clubs au Qatar, alors que l'Inde et la Chine voulaient accueillir ces deux compétitions.
Non, aucune critique n'y pourra rien. Désormais, le bateau Qatar a largué ses amarres.
Il est prêt à voguer sur les flots tumultueux du sport mondial.
Les plus malins ont déjà pris place à bord et profitent de la croisière.
Les autres auront toute la vie pour regretter leur scepticisme.
Le Qatar est là. Et bien là.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.