A l'aune du projet de la réforme des Centres régionaux d'investissement et du processus de la régionalisation avancée, Abdellah Bouhjar, Directeur du CRI Dakhka Oued Eddahab nous éclaire sur les prérogatives et attributions des CRI. Un projet de Loi apportant des changements importants, pour permettre aux CRI de jouer convenablement le rôle qui leur incombe, a été présenté récemment en Conseil de gouvernement. Ecoactu : Comment s'est soldé l'exercice 2017 et le premier semestre 2018 pour le CRI de Dakhla Oued Eddahab ? Pouvez-vous nous donner un bilan chiffré aussi bien en termes de création d'entreprises qu'en ce qui concerne les délais et procédures de création ? Bouhjar Abdellah : Au titre de l'année 2017, 984 entreprises ont été créées dans la région Dakhla-Oued Dahhab. Le délai moyen de création d'entreprises est de 3 jours. De même, 394 projets ont reçu l'avis favorable de la commission Régionale d'Investissement totalisant un montant global de 6,022 milliards de dirhams, devant permettre la création de 1.3142 nouveaux postes d'emplois. Quant au bilan 2018, nous sommes en cours de traitement des données dont la version définitive sera communiquée dès qu'elle sera finalisée. La régionalisation est désormais un chantier prioritaire. Comment le CRI de Dakhla contribue au développement de la région ? Et quelles sont vos nouvelles prérogatives dans le cadre de la réforme pour accompagner le processus de régionalisation ? Depuis sa création en décembre 2002, le CRI de Dakhla-Oued Eddhab ne cesse de déployer les efforts en faveur de la simplification des procédures administratives liées à la création d'entreprises, l'encouragement de l'investissement et la promotion de la région. L'impact de ces efforts sur l'économie locale est indéniable : renforcement du tissu productif local, diversification de l'infrastructure d'accueil touristique (hôtels, maisons d'hôtes, campings, bivouacs) et création de milliers d'emplois. Autre chantier dans lequel le CRI est actif : l'ancrage du royaume dans sa profondeur africaine et le nouveau rôle de hub africain attribué, par le nouveau modèle de développement des provinces du sud, à la région Dakhla-Oued Eddahab. Le CRI accueille d'une manière permanente des délégations africaines et renforce sa participation dans les différents événements comme le Forum Crans Montana organisé en plusieurs années successives à Dakhla et dont la thématique est dédiée à la coopération sud- sud. Parler de régionalisation avancée, c'est évoquer les attributions élargies accordées aux conseils régionaux certes, mais c'est également rappeler les prérogatives déléguées aux services déconcentrés de l'Etat pour être en mesure d'accompagner ce chantier d'envergure. Pour le cas des CRI, on peut citer parmi lesdites prérogatives: * La création de la commission régionale unifiée d'investissement qui réduira considérablement le délai et assouplira les mécanismes de traitement des dossiers d'investissement. D'autant plus que les avis émis par cette commission auront un caractère obligatoire ; * La contribution avec les régions, les administrations et les instances concernées dans la préparation et la réalisation des stratégies de développement des investissements et des plans adressés aux investisseurs, et les aider dans l'opérationnalisation au niveau régional des stratégies sectorielles relatives à l'investissement. Les CRI seront, ainsi impliqués réellement dans la conception des stratégies de développement alors que jusqu'à présent, leur rôle n'avait qu'un caractère consultatif. Les CRI se préparent à l'adoption d'un nouveau texte, sur la réforme des centres régionaux d'investissement, qui se caractérise par des attributions plus élargies. Quelle appréciation en faites-vous et dans quelle mesure va-t-il renforcer le rôle des CRI ? Selon le texte de la réforme, les CRI seront érigés en établissements publics dotés de la personnalité morale. Les CRI ne sont plus de simples intermédiaires entre administrations et investisseurs, mais sont devenus des entités ayant une vocation stratégique et un poids auprès des différents acteurs. À titre d'illustration : toutes les administrations ou instances publiques doivent consulter les CRI avant de mettre en place les incitations et aides financières adressées aux investisseurs et aux entreprises. La nouvelle structure des CRI sera plus développée. On parle désormais de pôles : «Maison de l'investisseur», «Impulsion économique et offre territoriale». De même l'institutionnalisation de la commission régionale, largement sollicitée, aura un impact direct sur l'accélération et l'efficacité du processus de l'investissement. Sans négliger le fait que le budget des CRI sera adapté aux missions prévues. Ledit projet de loi veut mettre un terme à l'éparpillement des entités en charge de l'investissement au niveau régional. Quelle sera la place des CRI dans cette nouvelle configuration ? Justement, l'un des apports majeurs du projet de loi réside dans le fait de vouloir converger l'ensemble des actions liées à l'acte de l'investissement. C'est ainsi que le conseil d'administration du CRI comprend les administrations impliquées dans le processus de l'investissement. Aussi, ces administrations seront tenues de designer des représentants au sein des sièges des CRI. Le texte de loi veut canaliser, par le biais des CRI, les différentes interventions en matière d'investissement privé au niveau régional que ce soit sur le plan stratégique (élaboration des plans de développement) ou sur le plan opérationnel à travers le traitement des dossiers d'investissement, l'accompagnement des investisseurs et le suivi des projets réalisés.