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Coopération : «Les échanges économiques entre le Maroc et le Canada continuent d'être en deçà de nos attentes»
Publié dans Finances news le 28 - 06 - 2012

Les relations bilatérales entre les deux pays se sont renforcées au cours des dernières années.
L'accord de libre-échange entre les deux pays est en cours de négociations et devra être conclu d'ici l'année prochaine.
Son excellence Christopher Wilkie, ambassadeur du Canada au Maroc, affirme que le commerce et l'investissement s'imposent aujourd'hui comme les piliers des relations bilatérales entre le Royaume et le Canada.
- Finances news hebdo : Les relations bilatérales entre le Maroc et le Canada se sont renforcées ces dernières années. Quel regard portez-vous sur cette relation ?
- Christopher Wilkie : Comme vous le savez, nous célébrons cette année le cinquantenaire de nos relations diplomatiques. Vous avez tout à fait raison de mentionner que nos relations se sont progressivement renforcées et connaissent une nouvelle dynamique. Je souhaiterais à ce titre souligner le voyage historique qu'a effectué notre Premier ministre Stephen Harper en janvier 2011. Il a formellement lancé les négociations d'un accord de libre-échange entre nos deux pays et insufflé une nouvelle dynamique à nos relations. Aujourd'hui, cet accord est en cours de négociations et nous sommes confiants qu'il sera conclu d'ici l'année prochaine.
Depuis la visite de notre Premier ministre, la présence canadienne s'est faite plus importante aux grandes manifestations marocaines.
D'ailleurs, c'est à titre de «pays à l'honneur» que le Canada a participé à la 7ème édition du Salon International de l'Agriculture au Maroc «SIAM 2012» qui s'est tenu à Meknès du 25 au 29 avril 2012. Cette participation a été rehaussée par la présence de notre ministre de l'Agriculture M. Ritz à la tête d'une importante délégation officielle ainsi que de 16 entreprises exposantes représentant plus de 7 provinces canadiennes.
De plus, le Canada s'est vu décerner deux récompenses lors de ce salon; la remise d'un certificat pour la contribution du Canada dans le cadre de la Forêt Modèle et celle du trophée du meilleur stand au pôle international par le Prince Moulay Rachid. Ce salon a été l'occasion de signer un protocole d'entente (MOU) en coopération agricole.
L'Ambassade était également présente au Marrakech Air Show avec plus de sept entreprises canadiennes. Nous organisons chaque année le Salon canadien de l'éducation «Educanada» à Casablanca. La dernière édition s'est faite en présence de Perrin Beatty, président et chef de la Chambre de commerce du Canada et ancien ministre fédéral canadien. Beatty a choisi le Maroc pour son premier voyage en Afrique. A Educanada, il a prononcé un discours sur « l'Education et le développement économique, le modèle canadien». Cette édition a attiré plus d'une vingtaine d'institutions venant de sept provinces canadiennes.
De l'autre côté de l'Atlantique, les missions ont été tout aussi nombreuses. Le ministre Ahmed Chami et son successeur Abdelkader Aâmara ont tous les deux eu l'occasion de se rendre au Canada pour convaincre l'industrie aéronautique canadienne de l'offre marocaine. Le mois dernier, Karim Ghallab, président de la Chambre des représentants s'est rendu au Québec et a conclu une entente de partenariat avec l'Assemblée nationale du Québec.
Récemment dans le cadre des festivités du cinquantenaire, Abdellatif Maâzouz, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Marocains résidant à l'étranger, s'est déplacé avec son collègue Abdessamad Qaiouh, ministre de l'Artisanat. Ces festivités ont également été rehaussées par la présence de SAR la princesse Lala Hasna qui a inauguré à Montréal «Dar Al Maghrib» (Maison du Maroc) qui se veut un lieu ouvert de dialogue et d'échange multiculturel. Quelques jours plus tard, ce fut le tour du ministre des Affaires étrangère, Saad-Eddine El Othmani, de se rendre au Canada. Il a notamment rencontré son homologue John Baird. Les deux ministres ont échangé sur les questions bilatérales et l'Accord d'ALE en cours de négociation.
Comme vous pouvez le constater nos relations bilatérales connaissent un dynamisme inédit ces derniers mois. Je considère qu'aujourd'hui notre relation est plus mature, plus dynamique et empreinte de respect et d'amitié.
- F. N. H. : Quelle place occupe le Maroc dans la politique étrangère du Canada ?
- Ch. W. : Depuis l'instauration de nos relations diplomatiques il y a maintenant cinquante ans, le Maroc a toujours occupé une place privilégiée dans notre politique étrangère. Je souhaiterais rappeler que nous partageons et collaborons beaucoup.
Je souhaiterais commencer par mentionner le fait que nos populations sont étroitement liées. Le Canada, tout comme le Maroc, a franchi le seuil des 34 millions d'habitants. Aujourd'hui, plus de 100.000 Canadiens sont d'origine marocaine. Cette immigration date de plus de 50 ans lorsque, dans les années 60, les premiers Marocains de confession juive se sont installés au Canada. Ce n'est que dans les années 80 que la première immigration musulmane marocaine a commencé à s'établir au Canada. Aujourd'hui, presque 4.000 immigrants marocains s'installent au Canada chaque année. Au Québec, le Maroc est en tête des pays émetteurs. Pour accommoder nos populations, Royal Air Maroc propose jusqu'à 10 vols hebdomadaires entre Montréal et Casablanca. Toujours au sujet de nos échanges de populations, on estime qu'entre 2.000 et 3.000 étudiants marocains poursuivent leurs études au Canada et on estime que 15.000 Marocains sont des lauréats d'universités canadiennes. L'ambassade du Canada au Maroc travaille avec les réseaux et associations de lauréats des diplômés des Universités et collèges canadiens. Nous sommes fiers de ces lauréats qui gardent des attaches fortes avec le Canada et véhiculent les valeurs canadiennes. À travers leur rayonnement, ils contribuent au rayonnement du Canada.
Nos forces armées se retrouvent fréquemment sur plusieurs théâtres d'interventions sous des mandats de l'ONU. Ce fut le cas en Somalie, en Haïti, au Kosovo, en RDC et plus récemment en Côte d'Ivoire.
Le Canada et le Maroc partagent en commun la langue française comme outil et véhicule de communication. Nous sommes tous les deux membres de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Le Canada tient beaucoup à la Francophonie et y joue un rôle important puisqu'il dispose de 3 sièges (Canada, Canada-Québec, Canada-Nouveau-Brunswick) tandis qu'il n'en a qu'un au sein du Commonwealth. Même si le Canada est majoritairement anglophone, il est clair que le français, particulièrement au Québec, est un atout pour le Canada, et l'état des relations canado- marocaines est un parfait exemple qui illustre ce rapprochement.
Notre partenariat se manifeste également auprès des institutions financières internationales. Je souhaiterais rappeler qu'après la crise financière, le Canada a été le premier pays membre de la BAD (Banque Africaine du Développement) à augmenter les ressources disponibles à la Banque d'un facteur 3 en 2009. Cette contribution a directement bénéficié au Maroc car il est parmi les plus importants clients de la BAD. Par ailleurs, le Canada et le Maroc sont membres fondateurs et actionnaires de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) depuis 1991. Fait intéressant, c'est l'administrateur du Canada qui représente le Maroc au Conseil d'administration de cette institution. Créée en 1991, la BERD est une institution axée sur les projets et concentre ses efforts sur le développement du secteur privé et le renforcement des institutions propices au développement des marchés. Initialement, la BERD avait pour mission de soutenir les ex-pays communistes d'Europe de l'Est et de l'ex-URSS dans leur transition vers l'économie de marché. Aujourd'hui, la BERD affirme vouloir accompagner les pays arabes dans leur processus de démocratisation. Ainsi, la BERD est sur le point de retenir le Maroc comme pays d'opération et prévoit d'investir dans le Royaume par le biais d'un fonds spécial. Le Canada est donc fier de représenter le Maroc à cette institution et de l'accompagner dans son processus de pays d'opération récipiendaires d'investissements. À la dernière réunion du G-8, la BERD avait annoncé la possibilité d'octroyer des milliards de $ à la région très prochainement.
Finalement, je voudrais mentionner que les institutions financières canadiennes sont de plus en plus intéressées par le Maroc. Depuis deux ans, EDC (Exportation et développement Canada), qui est l'Agence officielle du Canada offrant aux entreprises canadiennes des crédits et une assurance à l'export, avec pour objectif d'accompagner les entreprises canadiennes dans leur développement à l'international, effectue de nombreuses visites au Maroc et espère pouvoir prochainement mettre à disposition des mécanismes en mesure d'accroître notre commerce et nos investissements au Maroc.
- F. N. H. : Vous êtes au Maroc depuis deux ans ; quelle analyse faites- vous des changements politiques et économiques que notre pays a connus ?
- Ch. W. : Si je devais analyser les changements politiques et économiques du Maroc, je dirais qu'il s'agit d'un pays qui a su gérer dans le contexte du printemps arabe son évolution politique et démocratique et apporter les réponses et les réformes nécessaires. Sur le plan économique, pour le Canada, le Maroc est perçu comme un pays stable, ayant une position géographique privilégiée et ayant opté pour la mondialisation et les bons choix économiques. En outre, le cadre macro-économique globalement assaini de l'économie marocaine et son profil de croissance relativement soutenu, conjugués aux réformes pour soutenir le développement du secteur privé, incluant les PMEs, qui sont toujours une force fondamentale pour la croissance économique et l'emploi, sont autant de facteurs qui font du Maroc un partenaire économique convoité.
- F. N. H. : Les échanges économiques entre les deux pays étaient en deçà de leur potentiel, il y a environ 2 ans ; qu'en est-il aujourd'hui ?
- Ch. W. : Pour moi, nos échanges économiques continuent d'être en deçà de nos attentes. Je peux vous assurer que le commerce et l'investissement s'imposent aujourd'hui comme les piliers de notre relation bilatérale avec le Royaume. Nous croyons et militons pour la mise en place d'un accord de libre-échange entre nos deux pays pour stimuler notre commerce et nos investissements. Comme vous le savez sans doute, le Canada et le Maroc ont achevé la semaine dernière à Ottawa le troisième cycle de négociations pour l'établissement d'un accord commercial de libre-échange entre les deux pays. Nous sommes confiants qu'un accord puisse être conclu dans la prochaine année et qu'il sera mutuellement avantageux pour nos deux pays.
Toutefois, la présence canadienne au Maroc continue de croître et nécessite de réclamer cet accord de libre-échange. Modeste pendant de longues années, elle connaît un nouveau dynamisme. Il est utile de souligner à ce titre la présence au Maroc de deux fleurons de l'industrie canadienne. Tout d'abord, la firme SNC-Lavalin, l'une des cinq plus importantes firmes au monde d'ingénierie et de construction. SNC- Lavalin cherche à travers son implantation au Maroc à saisir les opportunités qu'offre le pays en matière d'investissement, de gestion déléguée ou encore de réalisation dans les secteurs de l'énergie, l'environnement et les infrastructures. L'autre fleuron de notre industrie à s'installer au Maroc est le constructeur aéronautique canadien Bombardier, troisième avionneur mondial après Airbus et Boeing. Il vient d'annoncer un important investissement de 200 millions $US pour l'établissement d'une unité de production industrielle de nouvelle génération dans le Royaume. Le PDG de Bombardier Aéronautique, Guy Hachey, qui a personnellement effectué le déplacement au Maroc, a signé avec le gouvernement marocain un mémorandum d'entente pour la création de cette unité qui, d'ici 2020, va créer quelques 850 emplois directs. On estime que 4.000 emplois indirects résulteront de cet investissement. Il s'agit du plus important investissement direct étranger au Maroc depuis celui de Renault à Tanger il y a cinq ans.
Toujours au titre des investissements canadiens au Maroc, mentionnons l'enseigne hôtelière canadienne «Four Seasons» qui s'implante pour la première fois au Maroc, à Marrakech plus précisément. L'hôtel a été inauguré en novembre 2011 et compte 140 chambres de luxe et 40 riads et villas. L'investissement global est estimé à 116 millions de dollars. Autre présence mais plus ancienne cette fois, le Collège LaSalle qui est une institution leader dans l'enseignement professionnel et technique au Canada. Elle s'est implantée au Maroc en 1989. Elle compte aujourd'hui 4 campus dans le Royaume (Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger) et quelques 1.500 étudiants. C'est la plus importante école du groupe à l'international. Les franchises canadiennes au Maroc connaissent elles aussi du succès. Plus d'une quinzaine sont présentes au Maroc avec plus d'une trentaine de points de vente. Les secteurs concernés sont la réparation automobile, le prêt-à-porter, les cosmétiques, la chaussure, les services aux entreprises et la restauration rapide. Beaucoup de ces franchises sont d'ailleurs présentes au «Morocco Mall» de Casablanca.
Voilà, durant ces cinquante années, plusieurs projets ont vu le jour et ont été menés à terme, des visites de haut et très haut niveaux ont été effectuées dans les deux pays et ont abouti à des échanges encore plus étroits. Ensemble, nous avons parcouru un long chemin. Plusieurs défis nous attendent aujourd'hui et nous avons la prétention de développer encore plus les liens qui nous unissent.
Propos recueillis par L. Boumahrou


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