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Entretien : «L'Afrique demeure considérée comme un pays à risque, ce qui n'est pas vrai !»
Publié dans Finances news le 16 - 10 - 2014

Honorant de sa présence l'ouverture du 9ème Forum pour le développement de l'Afrique, organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), le président du Sénégal a soutenu l'idée que les solutions traditionnelles pour le financement du développement ne sont plus adaptées aux besoins du continent. Macky Sall dévoile au micro de Finances News Hebdo quelques pistes qui méritent d'être étudiées.
Finances News Hebdo : Vous avez soutenu l'idée que les moyens de financement classiques ont atteint leur limite en Afrique. Quelles sont les pistes qu'il faut explorer ?
Macky Sall : Aujourd'hui, la gouvernance est déterminée par des règles édictées au lendemain de la création des institutions de Bretton Woods. A l'époque, la plupart de nos Etats africains n'étaient même pas indépendants. A l'avènement de l'indépendance, nous devions subir des règles strictes qui, il est vrai, ont été édictées pour la discipline, notamment sur le taux d'endettement, les plafonds, les procédures, etc...
Aujourd'hui, il est établi que nos besoins en croissance, nos besoins en développement sont en inadéquation totale avec ces règles. Il faut donc qu'ensemble, qu'il s'agisse de pays africains, des pays en développement et institutions partenaires, nous réfléchissions à des mécanismes nouveaux.
Surtout que l'appui au développement qui était, depuis les années 70, 80 et 90, le moyen le plus usité pour le financement du développement, ne fait plus ses preuves puisque les pays qui aidaient sont eux-mêmes en crise !
Par conséquent, l'aide publique diminue, les besoins de la croissance augmentent, la population augmente, et les citoyens ont besoin de résultats !
Donc, non seulement il nous faut chercher des solutions alternatives au financement du développement mais aussi diversifier l'offre de financement, et c'est l'idée que nous défendons tout en appelant à maintenir la coopération traditionnelle avec nos partenaires de toujours. Mais il faut aussi diversifier les partenariats et, surtout, développer le partenariat public-privé. Cela suppose déjà une certaine législation. Il faut également structurer l'apport énorme de la diaspora africaine qui se chiffre à 50 milliards de dollars par an, soit plus que deux fois l'aide au développement !
Aussi, faut-il étudier toutes les possibilités qu'offrent les financements islamiques, développer l'épargne locale africaine... Ce sont autant de pistes qui méritent d'être creusées afin d'aller vers un nouvel ordre mondial de la gouvernance et de nouvelles règles au fait des rapports entre pays.
F.N.H. : Vous avez appelé de vos voeux à lever les freins au financement du développement, notamment le plafond à l'endettement. Cet élan à l'endettement est-il salutaire ?
M. S. : Tout à fait, puisque nos pays, même s'ils ont encore la possibilité de s'endetter, rencontrent souvent des restrictions, des rugosités et des blocages de cet élan vers l'endettement. On argue toujours le fait qu'il faut éviter la dette pour qu'elle ne devienne insupportable. Ceci est vrai dans une certaine mesure, néanmoins, il y a des gardes-fous qui témoignent que nous sommes encore loin des taux d'endettement des pays développés.
Et comme nous avons encore de plus grands besoins, puisque nous n'avons pas aussi bénéficié de plans Marshall ni de plans spéciaux, il est normal que l'Afrique puisse décloisonner et aller au-delà de ce qui est permis aujourd'hui, bien entendu dans le respect de la soutenabilité de la dette, et d'accéder au marché financier international.
Pour y arriver, il faut revoir tout le système de notation et de cotation aussi qui font que, finalement, l'Afrique demeure considérée comme un pays à risque, alors que ce risque n'est pas aussi important !
Tout un travail de plaidoyer et de partage est à faire dans le cadre d'un partenariat rénové !
F.N.H. : En évoquant la question d'un partenariat rénové, le Maroc et le Sénégal sont des alliés de taille l'un pour l'autre. Dans quelle perspective s'inscrivent les relations bilatérales séculaires dans cet objectif commun de développement de l'Afrique ?
M. S. : Nous avons des relations excellentes, séculaires pour vous reprendre, dues à la religion, à la culture, à la géographie et à une histoire.
Aujourd'hui, ces mêmes relations sont entretenues par SM le Roi et moi-même et elles transcendent nos passages. Et nous avons ensemble un commun destin de renforcer ces relations privilégiées avec le Maroc. C'est la raison de notre présence, grâce à l'invitation de SM le Roi.
F.N.H. : On a évoqué Casa Finance City comme hub financier permettant d'intégrer l'Afrique à la place financière internationale. Y a-t-il d'autres mesures concrètes du genre prises par les autres pays africains dans ce sens ?
M. S. : Vous savez que les banques marocaines sont assez présentes sur le continent à travers leurs filiales. Le lien se fera certainement à travers ces véhicules financiers et la place de Casablanca.
Africa 50, qui est un fonds de la BAD pour les infrastructures, logé à Casablanca, va constituer également un autre moyen de rapprochement.
Mais le Maroc a une position privilégiée, celle d'être l'interface avec le Moyen-Orient par le biais de la culture, pour la mobilisation des ressources des fonds souverains des pays arabes en direction de l'Afrique.
Ces pays ont besoin d'investir et le Maroc connaît mieux que quiconque la réalité africaine. Je pense qu'il y a nécessité de créer le lien et faire le mariage entre tous ces fonds qui cherchent des investissements sûrs et rentables, et les pays africains qui ont besoin de moyens financiers pour assurer leur développement.
Donc, c'est dans la coopération de tous les jours que nous allons donner corps à cette volonté commune.


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