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Entretien : «Je ne suis pas orienté par le nihilisme»
Publié dans Finances news le 22 - 04 - 2010

* «Zizouna» est le nouveau roman édité par la maison d’édition française «Les points sur les i» de l’auteur marocain Jaouad El Benaissi. Nous avons recueilli les impressions de ce jeune écrivain sur son roman.
- Finances News Hebdo : Tout d’abord, dans quelle lignée littéraire peut-on situer ton roman «Zizouna» ?
- Jaouad El Benaissi : Il m’est un peu difficile de répondre à cette question avec une garantie d’objectivité. Car je n’arrive toujours pas à me faire une certaine distance vis-à-vis de l’œuvre. Toutefois, les remarques ayant été formulées par certains critiques littéraires me poussent à prendre le risque de dire que « Zizouna » fait partie de cette littérature de refus qui n’est absolument pas destinée aux lecteurs qui aiment lire quelque chose de doux avant de se coucher le soir. Et là, je tiens à préciser que le refus dont il s’agit est loin d’être orienté par une vision nihiliste. Au contraire, c’est le refus de l’injustice sociale, de l’escroquerie politique, de la hogra et qui traduit une véritable volonté de contribuer à un changement positif. Non, je ne suis pas anarchiste. Et j’ai horreur de refuser juste pour refuser. Je crois que le message de Zizouna n’est pas autre chose que cela !.
- F. N. H. : Comment, à ton avis, le handicap de l’héroïne de ton roman serait il plus éloquent pour traduire ses souffrances ?
- J. E. B. : Le handicap de l’héroïne est exactement celui d’une société dont on a coupé la langue à coups de crainte et de contrainte. Le despotisme qui a marqué les dernières décennies de nos sociétés maghrébines, en général, a donné naissance à une majorité silencieuse qui boycotte la chose publique et vit dans une sorte d’autisme, en marge de l’évolution du monde. Mais cette société n’est pas morte. Elle a un cœur qui bat. Elle a une vie, des traditions, des aspirations légitimes de vivre dans la dignité, des rêves et surtout une envie d’accéder à la citoyenneté. Mais elle n’en peut plus d’avoir affaire à des politiques arrivistes qui ne se rendent compte de sa présence que lors des occasions électorales.
Voilà donc comment j’ai essayé de jeter la lumière sur la rugosité de la vie quotidienne de cette « société d’en bas » dont je suis issu. Et ce, à travers l’histoire de «Zizouna», une femme qui se trouve être à la fois sourde et muette. Se mettre dans la peau d’une personne présentant ces caractéristiques afin de faire entendre ses souffrances intérieures, était pour moi un exercice difficile. Mais agréable aussi !
- F. N. H. : Enfin, une liaison est faite entre « Zizouna» et l’histoire des Juifs au Maroc. Qu’est-ce que cela veut traduire à vos yeux ?
- J. E. B. : Zizouna a été trouvée sur un trottoir. Et c’est une famille juive du vieux quartier du Mellah qui l’a adoptée. Mais au bout de quelques années, cette famille a dû, comme la plupart des juifs marocains, quitter le Maroc pour Israël. Alors, à un âge très jeune, Zizouna a été happée par les réseaux de prostitution et de criminalité dont le Mellah de Sefrou était devenu le théâtre. Devrais-je rappeler qu’à une certaine époque, les Juifs constituaient la majorité de la population à Sefrou où ils tenaient le commerce, l’agriculture, l’artisanat, etc. Les rapports avec les Musulmans étaient fondés sur l’amour et le respect mutuels. Ma mère m’a raconté que les femmes des deux religions faisaient volontiers garder leurs enfants les unes par les autres. De tout cela il ne reste plus que des souvenirs dans la mémoire collective ainsi qu’un patrimoine architectural de plus en plus détérioré. En en parlant dans ce roman, je voulais rendre hommage à ces enfants du pays dont ce dernier a vraiment besoin !


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