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Entretien : «Notre économie a besoin d’une diversification urgente des secteurs et des acteurs»
Publié dans Finances news le 03 - 06 - 2010

l Depuis le début de l’année, les questions qui se murmurent concernent la sortie de crise. Quand les rapports officiels tentent de calmer les craintes, certains analystes continuent de tirer la sonnette d’alarme. Que devons-nous donc penser de l’après-crise ? Comment devons-nous analyser l’effondrement de l’Euro ? Quelles sont les réformes nécessaires au développement économique et financier du pays ?... Autant de questions auxquelles El Mustapha Belkhayate, Expert en finance internationale, répond en apportant sa vision sur ce qui fait l’actualité des marchés financiers internationaux et leurs impacts sur le Maroc.
- Finances News Hebdo : Pensez-vous que la crise est derrière nous et que nous abordons le début de la reprise ?
- El Mostafa Belkhayate : Il faut oublier définitivement la notion de reprise. Et arrêter de rêver. Nous sommes entrés depuis plusieurs années déjà dans une zone de turbulence et tout est orchestré pour nous baigner dans l’illusion du fameux rebond … qui est loin d’arriver.
Il est essentiel de comprendre que, désormais, les gouvernements civils ont perdu le contrôle sur l’architecture financière mondiale. C’est un petit groupe d’entreprises élites, bénéficiant du soutien de la puissance militaire américaine, qui fait ce qu’il veut sur cette planète et sur les marchés financiers.
- F. N. H. : Comment pouvez-vous avancer quelque chose d’aussi terrible avec autant de certitude ?
- E. M. B. : Je partage ma conviction et mes 20 années d’expérience sur les marchés. Leur écroulement en 2008-2009 est dû tout simplement à une fraude financière de grande ampleur cautionnée par des institutions américaines qu’on n’aurait jamais soupçonnées. Et le remède qu’elles ont proposé est le hold-up du siècle : ces mêmes institutions en ont profité pour organiser le plus grand transfert de richesse au monde.
- F. N. H. : A votre avis, la situation de la zone Euro engendrée par la crise grecque aura-t-elle des répercussions sur le Maroc ?
- E. M. B. : Ce n’est pas la crise grecque qui va impacter notre pays, mais bien ce dont je parle plus haut : un chamboulement planétaire dans tous les domaines, financier, immobilier, industriel, social … Nous devons rester vigilants et étudier avec sérieux les alternatives d’un tel drame. Et, surtout, arrêter de prendre pour argent comptant les analyses des soi-disant experts américains, ou même européens. Les média sont l’instrument qui a permis cette situation et sera l’outil de base pour tenter de nous plonger le plus longtemps possible dans l’illusion.
Le Maroc doit s’attendre à recevoir un énorme uppercut. Puis un autre … Pour être prêts à encaisser, nous devons non seulement être bien préparés mais surtout savoir comment répliquer.
Ma proposition est de rassembler l’élite marocaine nationale et internationale pour un congrès urgent qui aura un thème du genre.
«Donc, que doit faire le Royaume pour faire face au TGV qui nous fonce droit dessus ?».
Surtout ne pas continuer à jouer à l’autruche, ne rien faire et prier que le train nous évite.
Nos dirigeants doivent savoir qu’ils ne pourront pas se réfugier derrière la crise mondiale... pour justifier leur manque d’initiative et de compétence. Ils doivent assumer leur responsabilité aujourd’hui pendant qu’il est encore temps pour protéger au mieux possible le citoyen. L’enjeu est trop important pour le laisser entre des mains frileuses. IL NOUS FAUT REAGIR. Et tout de suite.
- F. N. H. : Cette crise a sensiblement impacté la valeur de l’Euro face au Dollar; s’agit-il d’une incidence conjoncturelle ou bien d’un acheminement vers la hausse de la monnaie américaine ?
- E. M. B. : Pour répondre avec précision à cette question, très importante pour les opérateurs marocains, il faut commencer par expliquer pourquoi la mondialisation détruit les économies nationales, telles que la nôtre.
Toutes les crises financières ont la même origine : un déséquilibre entre l’offre et la demande. Et la mondialisation génère une offre croissante de biens et services grâce aux gains de productivité ; tout en maintenant une demande décroissante puisque les bénéfices ne sont pas équitablement distribués : seule une minorité de plus en plus riche s’accapare de la vie, sans aucune conscience pour les autres consommateurs de plus en plus pauvres, endettés et pris dans le piège du crédit.
Le fameux libre-échange est une escroquerie à grande échelle qui va mettre à genoux nos braves entrepreneurs. Ils auront beau combattre, le jeu est truqué. Il suffit de demander à un producteur marocain, au hasard, soit dans l’agriculture, le textile, le tourisme, etc. Aucun ne peut dire que la mondialisation ne l’étouffe pas.
Dernièrement, l’Euro a été attaqué fortement. La Grèce n’a été qu’un prétexte. Le manipulateur est l’Amérique. C’est simple et de bon sens : on ne cherche pas à détruire la devise européenne, mais juste à décourager les Arabes, Chinois et Russes, très grands détenteurs de dollars, de commencer à considérer que l’Euro pourrait être la devise alternative au Dollar mourant. Non, il fallait montrer urgemment qui est le maître du monde. Car la situation devenait périlleuse : la confiance dans la civilisation américaine même commençait à s’écrouler. Il fallait frapper fort et vite. Je rappelle que la réserve américaine, la plus grande banque au monde, contrôle directement et indirectement, à travers JP Morgan, Merryl Lynch, Goldman Sachs, le FMI et Cie plus de 75% de la fortune planétaire. C’est un gag pour elle de faire joujou avec le petit bébé qu’est l’Euro.
Nous avons cru participer de manière positive à l’histoire lorsque le GATT a été signé chez nous à Marrakech, mais en réalité c’était le début de la décadence de la souveraineté des Etats signataires. Il nous faut les rassembler de nouveau à Marrakech, mais cette fois-ci pour nouer entre nous des liens totalement en dehors du «Libre Echange». Des liens qui respectent la particularité de chaque pays signataire pour lui permettre de se développer sainement.
Bref, le Dollar ne pourra à terme continuer à être manipulé de la sorte. Les grands détenteurs commencent à y voir clair… et la dernière offre qui a été faite par le FMI à travers son directeur français DSK, ne va certainement pas être acceptée : il propose la création d’une devise mondiale et d’une banque mondiale. Autrement dit, que l’Euro se disolve dans le Dollar. Une blague… mais pourquoi ne pas essayer ? Jusqu’à présent, plus c’est gros, plus ça passe…
Pour moi, le Dollar va perdre au moins 35% de sa valeur dans moins de 5 ans.
- F. N. H. : Vous avez toujours prévu une ascension des prix de l’or ; cette progression devra-t-elle se poursuivre encore ?
- E. M. B. : L’or va progresser avec puissance et à un niveau qui va surprendre le monde entier. La raison est simple : le système financier actuel n’est plus fiable. Et la solution proposée est une autre arnaque. La seule monnaie qui ne s’imprime pas est l’or. Il est en train d’être stocké en lieu sûr chaque jour par des investisseurs qui ne veulent plus du Dollar. Aujourd’hui, l’once est à 1.215 dollars, contre 275 dollars en 1999. Dans 5 ans, l’once vaudra plus de 4.500 dollars.
- F. N. H. : Le Maroc possède peu de réserves de ce métal précieux comparativement à d’autres pays similaires ; quelle est votre analyse de cette situation sur l’économie nationale et le marché monétaire ?
- E. M. B. : Comme vous le savez, j’ai été très déçu par notre Banque centrale qui n’a jamais voulu étudier mes nombreuses propositions d’achat d’or physique. La gestion du stock d’or d’un pays est hautement stratégique et ne doit surtout pas rester statique sur des trentaines d’années. Elle doit être dynamique et s’adapter à la situation réelle du marché. Le gérant or de notre pays a entre les mains l’avenir de tout un peuple. Il doit en être conscient et en assumer pleinement la responsabilité. Chaque année, ce sont des milliards de dollars, en plus ou en moins, qui sont en jeu.
La voilà, la parade du gouvernement contre la crise à venir. Nous devons acheter un maximum d’or physique, car toutes les devises vont baisser contre le métal jaune. Rassemblons l’élite marocaine de Chicago, New York et Londres et posons deux questions :
«Le Royaume doit-il acheter de l’or ? ».
«Si oui, combien par rapport à ses réserves de change ? ».
A l’époque, on m’avait rétorqué qu’il fallait un Conseil des ministres pour toucher à notre réserve d’or. Alors, que ce Conseil convoque l’élite marocaine à Rabat…
- F. N. H. : Pourquoi la Bourse de Casablanca reste-t-elle en méforme, alors que les fondamentaux des principales sociétés cotées sont très positifs ?
- E. M. B. : Le marché financier marocain reflète exactement ce qui se passe dans le monde : une minorité de plus en plus riche et la majorité qui peine, qui s’endette pour acheter un logement, une voiture… Peu d’opérateurs font la Bourse de Casa. Ils se connaissent tous et donc pas de surprise. Un seul opérateur peut changer le cours de la plupart des actions. L’économie marocaine est sur la bonne voie, surtout depuis l’accession au Trône de Mohammed VI, mais elle a besoin de diversification urgente tant au niveau des secteurs que des acteurs. L’immobilier et le tourisme vont souffrir… Innovation et initiative seront les maîtres-mots de l’économie marocaine moderne. Internet y jouera un rôle décisif.
- F. N. H. : Estimez-vous que la place boursière a besoin de certaines réformes ?
- E. M. B. : Voici entre autres les premières idées :
1) Commencer par intégrer le marché de l’or à la Bourse marocaine. C’est indispensable. On y arrivera tôt ou tard, alors pourquoi pas dès aujourd’hui ?
2) Assurer une promotion plus agressive à l’international pour notre place boursière. Etre présent dans la majorité des salons de l’investissement ;
3) Inviter régulièrement des gérants de fonds en quête de marchés émergents et leur montrer leurs intérêts ;
4) «Se battre» avec les autorités qui donnent une cote au pays pour améliorer chaque année la solvabilité de notre place. C’est essentiel, car plusieurs investisseurs internationaux commencent par cette note pour considérer un placement dans un pays;
5) Offrir des avantages considérables aux capitaux marocains venant de l’étranger ( de manière à intéresser les milliards qui dorment en Suisse et ailleurs).
- F. N. H. : Pensez-vous que la Bourse de Casablanca est assez mature pour accueillir un marché à terme ?
- E. M. B. : Il faut commencer un jour… oui. Casablanca peut lancer un contrat à terme sur le Madex, par exemple, pour permettre la spéculation et la couverture des portefeuilles.
Pourquoi pas un contrat sur le phosphate et sur les bons de Trésor ?
En tous les cas, ce sera un grand jour pour le marché financier marocain
- F. N. H. : Quelles sont alors les mesures qui doivent accompagner la mise en place du marché à terme pour en assurer le succès ?
- E. M. B. : Au niveau technique, nous sommes bons. C’est au niveau promotionnel que nous risquons de manquer de punch, peut-être de moyens financiers. Pourtant, c’est là qu’on doit être agressif. La promotion et la communication doivent être parfaites. Car tout le Royaume va en bénéficier. Il nous faut être présents sur tous les média financiers internationaux, TV, presses écrite et online et faire plusieurs reportages sur le nouveau dragon de l’Afrique.


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