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Le quotidien infernal dans les hôpitaux psychiatriques au Maroc
Publié dans H24 Info le 05 - 09 - 2022

A Tit Mellil, l'hôpital psychiatrique Arrazi ne dispose que d'un seul psychiatre pour 145 patients. Un chiffre alarmant, à l'image de l'état de la prise en charge de la santé mentale au Maroc.
Au Maroc, en matière la prise en charge de la santé mentale; le fossé est immense entre secteur public et secteur privé. C'est ce que dévoile le quotidien Le Matin dans un reportage réalisé à l'hôpital psychiatrique Arrazi de Tit Mellil. L'établissement ne compte qu'un seul psychiatre (également directeur de l'hôpital) pour 145 patients. Dr Khalid Ouqezza s'occupe ce jour-là du patient M. X., jeune homme de 33 ans, marié et père d'un enfant de 8 ans.
Depuis sept ans, cet infographiste de formation est régulièrement admis dans cet hôpital pour soigner une maladie liée à l'addiction à la drogue qui provoque chez lui des comportements violents. Accompagné de quelques infirmiers, le médecin l'aide dans un premier temps à retrouver son calme dans le pavillon des personnes à risque. Une fois stabilisé, il est reconduit au pavillon des malades dont on prépare la sortie. Pris en charge au sein du service d'addictologie, il quitte l'hôpital après avoir reçu un traitement. Malheureusement, le suivi nécessaire à sa guérison n'est pas assuré. Le patient sera de nouveau ramené à l'hôpital en cas d'accès de violence.
L'addiction à la drogue n'est pas la seule cause d'admission en service psychiatrie. La plupart des patients, dont la majorité des jeunes. Ils y sont soignés pour schizophrénie. Il s'agit d'une distorsion de la pensée et de la perception. L'individu perd alors tout contact avec la réalité. Une maladie qui touche aujourd'hui 1% de la population, selon Dr Mohamed Hachem Tyal, psychiatre et psychanalyste. Les symptômes de la schizophrénie apparaissent à l'adolescence et nécessite une prise en charge lourde. Il y aussi d'autres pathologies traitées par l'établissement comme les troubles bipolaires ou encore l'anxiété.
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Le problème: l'absence de conditions favorables à la guérison dont l'accès au privé est synonyme de coûts exorbitants. Dans le public, les patients, dont le nombre ne cesse d'augmenter, ont du mal à accéder aux soins. Le personnel médical est d'ailleurs en sous-effectif, sans compter le manque d'hygiène et d'activités, d'espace, de confort ou simplement d'intimité. A l'inverse, la clinique privée dispose de différentes spécialités avec des soignants qualifiés. Elle propose à chaque patient d'exercer plusieurs activités, ce qui facilite sa guérison. Mais à quel prix? Entre 2000 et 3000 DH par jour. A ce prix, le nombre de malades hospitalisés est évidemment faible comparé au service public.
Autre problème: le manque d'accès aux médicaments qui doivent normalement être mis à a disposition des patients gratuitement. «Ma fille souffre d'un trouble psychiatrique depuis 7 ans et cela fait pratiquement trois mois qu'elle n'a pas pris son traitement», s'inquiète une maman relayée par le média qui mentionne d'autres cas similaires. En visite dans les locaux de stockage de médicaments, Le Matin constate pourtant une disponibilité des produits en grande quantité.
Le directeur de l'établissement, Dr Ouqezza, justifie cela par le fait la rupture touche seulement certains produits. «Le problème est qu'il est difficile de remplacer un médicament en rupture de stock par un autre, au risque de perturber le traitement», soulève-t-il. Les familles déplorent aussi les prix élevés des médicaments qui « peuvent coûter jusqu'à 1.000 DH, voire plus, sachant qu'il y a une injection qui se fait par mois et qui coûte entre 2.500 et 3.000 DH », explique le médecin.
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Si les soins et les médicaments nécessaires au traitement des malades placés sous surveillance d'un médecin de la santé publique sont à la charge de l'Etat, l'hospitalisation dans une clinique privée est rarement remboursée par les compagnies d'assurance qui n'acceptent que 40% maximum des frais déclarés. La famille doit payer la totalité des frais dès l'admission du patient dans la clinique. Puis, ils doivent demander le remboursement, en ayant vérifié au préalable que la compagnie d'assurance prend bien en charge ce type de pathologie. Les spécialistes appellent en ce sens à renforcer le mécanisme de remboursement des soins du côté des compagnies d'assurance.
Pour rappel, le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, avait annoncé les chiffres suivants concernant les différentes ressources humaines en santé mentale dont dispose le Maroc:
343 psychiatres et 214 psychologues, dont 200 exerçant dans le secteur privé;
1335 infirmiers psychiatriques;
16 pédopsychiatres;
14 assistants sociaux;
64 médecins formés à la prise en charge des addictions;
197 orthophonistes;
36 psychomotriciens.
Ces données sont très inquiétantes pour un pays comme le Maroc qui ne peut assurer la prise en charge de la maladie mentale avec des quotas aussi bas. Le dernier rapport du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) dévoile que la capacité d'accueil dans les hôpitaux marocains est de seulement 2136 lits pour 150.000 personnes souffrant de maladies mentales. Depuis 2016, 50.000 nouvelles personnes atteintes de troubles mentaux ont été estimées.


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