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Situation de Rabie El Ablak : le ton monte entre la DGAPR et l'AMDH
Publié dans Hespress le 24 - 10 - 2019

C'est une véritable polémique qu'a déclenchée la situation du détenu du Hirak, Rabie El Ablak, en grève de la faim. Son état de santé se serait détérioré et susciterait une vive inquiétude, selon l'Alliance démocratique pour la libération des détenus politiques et la fin de l'embargo sur le Rif, qui a dans ce sens saisi le délégué général à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Saleh Tamek, et avant lui, plusieurs autres responsables. La DGAPR est d'un tout autre avis, et le fait savoir.
Après la publication par le collectif de la lettre adressée à Tamek, dans laquelle il demande l'autorisation de rendre visite à Rabie El Ablak, détenu à la prison de Tanger, après une condamnation à 5 ans de prison dans le cadre des événements du Rif, et qui observe depuis le 1er septembre 2019 une grève de la faim, la DGAPRn'a pas tardé et à réagir.
Allégations mensongères
Le son de cloche n'est pas vraiment le même du côté de l'administration de Tamek, qui assure dans une mise au point rendue publique que « l'état de santé du détenu est normal ».
Tout en qualifiant les propos du collectif de « fausses allégations véhiculées dans les médias », la Délégation a fustigé certaines parties « qui prétendent la défense des droits de l'Homme ou des détenus dans le cadre des événements d'Al Hoceima« .
Elle a précisé à cet égard avoir déjà donné « plusieurs éclaircissements au sujet des conditions de détention » de Rabie El Ablak, confirmant ainsi « les données publiées précédemment sur la base des indicateurs biologiques obtenus suite à l'examen du détenu en question, réalisé le mardi 22 octobre 2019 directement après son réveil, étant donné que deux cadres du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), dont un médecin, lui ont rendu visite« .
S'en prenant à ce qu'elle appelle « les parties qui insistent à véhiculer ces allégations mensongères malgré la publication par l'administration pénitentiaire de plusieurs mises au point à ce sujet et en dépit de la visite des représentants du CNDH, qui est une institution constitutionnelle« , la DGAPR estime qu'elles « le font dans l'objectif d'exploiter la situation du détenu pour leurs propres intérêts et sans considération aucune des répercussions de la pression qu'elles exercent sur la santé physique et morale du pensionnaire en question et de ses pairs« .
« Ces parties n'ont trouvé d'autre moyen pour réaliser leurs visées que de dramatiser la situation, recourir à des méthodes inhumaines et immorales et utiliser le détenu comme moyen de propagande« , a accusé la délégation.
Et de rappeler de nouveau que « l'état de santé du détenu est normal comme le démontrent ses mouvements à l'intérieur de la cellule et dans la cour de promenade, et ce contrairement aux allégations mensongères relayées par certaines parties dans les médias« .
Droit de visite
Faux rétorque Aziz Ghali, président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et coordinateur du collectif.
« Rabie El Ablak en est à son 47è jour de grève de la faim, et nous savons de sources sûres et très proches que son état se dégrade« , assure le patron de l'AMDH au micro de Hespress FR.
Réfutant les « mensonges » contenus dans la mise au point de la DGAPR, il affirme que « le seul moyen d'en avoir le coeur net est de pouvoir rendre visite au détenu« .
« C'est tout ce que nous demandons, avoir l'autorisation de lui rendre visite et de constater de visu ce que prétend l'administration pénitentiaire, à savoir que son état est normal et qu'il effectue sa promenade quotidienne« , poursuit notre interlocuteur qui avance que « les caméras placées à l'entrée de la cellule du détenu peuvent nous éclairer sur cette question, alors qu'on nous montre les enregistrements« .
Aziz Ghali met, de même, en doute, les informations communiquées par la DGAPR, selon lesquelles El Ablak aurait reçu la visite d'un médecin du CNDH. « Pourquoi le CNDH n'a pas publié de communiqué sur cette visite ? Où est le rapport médical qui atteste de la bonne santé du détenu ? » s'interroge l'activiste.
Pour rappel, dans une sorte de lettre d'adieu publiée par son frère, Rabie El Ablak avait appelé les membres du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) à ne pas lui rendre visite, soulignant qu'ils « ne sont pas les bienvenus ». Idem pour « toute personne qui tenterait de discuter du sujet de la grève de la faim » avec lui, car sa réponse sera de « refuser ».
Ceci n'empêche pas cela, estime Aziz Ghali, « que la délégation nous autorise à lui rendre visite, quitte à ce qu'il refuse, on trouvera le moyen de l'approcher et de prendre des nouvelles de son état« .
Le spectre de Mustapha Meziani
Réitérant son inquiétude, le président de l'AMDH affirme qu' »arrivé au 50è jour de grève de la faim, El Ablak pourrait présenter des problèmes des tissus rénaux et du myocarde« .
« On ne veut pas d'un autre Mustapha Meziani, que nous avons perdu de la même manière. On ne veut pas d'autres victimes qui décèdent de la grève de la faim, mais surtout à cause de l'entêtement de l'administration« , martèle-t-il, soulignant que l'AMDH qui a déjà saisi Mohamed Saleh Tamek, attendra une réponse avant d'envisager d'autres formes de protestation qui peuvent aller du sit-in à la grève de la faim.
Pour notre interlocuteur, la solution c'est un retour aux sources, autrement dit, la réinstauration des commissions régionales et des rapporteurs spéciaux, qui peuvent avoir accès aux établissements pénitentiaires et « auxquels Tamek a mis fin à son arrivée à la tête de la DGAPR« .
« Ce n'est pas normal, l'AMDH est la seule association ayant un statut d'utilité publique, et qui ne devrait donc pas se voir interdire l'accès à des structures de l'Etat, sinon à quoi sert ce statut« , déplore Aziz Ghali en guise de conclusion.
Dans sa missive au délégué général, l'Alliance démocratique pour la libération des détenus politiques et la fin de l'embargo sur le Rif, invoque notamment l'article 20 de la Constitution qui stipule que « le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit« .


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