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Stress hydrique : Amara met en garde contre une crise « sans précédent »
Publié dans Hespress le 28 - 12 - 2025

Face à une raréfaction accélérée de la ressource, le Maroc est désormais confronté à une situation hydrique jugée « critique » et « sans précédent ». Tel est le constat dressé par Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui alerte sur un déséquilibre croissant entre l'offre et la demande en eau au cours des prochaines décennies. Malgré les investissements engagés depuis plusieurs années pour sécuriser l'approvisionnement du pays, le responsable estime qu'il faudra des « plans et investissements exceptionnels » pour éviter une aggravation durable de la crise.
S'exprimant à Casablanca lors d'une conférence consacrée aux barrages et au dessalement de l'eau de mer — intitulée « Le secteur du BTP au cœur de la vision royale pour la sécurité hydrique du Royaume » — Abdelkader Amara constate que la crise actuelle ne peut plus être assimilée à un simple épisode conjoncturel. Sous l'effet combiné du changement climatique et de la succession des années de sécheresse, elle revêt désormais un caractère structurel. « Le Maroc fait aujourd'hui face à une situation hydrique critique et inédite », a-t-il insisté, pointant un tournant historique dans la gestion de la ressource.
Des indicateurs particulièrement alarmants
Les éléments présentés par le président du CESE dessinent une tendance lourde. Les modèles climatiques disponibles montrent une baisse progressive des précipitations et une hausse des températures, avec pour conséquence directe la réduction des ressources en eau de surface comme des nappes souterraines. Dans ce contexte, la disponibilité annuelle en eau renouvelable par habitant a chuté à moins de 620 mètres cubes, contre 2 560 m3 en 1960.
Ce recul place le Maroc dans la catégorie des pays soumis à un stress hydrique structurel. Les niveaux de remplissage des barrages confirment l'ampleur du défi : à l'approche de la fin de l'année 2025, le taux moyen n'excède pas 31 %, un niveau jugé préoccupant au regard du rôle stratégique de ces réservoirs.
Cette contraction de l'offre intervient alors même que la demande progresse. La croissance démographique, l'expansion urbaine et la montée en puissance des activités agricoles, industrielles et touristiques exercent une pression accrue sur la ressource. À ce stade, souligne Amara, les projections « ne laissent guère entrevoir d'amélioration » sans une inflexion rapide et profonde des politiques publiques.
Les études du ministère chargé de l'eau évoquées par le président du CESE évaluent à 13 milliards de mètres cubes le volume annuel mobilisable à l'horizon 2050, soit une baisse de 11 % par rapport à 2020, tandis que la demande pourrait avoisiner 20 milliards de mètres cubes par an. L'écart attendu — un déficit supérieur à 7 milliards de mètres cubes — constitue, selon lui, une menace directe pour la trajectoire de développement du pays.
Ce diagnostic explique les orientations données par le roi Mohammed VI lors du discours d'ouverture du Parlement, le 14 octobre 2022, appelant à l'accélération du Programme national 20-27. Ce dernier englobe notamment le dessalement de l'eau de mer, la construction de nouveaux barrages, la réutilisation des eaux usées et l'extension des réseaux de distribution.
Pour tenter d'enrayer la spirale, Abdelkader Amara avance une série de recommandations. Il plaide d'abord pour la mise en place d'un plan national de gestion des épisodes de sécheresse, appuyé sur un système d'alerte précoce combinant indicateurs climatiques et hydrologiques, assorti de mesures graduées selon le niveau d'alerte. La coordination entre acteurs publics et territoriaux devrait, selon lui, être renforcée afin d'assurer une répartition équitable de l'eau entre usages agricoles, industriels et domestiques, tout en accordant la priorité à l'eau potable et à la sécurité alimentaire.
Il invite par ailleurs à la création d'une autorité indépendante de gestion des ressources hydriques, chargée d'arbitrer l'allocation entre secteurs et territoires et de proposer une politique de tarification « rationnelle », tenant compte de la rareté croissante de la ressource. Placée sous la supervision du Conseil supérieur de l'eau et du climat, cette instance serait appelée à garantir la cohérence des décisions avec les stratégies nationales.
Vers un nouveau « mix hydrique »
L'accélération des projets de dessalement de l'eau de mer s'impose, selon le CESE, comme l'un des leviers majeurs de l'anticipation. Objectif : bâtir un mix hydrique plus flexible et résilient, capable d'amortir les chocs climatiques. La réutilisation des eaux usées traitées, notamment dans l'agriculture et l'industrie, mais aussi pour la recharge des nappes, figure également parmi les pistes avancées. Les collectivités territoriales sont invitées à renforcer leurs capacités en matière de collecte et de traitement des eaux usées, ainsi qu'à investir dans la récupération des eaux pluviales.
Au-delà des infrastructures, le Conseil insiste sur la nécessité d'un changement des comportements. Le développement d'une véritable culture d'économie de l'eau passe, selon lui, par des campagnes de sensibilisation ciblant agriculteurs, industriels et ménages, et par l'intégration de l'éducation à la protection des ressources hydriques dans les programmes scolaires.
L'ensemble de ces mesures, estime Abdelkader Amara, conditionne la capacité du Maroc à assurer sa sécurité hydrique dans les décennies à venir. Faute d'actions rapides et coordonnées, le pays s'exposerait à une crise appelée à durer.


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