Par le biais du renforcement des ressources humaines et de l'établissement des Groupements Sanitaires Territoriaux, le ministère de la Santé et de la Protection Sociale réaffirme son engagement à améliorer l'accès aux soins. Ce mercredi, le département dirigé par Amine Tahraoui a présenté en détail les avancées significatives réalisées pour atteindre cet objectif. Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale, Amine Tahraoui, a présidé ce mercredi 30 avril 2025, à Salé, un atelier consacré à l'examen des avancées des projets et réformes liées à la modernisation du système de santé national. L'objectif de cette rencontre étant de procéder à une évaluation approfondie de ces initiatives et d'accélérer leur mise en œuvre. Au cours de cet atelier, les participants ont discuté des stratégies visant à valoriser et à motiver les ressources humaines dans le secteur de la santé, tout en présentant les grandes lignes du projet de création des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST). Détails. Principales avancées dans le domaine de la gestion des ressources humaines pour la période 2021-2025 Le ministère a conclu un accord-cadre avec le ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l'Innovation, ainsi que le ministère de l'Economie et des Finances, dans le but d'accroître le nombre de professionnels de la santé d'ici 2030. Cette initiative implique une augmentation significative de la capacité d'accueil des facultés de médecine, de pharmacie et de dentisterie, ainsi que des instituts supérieurs des métiers infirmiers et des techniques de santé, tant dans le secteur public que privé. Pour les cadres médicaux, des efforts ont été déployés pour augmenter les places pédagogiques dans les facultés de médecine. Tous les médecins ayant réussi les concours de recrutement ont la possibilité d'intégrer divers établissements sans condition de compensation. En parallèle, des mesures ont été prises pour améliorer les conditions des stages pratiques dans les centres hospitaliers régionaux et provinciaux, ainsi que dans les centres de santé, tout en élargissant les domaines de stage pour inclure toutes les institutions de santé sous tutelle ministérielle. Des missions de supervision ont également été instaurées pour assurer un suivi ciblé des étudiants en formation. De plus, une révision du décret relatif aux étudiants externes, internes et résidents a été engagée pour améliorer leurs conditions, et un partenariat a permis à deux promotions de médecins résidents de poursuivre leur spécialisation à l'Université Mohammed VI des Sciences de la Santé. Concernant les infirmiers, le ministère a augmenté le nombre de places dans la filière de la licence de 4.000 à 8.360 entre 2021 et 2024, traduisant une hausse de 109%, tout en passant de 117 à 243 filières. Dans la filière du master, les places pédagogiques ont été portées de 150 à 680 sur la même période, soit une augmentation de 353%, avec une transition de 5 à 31 filières. Pour la filière du doctorat, l'établissement de centres d'études est prévu à partir de l'année universitaire 2025-2026. Quant au renforcement de l'offre de soins, le gouvernement prévoit d'augmenter le nombre de postes budgétaires pour le recrutement de professionnels de santé, passant de 1.500 en 2017 à 6.500 d'ici 2025. Cela inclut une gestion régionale des ressources humaines, garantissant une répartition optimale nécessaire à l'ouverture de nouvelles institutions de santé et à la compensation des déplacements. En parallèle, le nombre de déplacements non actifs des médecins généralistes a été réduit à 86 en 2024, tandis que celui des infirmiers est passé à 156. Un total de 19 564 postes a été prévu pour les concours régionaux, incluant 1.637 postes pour médecins spécialistes, avec 241 spécialistes nommés en 2025. L'objectif est d'atteindre un ratio de 2 professionnels de santé pour 1.000 habitants d'ici 2025, et 4,45 pour 1.000 habitants d'ici 2030. Pour sa part, l'initiative de régionalisation renforce le rôle des directions régionales dans la gestion des ressources humaines et modernise 45 procédures administratives. Des canaux numériques seront également créés pour gérer les situations des professionnels de santé. Un système d'information est en cours de déploiement pour améliorer l'efficacité des groupes de santé territoriaux. Actuellement, environ 60% des situations administratives et financières des professionnels de santé sont régularisées, avec un objectif de 90% d'ici fin 2025. De plus, l'institutionnalisation de comités régionaux communs pour la coordination de la formation pratique, prévue par un décret du 5 septembre 2024, assurera une prise en compte des spécificités régionales depuis la planification de la formation jusqu'à l'emploi. Les GST au service d'un système de santé plus intégré, équitable et de qualité Au cœur des réformes de gouvernance en santé au Maroc se trouve la création des Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), instaurés par la loi n° 08.22 en juillet 2023. Ces entités visent à établir un système de santé intégré, efficient et équitable, garantissant l'accès universel à des soins de qualité. Cette transformation repose sur deux piliers : stratégique, incluant la restructuration institutionnelle et la gouvernance anticipative, et structurel, avec la création de nouvelles instances comme la Haute Autorité de Santé et l'Agence Marocaine du Médicament. Les GST auront pour mission d'améliorer l'accès aux soins, de réduire les disparités territoriales et de renforcer la coordination entre soins primaires et spécialisés. Chaque groupe disposera d'une autonomie administrative et financière, favorisant ainsi la mutualisation des ressources. Ils garantiront également la protection de la santé publique, l'organisation des urgences, et offriront des prestations complètes de soins. De plus, les professionnels de santé conserveront leur statut de fonctionnaires et bénéficieront d'un nouveau régime de rémunération basé sur la performance. Le développement des compétences sera encouragé par des formations pratiques et continues. Les GST soutiendront notamment la recherche en santé publique et la création de pôles d'excellence pour favoriser l'innovation. Par ailleurs, la structure organisationnelle des GST est essentielle pour assurer une gouvernance efficace du secteur de la santé. Pour la première fois, l'ensemble des établissements de santé de la région, comprenant centres de soins primaires, hôpitaux provinciaux, hôpitaux régionaux et centres hospitaliers universitaires, sera intégré au sein d'une institution publique unique, bénéficiant d'une autonomie administrative et financière. Il convient de préciser que la structure des GST comprend une Direction Générale pour la coordination régionale, un Pôle de Santé pour la prise en charge sanitaire, et un Pôle Administratif dédié à la gestion des ressources humaines, financières et logistiques. Elle est organisée autour de trois grandes branches : Gouvernance Stratégique, Sanitaire, et Administrative. Un Conseil d'Administration, dirigé par le Directeur Général, supervise l'ensemble du groupement. Des directions spécialisées seront mises en place dans des domaines tels que la stratégie, la santé publique, et l'audit pour fluidifier les parcours de soins et la coordination entre établissements. Ce modèle vise à instaurer une gouvernance territoriale cohérente, accroître l'autonomie administrative, et améliorer la performance opérationnelle, conformément à la loi n° 08-22 de juillet 2023. A l'échelle nationale, il implique l'élaboration de programmes médicaux régionaux, le diagnostic des infrastructures et la création de plans d'action régionaux, incluant une analyse des revenus et des dépenses sur cinq ans. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma a été sélectionnée comme zone pilote pour le lancement expérimental des GST afin d'évaluer les mécanismes et performances avant une généralisation progressive à l'ensemble du pays, reposant sur un système de suivi et d'évaluation continue.