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« Le Maroc marque des points… »
Publié dans La Gazette du Maroc le 28 - 07 - 2003

Fred Mac Mahon, directeur du Centre d'études sur la mondialisation de l'Institut Fraser
Le rapport annuel 2003 sur la liberté économique dans le monde a été publié le 8 juillet dernier par l'Institut Fraser. Il fournit une feuille de route pour l'édification de nations démocratiques et prospères selon des Prix Nobel qui ont aidé à son élaboration.
En matière de liberté économique, le rapport classe Hong Kong en première position, suivie de Singapour et des Etats-Unis troisièmes. Le classement des pays du Maghreb laisse à désirer. On trouve ainsi l'Algérie parmi les cinq derniers occupant la 120ème place avec une note de 4,2, le Maroc à la 82ème avec 5,8 et la Tunisie à la 60ème place avec 6,4.Fred Mac Mahon, directeur du Centre d'études sur la mondialisation à l'Institut Fraser, commente le rapport en exclusivité pour La Gazette du Maroc.
La Gazette du Maroc : votre institut a publié le 8 juillet dernier le rapport annuel 2003 sur la liberté économique du monde. Comment est née l'idée d'un tel projet et qui y a contribué ?
Fred Mac Mahon : le projet de recherche sur la liberté économique a commencé en 1986 sous la conduite de Milton et Rose Friedmann et Michael Walker, directeur exécutif du Fraser Institute. Plus de 100 universitaires et chercheurs s'y sont impliqués dont plusieurs Prix Nobel afin de déterminer ce que signifiait la liberté économique et comment la mesurer. Le premier rapport a été publié en 1996. Il devient aujourd'hui annuel.Les principaux auteurs du rapport sont James Gwartney de l'Université de Floride et Robert Lawson, de Capital University dans l'Ohio.
Sur quelles variables vous êtes-vous basés, pour noter et classer les pays ?
Le rapport utilise 38 variables pour mesurer les cinq larges catégories à savoir la taille du gouvernement, la taxation et les entreprises publiques, la structure juridique et les droits de propriété, l'accès à une monnaie solide, la liberté des échanges avec les étrangers et la réglementation du crédit, de la main-d'œuvre et de l'entreprise.
Dans le classement, deux pays asiatiques en l'occurrence Hong Kong et Singapour s'adjugent la 1ère et la 2ème places alors que le plus grand chantre du libéralisme les Etats-Unis arrivent en troisième position. Quelle est votre explication ?
Cela s'explique tout simplement par le fait que les données objectives démontrent que les habitants de Hong Kong et Singapour jouissent davantage de liberté économique que ceux des Etats-Unis.
Commentant la publication le 8 juillet dernier par l'ONU de son rapport sur l'indicateur du développement humain (indicateur qui mesure le niveau atteint en termes d'espérance de vie, d'instruction et de revenu réel corrigé), vous avez affirmé que cet indicateur fournit une mesure de succès alors que le rapport sur la liberté économique va plus loin et offre une recette pour le progrès. Or le rapport de l'ONU relève que 54 pays sont devenus plus pauvres. Qui en sont responsables ? Les dirigeants locaux, les pays riches, la mondialisation ?
Le rapport de l'ONU est une mesure – bien qu'imparfaite – du développement d'une nation. Les classements eux-mêmes ne fournissent aucune indication sur la manière d'améliorer le développement. Par contre, le rapport sur la liberté économique note les nations sur les politiques prouvées et établies pour la promotion du développement. En d'autres termes, si les nations adoptent des politiques compatibles avec la liberté économique, elles gagneront en développement. Bien plus, le rapport démontre les performances de chaque nation dans chaque domaine. Il fournit également des informations sur les classements dans le domaine où la réforme politique améliorerait la vie des citoyens. Par ailleurs, les limitations des données signifient que les scores relatifs à la liberté économique ne sont pas disponibles pour toutes les 54 nations figurant sur la liste de l'ONU avec une croissance économique négative durant les années quatre-vingt-dix. Ces nations pour lesquelles les données sont disponibles, avaient une très faible liberté économique tout au long des années quatre-vingt-dix, ce qui explique leur croissance négative . Cependant, de nombreux pays parmi les 54 nations ont adopté des politiques qui ont amélioré leurs performances et classements durant les années 1990. Parmi ces pays et à titre d'exemple, figurent la Lithuanie et la Latvia qui avaient enregistré de faibles scores au milieu des années quatre-vingt-dix et qui connaissent aujourd'hui de hautes notations en matière de liberté économique. Ainsi leurs économies avaient régressé au début des années quatre-vingt-dix. Ils se sont rapprochés actuellement de la feuille de route publiée dans notre rapport et connaissent une forte croissance. Il existe néanmoins trois exceptions. La Jamaïque, le Kenya et Haïti. Tous les trois ont enregistré des scores moyens tout au long des années quatre-vingt-dix. Toutefois, ces scores démontrent que le Kenya et Haïti ont une très faible autorité de la loi qui est essentielle pour la croissance. Je peux seulement spéculer sur l'exception restante la Jamaïque. Elle est freinée par d'autres facteurs qui ne sont pas liés à la liberté économique.
Economie et démocratie
Milton Friedman affirmait “qu'en libérant les gens économiquement, cela déchaîne l'énergie, le dynamisme et l'initiative individuelles et met une nation sur la voie de la croissance économique. A leur tour, la prospérité économique et l'indépendance vis-à-vis du gouvernement promeuvent la liberté politique et civile”. Dans le même ordre d'idées, votre rapport souligne que “l'accroissement de la liberté économique conduit à davantage de démocratie et de prospérité ? Dans quelle mesure cette formule peut-elle être vraie ?
Aucune nation dépourvue de liberté économique – en gros l'équivalent de l'économie de marché – n'a jamais eu une démocratie stable. Les nations qui avaient établi les économies de marché ont évolué vers la démocratie, même si le régime qui avait introduit les réformes du marché était brutal ou la nation était pauvre au point de départ.
Le passage vers les économies de marché a commencé en Corée du Sud, à Taïwan et au Chili sous des dictatures brutales mais la liberté économique avait en fin de compte libéré les gens de la dépendance gouvernementale. Ils ont réclamé la démocratie et l'ont réalisée – chose qui n'est jamais arrivée en l'absence de liberté économique.
Qu'en est-il de Hong Kong et de Singapour ?
Evidemment Hong Kong serait aujourd'hui une démocratie si elle n'avait pas été rendue à la Chine. Les derniers événements le démontrent fortement. Singapour dispose de niveaux relativement bons en matière de liberté politique et civile en comparaison avec ses voisins immédiats. Que cela conduise à une démocratie pleine ou que Singapour reste une exception, seul le temps le dira. Néanmoins, l'évidence démontre clairement que la liberté économique est une condition nécessaire pour l'instauration de la démocratie. Je pense qu'avec le temps, elle est également une condition suffisante.
Dans votre rapport, trois pays du Maghreb : l'Algérie, le Maroc et la Tunisie sont classés respectivement 120ème, 82ème et 60ème. Quelle est votre analyse et que devrait faire le Maroc pour améliorer
sa position ?
Le Maroc marque des points en dessous de la moyenne dans chacune des cinq grandes catégories de la liberté économique, excepté l'accès à une monnaie solide. Cela veut dire que le Maroc doit travailler dans chacune des quatre autres catégories et peut également améliorer son résultat quant à l'accès à une monnaie solide. Spécifiquement, les zones inquiétantes sont : le manque de tribunaux impartiaux, un facteur qui inhibe fortement la croissance et les affaires.La liberté de posséder des devises étrangères et les restrictions sur les marchés de capitaux, deux entraves qui limitent l'investissement. Enfin la troisième source d'inquiétude est l'excès de réglementation des affaires. Pour ce qui est de l'Algérie, sa première priorité doit être l'établissement de l'autorité de la loi. Sans cela même de bons scores dans d'autres secteurs ne permettront pas d'enclencher la croissance. Il faut dire toutefois que l'Algérie fait face à des problèmes civils immenses qui sont hors de portée de la liberté économique. Concernant la Tunisie, elle fait face aux mêmes problèmes que ceux du Maroc. Elle fait mieux que le Maroc dans le registre de l'autorité de la loi ce qui est extrêmement important.
Mais Tunis et Rabat ont des scores similaires faibles en matière de liberté de posséder des devises étrangères et des restrictions sur les marchés de capitaux.
Libre échange et croissance
Quel commentaire vous inspirent les accords de libre-échange entre pays riches et pays en développement ?
Je n'ai pas assez d'informations pour commenter les accords commerciaux. Je relève néanmoins deux points.
La théorie économique et l'évidence démontrent sans ambiguïté que le libre-échange relance la croissance et réduit la pauvreté.
Néanmoins, parfois les accords de “libre-échange” sont en fait gérés comme des accords commerciaux qui tendent à protéger les privilèges de ceux qui sont déjà puissants et riches.
Pour conclure, quelle est la route qui mène à la croissance et comment des économies à la traîne peuvent devenir prospères ?
Les politiques en harmonie avec celles qui fourniraient des scores élevés sur les 38 variables utilisés pour mesurer la liberté économique fournissent une voie prouvée vers la croissance. Cela signifie des niveaux raisonnables de dépenses publiques et de taxation, l'autorité de la loi et des droits de prospérité, une monnaie solide, la liberté de commercer avec des étrangers, un niveau raisonnable de réglementation en particulier dans le marché du travail où la flexibilité constitue la clé de la croissance.


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