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Colonialisme marocain, démission et… Calife en exil !
Publié dans La Gazette du Maroc le 27 - 05 - 2002


D'gharni, Bensaïd et Mouti'e
Le plus grave chez un homme politique, c'est quand il est envahi par cette impression qu'il doit faire quelque chose. A ce moment-là, il sent sa poitrine agitée. Cette passion sera, bien évidemment, exagératrice…
Et créa la bêtise, et elle ne l'est pas que parce qu'elle exagère. Et nous revoilà avec Ahmed D'gharni. C'est encore lui, las ! L'extrême avocat de la passion aveuglante persiste et signe. Pour lui “ le Marocain amazigh” est seul contre tous. Il est “condamné à défendre son identité”. Quoi de plus noble que le sentiment d'appartenance, déjà immortalisé par toutes les civilisations et les cultures ? Horace de Corneille ne s'est-il pas écrié “Ah mon pays mon premier amour !” ? Mais D'gharni ne l'entend pas de cette oreille.
Pour lui, l'homme libre qu'est l'amazigh “ lutte contre la dominance et le colonialisme !”. Eh, oui ! L'Etat au Maroc est un Etat spoliateur, injuste.
Le Maroc, ah le perfide Maroc ! Qui “ prend aux amis de D'gharni” (sic) pour “ réaliser ses desseins de fonder une autre nation, celle du monde arabe” !
Quelle effrayante bêtise qui n'est due qu'à nos vices ! Quelle déviation de l'esprit qui n'est que l'ensemble des vices qui résistent à la raison.
Celle-là même dont A. D'gharni n'use pas céans. Pour finir, ce dernier a déclaré cette semaine que “ la nouvelle ère n'est qu'un grand mensonge” ! La vertu, pour ce monsieur, est, paraît-il, le milieu entre… deux vices.
Mohamed Bensaïd Aït Idder, voilà un homme respectable, très respectable. Le vénérable patriote et résistant charrie une longue expérience, il en a sans doute tiré un grand amour
pour la sagesse. Cela, on l'a nous-mêmes tiré de ce dialogue dans “l'Espoir” de A. Malraux : “Dites donc, commandant, qu'est-ce qu'un homme peut faire de mieux de sa vie, selon vous ? - Transformer en conscience une expérience aussi longue que possible”… Ce que Mohamed Bensaïd n'a sûrement pas manqué de faire. Hélas, il s'est laissé emporter, lui le sage, par l'air du temps et n'a pas résisté, dans une interview accordée à “ Assahifa ” du 24 au 30 mai, à la tentation.“Si j'étais à la place de Youssoufi, a-t-il déclaré, j'aurais démissionné.”
A quatre mois des élections ? Et qui donc rendra des comptes, politiquement parlant, alors que c'est la première fois que les Marocains auront à les demander à un gouvernement politique ?
C'est là un jeu de l'esprit qui ne sied pas à un homme si sage. Un peu plus loin, cet aimable Soussi, pénard, nous instruit : “ Feu Hassan II lui-même ne maîtrisait pas une réalité qui s'est formée au long des quatre décennies de son règne”.
No comment ! No comment aussi concernant ce cliché contradictoire : “ Feu Hassan II a fait instituer la 2ème chambre pour faire capoter l'alternance”. Mais qui a initié l'idée de l'alternance elle-même ?
Abdelkrim Mouti'e : pour ce barbu de l'exil, on ne peut guère imaginer combien il faut d'esprit pour n'être jamais ridicule ! Le vieux leader de
la chabiba islamiya, aussi nébuleuse que controversée, préparerait son retour. A tout le moins, c'est ce qu'une certaine presse de la place n'a eu de cesse de révéler. Notre confrère “Al Ayyam” de cette semaine lui a consacré quelques-unes de ses pages intérieures et la couverture. On y lit une déclaration de ce vieux routier de l'islamisme radical : “Nous avons dit au Roi que nous lui tendons la main… une main de sympathie”. Souvent la vie de Mouti'e a été constituée des bêtises qu'il a faites. Mais il enfonce un peu plus le clou. Il se fait Calife en face du Calife et parle d'un ton de partenaire ou de négociateur, sur un pied d'égalité avec le Souverain. Lui qui doit répondre des actes dont on l'inculpe : homicide et tentation de subversion, pas moins ! Il y a quand même une certaine logique dans les dires du cheikh rapportés par notre confrère. On y découvre que rien ne plaît à notre vétéran, ni gauche, ni droite, ni islamistes, ni institutions… Rien de rien. Il veut, tâche ô combien louable, rendre les hommes de son pays, tous les hommes de son pays, bons, sages, libres, rigoristes, généreux, purs, sincères… itou itou, jusqu'à vouloir les tuer tous ! Existe-t-il une corrélation obligatoire entre la liberté et la bêtise ? On ne saurait le dire, de peur qu'on nous taxe de nostalgie stalino-méchartismo-sandiniste ! Mais il ne faut jamais oublier “qu'une patrie, comme disait Ernest Renan, se compose des morts qui l'ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent”. Et c'est aussi valable pour le Maroc, messieurs !


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