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Liberté provisoire pour Ouali et Lahssini
Publié dans La Gazette du Maroc le 27 - 02 - 2006

Najib Lahssini et Mohamed Ouali, les deux Marocains extradés de Guantanamo et relâchés par les autorités marocaines
Après cinq longues années passées à la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba, trois Marocains Afghans, Najib Lahssini, Mohamed Ouali et Mohamed Slimani Alami ont été extradés finalement au Maroc au tout début du mois de février. Livrés aux autorités marocaines, les trois détenus ont subi des interrogatoires intensifs à la BNPJ qui transmet leurs dossiers à la Cour d'Appel de Rabat. Tous les trois ont comparu devant le juge d'instruction Abdelkader Chentouf qui décide de faire bénéficier Najib Lahssini, Mohamed Ouali de la liberté provisoire et de retenir Mohamed Slimani Alami pour complément d'enquête.
"Pour l'instant, Najib Lahssini et Mohamed Ouali ne peuvent vous donner aucune déclaration ou vous accorder des interviews. Même s'ils ont été relâchés provisoirement par le juge antiterroriste de Rabat, ils sont toujours sous le choc et traumatisés par tout ce qui leur est arrivé dans leur long séjour dans la base militaire de Guantanamo ». Les propos sont ceux d'un proche du cabinet d'avocat qui assure la défense des deux Marocains extradés de Guantanamo, Najib Lahssini et Mohamed Ouali, en liberté provisoire depuis mercredi 22 février dernier. Les souvenirs de leur incarcération illégale à Guantanamo, pendant cinq longues années, et avant cela en Afghanistan leur reviennent, nous dit notre interlocuteur, dès qu'on aborde le sujet avec eux. La base navale américaine de Guantanamo à Cuba, Najib Lahssini, originaire de Settat, et Mohamed Ouali, natif de Nador, comme pour Mohamed Slimani Alami, ne vont jamais l'oublier pour les raisons que tout le monde connaît. Incontestablement, ils ont gardé de cette aventure une blessure profonde. C'était comme si vous avez quitté le monde des humains, poursuit notre source, pour faire un passage par un autre monde que personne ne peut décrire. Un enfer qui avait un visage d'homme parfois quand on venait vous mettre les chaînes aux pieds pour marcher un peu, histoire de se dégourdir les jambes, de faire un tour et d'apprécier le paysage de centaines de blouses oranges enchaînés comme du bétail dans un marché à barbelés. Ils étaient détenus dans des cellules en plein air de 4,3 m2, aux murs grillagés, entourés de deux clôtures surplombées de barbelés tranchants.
La suite se résume en un rituel immuable, entre torture, mauvais traitements, nourriture identique et forcée, passage à tabac et usure des capacités psychologiques des détenus en vue de longs interrogatoires.
Doute et inquiétude
Dans l'avion militaire, qui les a transportés au Maroc, et qui a atterri à Rabat le 8 février dernier, les deux Marocains de Guantanamo ont fait le voyage de leur vie. L'accueil dans leur propre pays a été plus chaleureux, comparé à celui qui leur a été réservé à Cuba, et que leur traitement par les autorités marocaines a été humain, digne, et surtout respectueux. Les jours qu'ils ont passés à la Brigade nationale de la police judiciaire, Najib Lahssini et Mohamed Ouali n'en gardent pas de mauvais souvenirs. « Les quinze jours de garde-à-vue chez la BNPJ ont été respectés, selon la loi antiterroriste, et les interrogatoires se sont bien déroulés avec les trois détenus. On a surtout axé l'interrogatoire sur leur parcours en Afghanistan, sur leurs présumés liens avec Al Qaida, ainsi que leur éventuelle appartenance à un tel ou tel courant religieux qui prêche la violence et le jihad», déclare Me Hassan Halhoul, l'avocat des deux Marocains de Guantanamo. Et d'ajouter : « C'est sur la base de la neutralité de l'enquête de la BNPJ que Najib Lahssini et Mohamed Ouali ont bénéficié de la liberté provisoire ». Aussitôt présentés devant le juge antiterroriste marocain, Abdelkader Chentouf, ces derniers ont vite été déclarés provisoirement libres. Reste seul Mohamed Slimani Alami, retenu à la prison civile de Salé (lire l'entretien avec sa mère Zahra Zgani) pour complément d'enquête. Pour cette dernière, elle ne croit pas que son fils ait eu la capacité intellectuelle et psychologique de jouer un rôle actif dans un réseau terroriste aussi virulent et aussi résolu qu'est Al Qaida. Le périple de son fils en Afghanistan et à Guantanamo a été trop risqué, et le procès qui l'attend au Maroc le met forcément entre le doute et l'inquiétude. Surtout après la libération de Najib Lahssini et Mohamed Ouali et la mise en détention de son fils au Maroc. Ces derniers, à les voir à leur sortie de la prison civile de Salé, la semaine dernière, ils portent encore les séquelles de cet enfer qu'ils ont vécu dans cette prison de non-droit qu'est Guantanamo. Leur souhait, révèle leur avocat Me Hassan Halhoul, est de tourner cette page difficile et d'entamer une nouvelle vie au Maroc loin des autres chevaliers de l'Islam à Kandahar. Le jour de leur libération, mercredi 22 février, ils ne croyaient toujours pas qu'ils allaient sortir de ce gouffre aussi rapidement alors que leurs camarades, Benchekroun, Mazouz, Tabarak.., y ont purgé pas moins de huit mois avant qu'ils ne soient remis en liberté provisoire.
Libres, mais toujours accusés
« La décision du juge d'instruction près de la Cour d'appel de Rabat, Abdelkader Chentouf, courageuse, a été une véritable surprise pour nous. Il a été très indulgent envers mes clients qui leur a accordé la liberté provisoire, toutefois sous contrôle judiciaire, en attendant le démarrage de leur procès », ajoute Me Hassan Halhoul, l'avocat de la défense, qui réclame un procès équitable pour ses deux clients. Le procès, dit-il, est plus confiant quant à son issue. Dans les PV consignés à la BNPJ, aucune preuve, ou début de preuve, mis à part leur islamisme affiché, n'a été retenue par les enquêteurs qui ont été chargés de l'affaire. Rien, absolument rien, n'a intrigué les limiers qui ont pourtant bien fouiné dans leur passé pour en détecter la moindre anomalie. À part le fait qu'ils ont été arrêtés en Afghanistan au tout début de 2002 lors des raids menés contre les Talibans et Al Qaida (bombardements de la région montagneuse de Tora Bora) par les forces américaines juste après les attentats sanglants du 11 septembre 2001. Une vague opération d'arrestations et d'interpellations de plusieurs Marocains dits « afghans » qui ont été libérés et extradés ou encore en détention illégale à Guantanamo. Ce qui fait dire à l'association Annassir, mise en place pour défendre les islamistes de la Salafiya Jihadiya incarcérés après le 16 mai, que le nombre des Marocains, encore détenus dans cette base miliaire et identifiés serait de quatre dont les noms sont Mohamed Belmoujane, Ahmed Errachidi, Redouane El Kasri et Said Boujaâdiya.


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