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Justice : 15% de la population carcérale sont des mineurs !
Publié dans La Vie éco le 16 - 04 - 2024

Ce mardi à Rabat, l'AIDA, l'association Bayti et la Délégation Générale à la administration pénitentiaire et à la réinsertion ont présenté le premier bilan du projet « Ensemble pour une justice amie des enfants », ainsi que les conclusions de l'enquête relative à la perception des mineurs en conflit avec la loi. Une justice réparatrice pour les mineurs en conflit avec la loi est une urgence.
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« Ensemble pour une justice amie des enfants », projet cofinancé par l'Union Européenne et mené par l'AIDA , l'association Bayti et la Délégation Générale à la administration pénitentiaire et à la réinsertion, a été présenté, ce mardi, lors d'une rencontre organisée à Rabat.
L'objectif est de s'arrêter sur les bonnes pratiques de la prise en charge juridique et psychosociale des mineurs en conflits avec la loi. Les initiateurs du projet qui s'étale sur la période 2023-2025 ont dévoilé, lors de cette rencontre, le premier bilan 2023 ainsi que les conclusions de l'enquête sur la perception juridique et psychosociale du mineur et qui s'inscrit dans ce même projet.
Concrètement, ce projet a permis la réalisation de plusieurs actions visant la réinsertion des mineurs en conflit avec la loi. Ainsi, on citera la gestion juridique de 90 dossiers des mineurs en conflit avec la loi en détention provisoire notamment 66 dans le CRE de Ain Sebaa et 24 du Centre de Réhabilitation et d'Education de Benslimane. De même qu'il a permis le renforcement de l'intervention psychosociale dans les CRE de Oukacha et Benslimane par le biais de l'animation de 262 groupes de parole dans les deux établissements. La moyenne des bénéficiaires de cette thérapie de groupe est estimée à plus de 540 mineurs.
Dans le cadre de a prévention de la violence sociale et de la violence basée sur le genre, 60 ateliers ont été mis en place dans le CRE de Ain Sebaa et 30 ateliers dans le CRE de Benslimane. Ainsi, 1.140 mineurs, âgés de 12 à 19 ans, ont pu bénéficier de ces ateliers.
Par ailleurs, et dans le souci d'une réhabilitation constructive, des projets de vie ont été développés au profit de 60 mineurs en conflit avec la loi en détention dans les CRE d'Oukacha et Benslimane. En vue d'une réinsertion familiale, 98 familles des mineurs et des jeunes ont bénéficié des actions de médiation familiale. Visant un accompagnement des mineurs en conflit avec la loi, un guide pour les fonctionnaires de la Direction Générale à l'Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion a été élaboré.
Le projet «Ensemble pour une justice amie des enfants» vise à remédier aux lacunes du système actuel en vue de garantir la protection des enfants et en particulier ceux en conflit avec la loi. Représentant 15% de la population carcérale, ces mineurs sont vulnérables, fragiles et fragilisés. il n'y a pas un profil défini et déterminé des enfants en conflit avec la loi dans la mesure où la délinquance peut toucher un enfant, garçon ou fille, quel que soit son milieu social. Toutefois une enquête de perception sociale et culturelle envers les mineurs en conflits avec la loi, réalisée dans le cadre du projet de l'Unicef par Hakima Laala Hafdane, professeur à la faculté des sciences économiques et sociales de Mohammedia, a permis de dresser un profil de ces mineurs.
L'enquête a été menée dans le Centre de Réhabilitation et d'Education de Ain Sebaa et dans les deux centres de Benslimane auprès d'un échantillon composé de mineurs et de jeunes, des travailleurs sociaux, du professionnel carcéral, des familles, les pairs, le personnel scolaire, le voisinage.
Les mineurs sont en totale rupture avec leur famille et avec la société...
Cette enquête a permis de dresser le profil des mineurs et jeunes concernés en conflit avec la loi, ceux qui ont fait des allers-retours en prison, et ceux qui sont en liberté. Ainsi pour les mineurs en CRE, il ressort qu'ils sont âgés entre 14 ans et 17 ans, leur corps et leur mental sont usés par la consommation de la drogue. Ils ont une relation très conflictuelle avec les parents, l'on apprend également que les pères sont violents et absents, les mères soumises à leur volonté. Ils souffrent d'une grande fragilité et ont quitté l'école très jeunes : la majorité a quitté au niveau CE2 au niveau primaire, une minorité a quitté au collège (niveau première ou deuxième du collège, indique-t-on. Vivant presque dans la rue, ils se droguent et errent la nuit et rentrent le matin pour dormir. Ils résident dans les quartiers reconnus et identifiés comme des foyers de déviation et de délinquance, de délits et de crime et aussi de pauvreté extrême notamment Lahraouyine, Derb Sultan, Quartier Chichan; Quartier Sidi Moumen et Hay Moulay Rachid.
Ils sont tous des jeunes dealers, qui travaillent pour le compte d'un grand dealer du quartier, alors que quelques-uns travaillent pour leur propre compte. L'enquête révèle aussi qu'ils sont tous condamnés pour vol et agression avérée, pour vol ou pour viol. Et quelques-uns parmi eux sont condamnés pour participation au trouble d'ordre public, dégradation des biens publics ou pour la violence dans les stades de football.
Les mineurs et les jeunes ayant vécu une expérience d'incarcération et qui sont en liberté sont, quant à eux, âgés de 16 ans jusqu'à 22 ans et plus. Ils ont quitté l'école au niveau primaire ou au secondaire, consomment de la drogue. Ils vivent dans la rue, ont peu de relation avec leurs familles, détaille l'enquête. Ils sont interdits d'accès à leur maison tant qu'ils ne sont pas en situation de sobriété. Usés physiquement, ils mendient pour acheter leur dose de drogue. Mais disent qu'ils sont capables d'arrêter leur consommation s'ils retournent à l'école ou trouvent un travail.
Globalement, ces mineurs dans leur majorité naissent et grandissent dans un milieu familial complètement éclaté très affecté par la délinquance et le crime dans la mesure où plusieurs membres de la famille sont en même temps des dealers et consommateurs de la drogue. Et certains ont même été condamnés plusieurs fois pour des crimes de trafic de drogues, de crimes pénaux mineurs comme vol, vol avéré, agression d'autrui, destruction des biens, vol des biens de maison, accessoires de voiture. D'autres ont commis des crimes lourds comme les meurtres. Ces mineurs, selon les conclusions de l'enquête, ont une très mauvaise image d'eux-mêmes. Ils disent qu'ils sont dénigrés par la société et ils la dénigrent en retour, aussi ils sont en rupture avec le tissu sociétal, avec les normes sociales et éprouvent un fort sentiment de haine sociale.
Il ressort, in fine de cette enquête, que ces mineurs vivent une stigmatisation de la part de la société et leurs communautés. Ils ne peuvent pas trouver un travail ni se faire soigner. Pour les auteurs de l'enquête, « ils sont laissés-pour-compte de presque de l'ensemble des institutions, des structures sociales, de la part de la politique étatique, bref de l'ensemble de la société ».


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