Coopération et échange d'expériences entre El Adaoui et une délégation d'Eswatini    Parlement: Les responsables des deux Chambres s'entretiennent avec le président du Mercosur    Info en images. Académie de football de Salé: 41 MDH pour l'aménagement des terrains de sport    Abdelhamid Ait Boudlal sur les tablettes d'un cador allemand ?    Comediablanca : Un retour magistral pour sa 3e édition    Top Event présente la pièce « Chers Parents »    Cameroun. Les investissements publics soutiennent l'économie    La Bourse de Casablanca finit en territoire positif    Paiement des factures. Le CMI mise sur le QR Code pour accélérer la digitalisation    Tinghir : laboratoire grandeur nature d'un tourisme de nouvelle génération    L'Egypte salue le rôle de SM le Roi, Président du Comité Al-Qods, dans le soutien à la cause palestinienne et les initiatives royales au niveau africain    Présidence du Parlement panafricain : l'Algérie en lice, le Maroc en position d'arbitre    Aéroport de Paris-Orly : un avion d'easyJet contraint de retarder son atterrissage après des tirs de mortier    Le Caire tranche en faveur de Rabat : un soutien égyptien explicite à la marocanité du Sahara qui bouscule les calculs d'Alger et conforte l'avantage diplomatique du Maroc    Football U17 : Les jeunes marocains maîtres de l'Afrique du Nord    Finale Maroc–Sénégal : soupçons de consignes arbitrales et bataille juridique    Marrakech: Saisie de 17.586 comprimés psychotropes et arrestation de quatre personnes    Réforme de la santé : fin du programme de réhabilitation de 1.400 centres de soins primaires    France5-Maroc : derrière le vernis documentaire, une mécanique bien rodée de recyclage et d'arrière-pensées    Le Caire: Bourita s'entretient avec son homologue égyptien    Journées du Patrimoine 2026 : Une immersion unique dans la mémoire de la ville ocre    Love Brand Morocco 2026 : Excelo parmi les marques les plus plébiscitées par les Marocains    Mondial 2026 : la FIFA impose ses règles, le Maroc prêt au combat    Le nouveau joyau Elian Haddadi dans le viseur des géants européens    Bourse : test grandeur nature pour le marché à terme    Maroc : Marche nationale le 19 avril 2026 en soutien à la Palestine    The Arab Republic of Egypt reaffirmed on Monday in Cairo its support for the territorial integrity of the Kingdom of Morocco, as well as for the latest Security Council resolution and a consensual political solution.    Casablanca : Cosumar lance une unité de production de CO2 liquide alimentaire    Maroc-Egypte : Akhannouch au Caire à la tête d'une délégation ministérielle    Innovation entrepreneuriale : Morocco Accelerator lance sa 2e cohorte de startups    MDS 2026 : Mohamed El Morabity en haut du podium de la deuxième étape    Netanyahu to replace aide who called lawmaker «retarded Moroccan» after initial bid to keep him    Conflit au MO : l'Iran intensifie ses frappes et met en garde Trump contre une escalade majeure    Netanyahu remplace son chef de cabinet après une controverse raciste contre un député d'origine marocaine    Botola Pro D2 : le Widad Témara s'empare du fauteuil de leader, la course à la montée relancée    Marruecos: Modernización de 1.400 centros de salud por más de 6.430 millones de dirhams    Maroc Fashion Week 2026 : Marrakech au cœur d'une nouvelle dynamique créative    Akhannouch au Caire pour accélérer le partenariat stratégique Maroc-Egypte    L'Iran dit se préparer à imposer des conditions pour la circulation à Ormuz    Ceuta y Melilla: El partido separatista rifeño defiende la «soberanía de España»    Espagne : L'expulsion d'une Marocaine annulée pour violation du droit à la défense    Yassine Gessime et Samir El Mourabet : Les deux Lions d'Alsace    Larache: caravane médicale organisée par la MGPAP    Khénifra : un forum pour guider les élèves vers des choix post-bac    Ceuta et Melilla : Le parti séparatiste rifain défend la «souveraineté de l'Espagne»    La 21e édition du festival international des nomades s'ouvre à M'Hamid El Ghizlane    Radisson Pursuit : une course immersive au Maroc pour une cause solidaire    Mode au Bénin : 5 créateurs qui redéfinissent le luxe    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Maroc ose le dragon chinois
Publié dans Les ECO le 24 - 07 - 2012

C'est à une véritable opération de séduction et de conquête d'investisseurs à laquelle le Maroc s'est livré en terre chinoise, le temps du Forum sino-africain qui vient de se tenir à Pékin. Pour l'occasion, deux membres du gouvernement avaient fait le déplacement pour porter la voie du Maroc, galvanisé par son nouvel atout géopolitique et porté par un appétit sans précédent pour les Investissements directs à l'étranger, (IDE) à un moment où les traditionnels pourvoyeurs de fonds européens sont dans le rouge. Il s'agit du ministre des affaires étrangères et de la coopération, Saad Eddine El Othmani, et de son homologue de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Aâmara. Lors de leur séjour en empire du milieu, El Othmani et Aâmara se sont livrés à une intense activité de marketing stratégique pour la destination Maroc. Un regain d'intérêt qui laisse présager, enfin, une nouvelle dynamique des échanges commerciaux entre le royaume et la Chine. Rabat va-t-elle enfin opérer un changement d'option et se laisser emporter par les sirènes des IDE colossaux qu'a déversés la Chine sur le continent Africain sur la dernière décennie ? Le signal envoyé par les autorités des deux pays le présagent à tous points de vue, car en dépit de la densification des investissements chinois en Afrique, qui ont atteint quelque 166 MM USD en 2011, le Maroc constitue à ce jour, l'un des rares pays de la région à n'avoir pas succombé à «la tentation chinoise». C'est, d'ailleurs, la première lecture que laissent entendre les déclarations du ministre Aâmara au sortir de sa rencontre avec son homologue chinois, Chen Deming. «Il s'agit maintenant de concrétiser sur le terrain nombre de projets convenus lors des dernières visites, relatifs notamment aux investissements chinois au Maroc».
Pour donner suite à la volonté affichée de part et d'autre d'intensifier les relations bilatérales et principalement les échanges commerciaux, le Maroc et la Chine ont signé un mémorandum d'entente établissant un mécanisme de coopération bilatérale dans le domaine des mesures de défense commerciale. Il s'agit dans les faits, d'un mécanisme destiné «à établir des consultations entre les deux parties concernant les questions liées aux enquêtes de défense commerciale en vue de favoriser un traitement équitable en matière de commerce, en faisant prévaloir un règlement à l'amiable des différentes questions», a indiqué le ministre Abdelkader Aâmara. Pour ce faire, les deux pays seront tenus de notifier mutuellement les décisions relatives aux enquêtes ouvertes et toute mesure y afférente avant leur publication, selon une démarche qui ne soit pas incompatible avec les règles de l'OMC et des législations nationales en la matière, a ajouté le ministre. L'accord qui prévoit également la mise en place d'un cadre ouvrant la voie à la promotion de la coopération technique entre le Maroc et la Chine dans le domaine de la défense commerciale, est en réalité un outil assez précieux pour les deux pays et en particulier pour le Maroc qui pourrait dissiper les inquiétudes sur d'éventuelles pratiques déloyales et anticoncurrentielles qui auraient désavantagé le royaume face au géant Chinois, deuxième puissance économique mondiale à l'heure actuelle et dont le modèle de croissance économique sur la dernière décennie a été l'une, sinon la meilleure expérience au monde.
Echanges commerciaux déséquilibrés
Il faut dire que si la coopération bilatérale entre le Maroc et la Chine, notamment sur le plan économique, reste assez insignifiante au vu des potentialités d'échanges entre les deux pays, les relations bilatérales tant économique et politique ne datent pas d'aujourd'hui. Pour l'histoire, il est intéressant de rappeler que le Maroc était le premier royaume à reconnaître la République populaire de Chine, le 1er novembre 1958. Ensuite les échanges commerciaux entre les deux pays ont débutés bien avant le réveil du «dragon de l'est» l'autre surnom du pays, dans les années 1980. Mais c'est véritablement à partir des années 2000 et dans le sillage de la vague déferlante des IDE chinois en Afrique qu'ils ont connus un saut spectaculaire même si, comparé à d'autres pays du continent, la valeur des échanges est sensiblement minime. En 2007, les importations marocaines en provenance de la Chine étaient ainsi estimées à quelque 15,15 MMDH avant d'atteindre 25,01MMDH en 2010 et chuter à 23,33 MMDH en 2011. S'agissant des exportations marocaines, elles ont connu la même évolution mais dans des proportions différentes, passant de 0,93 MMDH en 2007 à 2,21 MMDH en 2010 et retombés à 1,59 MMDH à 2011. Des échanges en défaveur du Maroc et en deçà de l'opportunité de développement que permettent les structures économique et démographique des deux pays. Selon les chiffres de l'Office des changes, les produits exportés en Chine ne représentent que 0,01% des importations du pays alors «qu'ils disposent d'un réel potentiel sur ce marché au vue de la nature de ses importations». Idem pour ce qui est des produits marocains faiblement présents sur le marché chinois. La part des produits nationaux ne représente que 0,08% en 2011.
Marchés de niches
Il s'agit, donc, à présent, de booster ces échanges en profitant de la position stratégique du Maroc sur le continent africain, terre de prédilection des IDE chinois. La présence des opérateurs chinois au Maroc qui ne cesse de prendre de l'ampleur ces dernières années, principalement dans le BTP, l'agriculture et le commerce des biens manufacturiers risque de s'intensifier davantage sur les prochaines années. Il s'agit d'un choix stratégique pour le Maroc conformément à la diversification des partenaires décidés par le gouvernement. La Chine fait, en effet, partie des pays cibles pour les exportations marocaines selon le plan stratégique déployé par le Maroc Export (ex-CMPE) qui a placé le pays au rang des «marchés niches». Il reste à savoir comment le Maroc pourra tirer à son avantage les fruits de ce nouveau partenariat qui se dessine. Les deux pays sont, en effet, concurrents au niveau de plusieurs secteurs et de plusieurs marchés, dont certains stratégiques pour le Maroc. C'est, d'ailleurs et jusque-là, les raisons de la réticence du royaume à l'égard des IDE chinois qui ne représentaient que 2,3 MDH en 2009. Rabat a-t-elle enfin trouvé les moyens de tirer profit de l'invasion chinoise à un moment où les indicateurs font état d'un essoufflement du dragon de l'Est ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.