Transferts : Des géants européens ciblent Ayyoub Bouaddi    Youssef En-Nesyri courtisé par un cador de la Seria A    Romain Molina continue dans sa haine Marocaine    USA : la BBC va demander à la justice américaine de rejeter la plainte en diffamation de Trump    Réforme éducative : l'heure des résultats    Rabat : La FNM et la Fondation du patrimoine culturel prussien signent une convention de coopération    USA-Iran : Le Pentagone retire du personnel de sa base au Qatar    Environ 390.000 veuves bénéficient du programme d'aide sociale directe    Fête de l'Unité: Le 31 octobre officiellement jour férié dans les secteurs public et privé    Etats-Unis : Suspension du traitement des visas d'immigrant pour 75 pays, dont le Maroc    Trump menace de déployer l'armée à Minneapolis après des heurts entre manifestants et police de l'immigration    Larache - Lutte antidrogue : la Gendarmerie Royale met le grappin sur 810 kg de kif    Palestine : Gaza entre dans la 2ème phase du plan de cessez-le-feu    Le gouvernement intègre officiellement la Fête de l'Unité dans la liste des jours fériés    2025, Annus horribilis pour Alger    En quête de légitimité, le polisario cherche à siéger au CPS de l'UA    Soutien social : Baitas met en avant l'élargissement des bénéficiaires et défend une réforme en phase d'exécution    Maroc–Suriname : engagement réaffirmé pour renforcer la coopération bilatérale    OMM : 2025, l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées    La Russie estime que les possibilités de l'Ukraine se "réduisent" pour négocier    L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Commandant de la Force de la mission onusienne    Ressources minérales: Le Maroc et l'Arabie Saoudite veulent renforcer leur coopération    Agriculture au Maroc : La Banque mondiale prévoit une reprise après les pluies    CAN féminine (Maroc-2026) : Le Maroc dans le groupe A aux côtés de l'Algérie, du Sénégal et du Kenya    CAN 2025 : «Heureux pour les joueurs, le public mérite cette finale» (Walid Regragui)    CAF hands Samuel Eto'o heavy sanctions after Cameroon–Morocco clash    CAN 2025 : Neil El Aynaoui encensé en Italie comme l'homme fort du milieu marocain    CAN 2025 : le Maroc séduit les décideurs du tourisme français    Orange Maroc distingué par l'IFACI pour son audit interne    «Happy for the players, the public deserves this final», says Regragui    CAN 2025: «Contento por los jugadores, el público merece esta final» (Walid Regragui)    Drame familial à Jerada : un père tue ses deux filles adolescentes et prend la fuite    PME vertes : Le PNUD Maroc mobilise les investisseurs autour de la croissance durable    CAN 2025 : une délégation britannique s'informe du dispositif marocain de sécurité des événements sportifs    Depuis le Sahara, Madonna «ne peut pas se détacher du Maroc»    Berlinale 2026 : Assarab d'Ahmed Bouanani programmé aux Berlinale Classics    Goya 2026 : Sirât, tourné en partie au Maroc, parmi les films les plus nommés    Id Yennayer 2976 : Agadir célèbre la culture amazighe    Plus de 270 millions d'enfants et de jeunes dans le monde n'ont pas accès à l'éducation, selon l'ONU    Rétro-Verso : Quand Feu Mohammed V décerna à Lumumba le Grand Cordon de l'Ordre du Trône    Gasoil et Essence : repli du chiffre d'affaires au 3ème trimestre 2025    Collectivités territoriales au Maroc : 28 000 fonctionnaires sur le départ, quel avenir pour les services publics ?    Khartoum : retour officiel du gouvernement soudanais    Bois de chauffe : Les prix flambent et les pénuries s'installent    Le patient-partenaire : Un choix judicieux dans la nouvelle réforme de la santé    Les Lions de l'Atlas en finale de la Coupe d'Afrique après un match épique contre le Nigeria    Nouvel An amazigh, un héritage vivant au cœur de l'identité marocaine    Agadir célèbre Yennayer en grand    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le nouvel Eldorado
Publié dans Le temps le 13 - 09 - 2011

Un nuage numérique commence à planer sur l'image des plus grandes firmes : la communauté.
«Ce qui rend les marques influentes n'est pas leur taille mais leur communauté.» Cette phrase de Chuck Byrme, dirigeant de DDB worldwide, est très forte de sens. En effet, on parle beaucoup de blogs et de blogueurs et ce n'est pas un hasard puisqu'ils ont été la partie visible, très visible même, d'une évolution sociétale forte : la reprise du pouvoir par les consommateurs, ou plutôt par les «consom'acteurs». Quel est le point commun entre Coca Cola et Twitter ? Les deux marques sont mondialement connues et facilement identifiables. Quelle est la différence ? L'une est une marque de boissons gazeuses qui dépense annuellement des millions de dollars pour sa communication, l'autre est un site de microblogging qui a atteint la même notoriété sans dépenser le moindre centime. Le secret réside dans deux mots : «community management». Ce mode de marketing coûte généralement moins cher à l'entreprise qu'une campagne de publicité classique. Il permet de renforcer un lien entre les internautes et l'entreprise.
«Fans & Followers»
On ne peut pas communiquer tous les jours avec un discours trop formaté sinon les gens se lassent. C'est beaucoup plus simple sur les réseaux sociaux. Il suffit de poster un message en rapport avec le produit, d'ouvrir un débat, de répondre à un commentaire. Il y a un côté plus humain dans cette forme de marketing. Les internautes adhèrent à cette forme de communication : un mois après son lancement, la page Facebook de Samsung Maroc a vu le nombre de ses membres se multiplier par trente et celui de ses fils de discussion par dix.
Mais il ne suffit pas d'ouvrir une page Facebook ou un compte Twitter pour créer sa communauté. Et c'est bien là le problème : certaines entreprises, jalouses de la popularité de leurs concurrents, se sont lancées têtes baissées dans la course aux «fans» et aux «followers», sans les moyens techniques ou humains nécessaires. Elles ont ouvert une page Twitter et Facebook alimentées automatiquement ou confiées à un stagiaire, sans stratégie communautaire. Une stratégie peu concluante, car la qualité d'une communauté ne se calcule pas en nombre de «fans». Mieux vaut privilégier la qualité des échanges : des internautes actifs et bien ciblés, même s'ils sont peu nombreux, apporteront beaucoup à l'entreprise. Le jeu télévisé Enigma en a particulièrement fait les frais, en raison d'une mauvaise gestion de sa communauté. Ajouts sans accord préalable, flood, spam… la communication sociale d'Enigma a cumulé les bavures au point de s'attirer les foudres de ceux qui étaient censés l'encenser. Il lui aura fallu retravailler toute sa politique communautaire et passer par la case communication de crise et excuses pour redresser la barre. Pour avoir un impact sur les réseaux sociaux, les entreprises doivent préalablement réfléchir à leurs objectifs et au public qu'elles souhaitent viser avant de penser aux outils à leur disposition. Si on veut faire connaître les nouveaux produits de son entreprise, une page sur Facebook est indispensable. Au contraire, un groupe de luxe n'a pas intérêt à ouvrir un compte sur Facebook ou Twitter s'il veut conserver son côté mystérieux et inaccessible. De même, une entreprise qui travaille en «B2B» (business to business) devra travailler sur d'autres outils que les réseaux sociaux traditionnels pour avoir un impact sur ses clients. Sans stratégie, on risque au mieux de passer inaperçu, au pire de faire du tort à l'entreprise. L'exemple le plus connu est la mésaventure de Nestlé qui a voulu appliquer des techniques de com' traditionnelles sur les réseaux sociaux. En mars 2010, Greenpeace lance une campagne de discrédit contre la marque suisse jusque sur sa page Facebook. Elle poste sur le réseau social une vidéo dénonçant ses pratiques environnementales, qui suscite rapidement de nombreux commentaires. Mais les administrateurs de la page Facebook, au lieu de discuter avec les internautes des attaques dont ils font l'objet, censurent les débats. Trop tard : l'histoire est reprise sur tous les blogs et les sites de stratégies marketing. La marque en plus d'être décriée par Greenpeace, fait l'objet de nombreuses critiques sur sa gestion de la communauté.
Devenir consom'acteur
Il ne s'agit plus ici d'avoir une présence sur un média «nouveau», mais de naviguer dans un océan d'informations, échangées entre le consommateur et l'entreprise. Ce que certains semblent oublier, c'est que cet échange va dans les deux sens. Les consommateurs ont compris les techniques de communication des entreprises et ne sont plus vraiment dupes. Par ailleurs, de plus en plus d'entreprises communiquent à travers des medias toujours plus fragmentés. La réponse de la majorité des agences de communication restantes :« communiquons encore plus que les autres et ils finiront bien par acheter nos produits ! »
Les agences en sont encore à expliquer que les consommateurs passent plus de 20% de leur temps sur un «nouveau» media (Internet pour ne pas le citer) et essaie de convaincre leurs clients de communiquer encore plus «online» (aujourd'hui les budgets de communication accordés à Internet sont de l'ordre de 5 à 7%) : le fameux concept d'agence 360°… Malheureusement (ou heureusement) le consommateur va bien plus vite que cela et la communication sur le web (bannière et autres), aussi pertinente soit-elle, n'est plus suffisante…
Et c'est là que le community management permet de faire la différence. Le bouche à oreille, qui se limitait à un quartier ou une rue dans sa version orale et «hors ligne», devient diablement efficace lorsqu'on peut toucher plusieurs milliers d'internautes en un seul commentaire positif ou négatif sur une marque. Bien gérées, les foudres du consom'acteur peuvent permettre une médiatisation non négligeable d'un nom de marque, ne serait-ce que par effet de tapage/matraquage médiatique. Une remarque positive dans un forum peut rallier des prospects et une autre négative peut facilement mettre le doigt sur une future amélioration à incorporer dans la version prochaine d'un produit. Et il ne s'agit là que des prémices d'une mouvance de plus en plus globalisée. Gageons que les entreprises marocaines sauront tirer les enseignements nécessaires et proposer un community management mature avant que les communautés soient trop grandes pour pouvoir échapper à un consommateur qui n'a pas sa langue dans sa poche et n'est pas coincé du clavier.
Yassine Ahrar
Un job «in»
Community manager, c'est le «buzzword» du moment qui affole le marché. Tout le monde en parle et en réclame, annonceurs comme agences. Si ces experts ès conversations sur la Toile sont si recherchés, c'est que l'explosion du Web 2.0 et de ses avatars (forums, blogs, réseaux sociaux) modifie en profondeur les relations entre marques et consommateurs. Que les entreprises le veuillent ou non, leurs moindres faits et gestes sont analysés et commentés par des internautes désormais rassemblés en communautés. Les marques ne peuvent rester absentes de ces conversations. Le community manager, c'est la version 2.0 du webmaster. Concrètement, le community manager fait d'abord de la veille en ligne à l'écoute des discussions sur la marque. Il identifie les communautés et mesure leur influence. En mode proactif, le gestionnaire de communauté cherche à prendre le contrôle de la communauté, de son employeur et de la fédérer autour des valeurs de la marque.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.