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Khadija, la première épouse du prophète Mohamed, expliquée à Marek Halter
Publié dans L'observateur du Maroc le 27 - 05 - 2014

‘Essai de déconstruction du premier roman de Marek Halter sur les femmes de l'Islam.'
La condamnation religieuse des Versets sataniques de Salman Rushdie fut une erreur. Elle a fait d'un mauvais roman un chef d'oeuvre universel. Qui peut prétendre l'avoir lu entièrement parmi ceux qui se mobilisèrent pour sa défense ? Pour moi, ce roman n'est pas une oeuvre littérairement réussie. Condamner de la même manière le roman intitulé « Khadija » de Marek Halter serait rééditer la même erreur et faire d'un récit désinvolte un succès de librairie. L'auteur avait déjà utilisé dans sa trilogie biblique, les recettes qu'il pratiquera dans ce roman : deux thèmes accrocheurs, le thème de la religion et celui de la femme. C'est ainsi que Marek Halter construira une série qui sûrement réussira commercialement, mais inévitablement échouera esthétiquement. Ce qui urge, c'est de s'empresser de conseiller à toute institution religieuse d'ignorer ce mauvais roman, mais surtout d'encourager ceux qui veulent le déconstruire esthétiquement. C'est la seule manière de démontrer aux adeptes d'un improbable dialogue des religions, que la meilleure manière de nuire à ce dialogue tant espéré est de publier ce genre de fiction romanesque. Pourquoi me suis-je souvenu de l'impressionnante réussite de Mika Waltari avec son roman « Sinouhé l'Egyptien » ? Et celle de Marguerite Yourcenar avec « Mémoires d'Hadrien ». Parce que dans le premier cas, Mika Waltari n'avait qu'un morceau de papyrus à sa disposition. Il en fit une évocation de la civilisation égyptienne d'une confondante vérité. Dans le deuxième cas, Marguerite Yourcenar avait à sa disposition une abondante documentation et son récit d'Hadrien par Hadrien sonne comme si cet empereur se confessait aussi avec une émouvante vérité. Marek Halter avait à sa disposition plus qu'un papyrus, une documentation certes succincte en ce qui concerne l'emblématique Khadija, mais riche de la richesse de tous les récits de la vie du prophète de l'Islam que la présence de cette énigmatique première épouse illuminera jusqu'à son décès, jour de tristesse. Il n'en fit rien. Ceux qui l'ont aidé dans ses recherches, non plus, ne l'aidèrent en rien. S'il souhaite qu'il y ait une réédition, je lui conseillerai d'abord de lire, s'il connait la langue arabe, ou de se faire traduire, s'il l'ignore, le fascicule déterminant de la tunisienne Salwa Balhaj disciple du penseur Hicham Djait : ‘دثريني … يا خديجة' , et l'étude fondamentale, même si elle est controversée, d'Abdelkrim Khalil, lauréat de la vénérable institution Al Azhar : ‘ فترة التكوين في الحياة الصادق الأمين ‘ .Ce ne sera pas le même texte qu'il rééditerait alors et je doute fort, s'il le fait qu'il puisse poursuive sa série des portraits des femmes islamiques. « La littérature est un opérateur de vérité » confie au Monde des livres, Bernard Henri Levy, proche de l'idéologie sioniste comme l'est Marek Halter. Si les lecteurs bienveillants de cette chronique m'accompagnaient dans cette déconstruction nous découvrirons ensemble pourquoi la littérature servie par le prestige immérité de quelques auteurs peut être un opérateur, une fabrique de stéréotypes. Christian Makarian n'a-t-il pas intitulé son essai « Le choc Jésus-Mahomet ».
1- Le premier chapitre du roman de Marek Halter s'intitule « La Razzia ». Pourquoi commencer par le récit d'une bataille sanglante quand on veut faire la biographie de la première épouse du prophète de l'Islam, et le présenter ainsi entaché de sang, s'armant d'une épée, assassinant un mercenaire ? Les textes ne nous disent rien de cette bataille, ni de ces mercenaires attaquant la caravane commerçante de Koraïch. Et la seule fois où le futur prophète participera à une bataille avant la révélation ce sera pendant la guerre du Fijar. Jeune, il ne fut pas un combattant à part entière, parce qu'il était chargé à l'arrière de préparer les flèches dont son clan avait besoin. L'image de Mohamed ainsi présentée qui s'enracinera dans la conscience du lecteur occidental non averti sera celle d'un homme sanguinaire. Dans son étude sur « Présence de l'Islam dans la littérature romantique en France », Taha Hussein Moenis, le fils du grand Tahar Hussein, est remonté jusqu'aux sources de ce mythe, jusqu'à Pascal dans ses Pensées, (voir Pensées 594, et suivantes). Ce mythe, héritier des Croisades, l'imagerie occidentale continuera à l'exploiter avec férocité. Ce roman affligeant de Marek Halter y contribue largement.
2- Dans ce voyage, le futur prophète est accompagné de Bilal dit le récit de Marek Halter. Cette figure déterminante de l'Islam n'apparaîtra que bien plus tard et c'est un homme de confiance de Khadija, Mayssara, que beaucoup de récits n'hésitent pas à présenter comme chrétien qui en réalité l'accompagne dans ses déplacements commerciaux.
3- L'auteur écrit « Khadija s'avança sur la rive de l'oued Ibrahim ». Où se trouve cet oued Ibrahim ? Mes recherches n'ont pas été concluantes et sur la carte au début du roman il ne figure nulle part...
4- L'auteur prétextera que le roman est fils de la fiction. Mais la fiction devrait-elle ainsi manquer au noyau de vérité, bousculer la vérité historique, la vérité religieuse, la vérité tout court ? Il fait surgir un personnage important Zayd au cours de ce voyage, qui fut pendant quelque temps « le fils adoptif » du prophète. Mais, c'est contraire à tout ce que nous disent les récits des commentateurs, puisque ce personnage n'apparaîtra lui non plus que bien plus tard. Le roman pullule de contrevérités. Marek Halter, en exploitant par contre les vérités qu'offraient les commentateurs, en usant de son imagination et de son intention, si elles étaient sincères, aurait pu offrir au public l'oeuvre romanesque captivante que mérite Khadija, oeuvre qui manque toujours.
5- La scène du mariage appauvrit le récit réel de cette cérémonie d'un suspens surprenant. L'imagination de Marek Halter fut impuissante à reconstituer « fictionnellement » la « vérité » des moments de vérité de la première épouse du prophète, qui fut aussi le premier croyant. Tout au long de ma lecture de ce désolant récit, je n'ai pas trouvé une seule fois, le qualificatif utilisé avant la révélation, par ses contemporains pour désigner Khadija ‘ الطاهرة ‘ « la Pure ».
Pourquoi ? ❚


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