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CULTURE ET CIVILISATION : Le siècle des sages
Publié dans L'opinion le 11 - 10 - 2013

Il semble que le VIème siècle avant J.C., une époque de confusion et d'instabilité, ait besoin d'une « mutation », d'une révolution spirituelle, pour s'affranchir de ses dogmes qui l'opprimaient, et découvrir une vision culturelle propre à ce siècle révolutionnaire. Le siècle qui avait engendré le sage Zoroastre dans les contrées désertiques de la Perse, engendra également Gautama le Bouddha en Inde, et les sages Conficius et Lao-tseu en Chine.
A la même époque, en Grande Grèce, des sages, comme Pythagore, et après lui, Socrate, ont créé la philosophie et la conception théorique, une conception issue de la sagesse orientale mais évoluant vers la logique et l' »anti-mythe ».
L'être vertueux
Au sud du Chang-toung, dans le petit Etat de Lou, naît en 551 avant J.C. le second fils d'une famille pauvre, du nom K'iou et pour surnom Tchong-ni. Se consacrant aux études, il préconise, tout en les enseignant, l'étude des six disciplines traditionnelles : le tir à l'arc, la conduite des voitures, les mathématiques, la calligraphie, la musique et l'étiquette. Ses élèves l'appelleront K'ong Fou-tseu (maître K'ong). En Occident, il sera connu sous le nom de Confucius.
Profondément conservateur, Conficius admet que les relations sociales doivent être basées sur un code. A travers ce code, des règles de conduite stéréotypées doivent s'imposer à chaque catégorie d'individus.
Sceptique à l'égard du surnaturel, n'acceptant pas les idées religieuses de son temps, il dira : « Nous ne connaissons pas encore la vie ; comment pourrions-nous connaître la mort ? » Organisateur des mœurs anciennes, il cultive le li (le sens rituel, qui se traduit par un cérémonial codifié réglant l'emble du comportement social et religieux).
Selon Conficius, le savoir ne doit pas être une fin en soi, en l'étudiant, l'homme doit le mettre en pratique, affirmer son caractère et développer en lui le sens de l'équité (Yi). Ainsi, il se comportera en Kiun-tseu, en homme supérieur, sans jamais laisser ses désirs le détourner de l'équité et de la justice.
Etre vertueux, c'est remplir les devoirs assignés à la place qu'on occupe. La société est un corps où la vertu de chaque individu détermine celle de l'ensemble. Le corps social, selon lui, est à l'image de l'Univers, et la communion des êtres est en fonction de l'ordre secret des choses. Cette harmonie résulte de la volonté céleste (ming) qui trace à chaque homme la voie (tao) qu'il suivra pour se conformer à l'intérêt de tous ; l'existence de chaque homme doit être en accord avec l'ordre universel.
Le Tao
Tandis que le confucianisme s'occupe des relations sociales, le taoïsme tend vers l'élévation d'esprit et le détachement des choses de ce monde. Les Chinois lui doivent l'amour de la liberté de pensée, la longue patience, la sérénité dans le malheur et l'endurance au travail.
Le taoïsme est la doctrine du tao. Le mot Tao signifie la Voie, mais il veut dire aussi Principe (de toutes choses). Il est éternel, omniprésent et incompréhensible. Il est le non-être, mais par l'alternance de ses modalités Yin et Yang, il a créé le ciel et la terre, ainsi que les êtres. De là le concept du vide chez les Chinois qui est plus important que la forme. Il s'ensuit aussi une morale du vide qui correspond à la quiétude, à l'indifférence et même à l'inaction.
« Ne pas agir, ne pas innover pour ne pas gêner l'évolution cosmique. Ne pas s'éloigner de l'origine, de l'unité, se conformer au Tao : voilà la sagesse. » (Voir la Sagesse chinoise selon le Tao, Phon, 1955).
Contemporain de Confucius, Lao-tseu (570- 490 av. J.C.), après avoir assimilé une haute culture philosophique, et écœuré par le désordre dû à l'anarchie féodale, se décida de partir pour l'Occident, monté sur un bœuf. En cours de route, il fut invité par le gouverneur d'une marche, auquel il a laissé son unique écrit, le Tao Te King (Livre de la Voie et de la Vertu). Ce petit opuscule est devenu l'arche sainte du taoïsme.
Définissant le Tao, Lao-tseu écrit :
« Il n'avait pas de nom quand parurent le ciel et la terre.
Quand il eut créé les être il eut un nom.
Dans ces deux états, avec ou sans nom, il a tout créé. »
Les sages du taoïsme insistaient sur la succession du Yin et du Yang dans la création de l'univers. Le Yin est le nord ; il est froid, statique, obscur et implique la terre, tandis que le Yang, le sud, est chaud, dynamique, lumineux et implique le ciel. Dans cette création, ces sages distinguaient quatre périodes : la grande mutation, la grande origine, le grand commencement et le grand dévidage.
Parlant de la conception de l'univers chez les « Pères du taoïsme », Henri Bernard_ Maître écrit : « Du sein de la nébuleuse originelle, du milieu de ‘éther primordial, ils avaient vu la matière s'organiser, les constellations apparaître, la brande immense de l'évolution se poursuivre avec ses phases de création et ses retours au chaos, à travers le temps éternel ». (Sagesse chinoise et philosophie chrétienne).
Dans le Yi King (Livre des métamorphoses), le plus ancien des livres chinois, il était question de cet ordre cosmique et la possibilité d'établir l'harmonie en soi-même, correspondant aux rythmes du cosmos. Le Tao, loi éternelle qui préside à l'universel devenir, est en même temps loi naturelle et loi morale qui en est le reflet. (Cf. Roger Garaudy ; Appel aux vivants, Seuil, 1979).
Chez les taoïstes, le Grand Tout est le vide primordial. Tout en sort e tout y revient. Et comme « tout est dans tout », tout naît de la composition des deux principes contraires, le Yin et le Yang, même le devenir. Ces deux principes ne sont pas en lutte, comme chez les Perses, mais complémentaires. Le Tao, comme l'a perçu Roger Garaudy, « est la loi de leur alternance et de leur conjugaison », de leur harmonie. Engendrée par un fondement cosmique, la communauté reproduit cet ordre cosmique.


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