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Royale dénonciation de la politique politicienne: Que chacun assume ses responsabilités !
Publié dans L'opinion le 14 - 10 - 2013

SM le Roi n'apprécie pas la politique politicienne qui entrave le bon rendement des institutions élues, ni la rente politique et il le fait savoir. Le discours prononcé le vendredi 11 octobre 2013, à l'ouverture de la 1ère session de la 3ème année législative de la 9ème législature, est un message on ne peut plus explicite adressé à qui de droit. Les élus du peuple, que ce soit à l'échelle des collectivités locales ou du parlement, sont tenus de remplir leurs missions, celles pour lesquelles ils ont été choisis par les citoyens électeurs, accomplissement qui laisse jusqu'à présent à désirer.
L'occasion revêt un caractère particulier, rappelle le Souverain, le parlement marocain fêtant le cinquantenaire de sa fondation. Sans manquer de souligner que le modèle démocratique marocain acquit une dimension de «précurseur au sein de son environnement régional et continental». L'édifice démocratique marocain s'appuyant sur les deux niveaux de représentativité politique que sont les mandats parlementaire et communal, le plus important donc, estime SM le Roi «c'est que chacun de ces élus assume ses missions nationales et locales, et ses devoirs à l'égard des électeurs qui lui ont accordé leur confiance».
Que chacun fasse ce qu'il a à faire. «Le parlement s'érige désormais comme l'unique responsable de l'adoption des lois» alors que les partis politiques se doivent «d'œuvrer pour l'émergence de compétences et d'élites régionales nouvelles, qui soient aptes à prendre en main les affaires publiques locales, surtout au vu des larges attributions que confère la Constitution aux collectivités territoriales, et compte tenu des perspectives qu'ouvre la régionalisation avancée, et des défis qu'elle induit».
Est-il besoin de rappeler que le Maroc est en retard des élections communales, qui devaient avoir lieu en 2012, avant d'être reportée en 2013 et il est à espérer qu'elles vont bien avoir lieu en 2014, puisque le doute persiste. Parce qu'en réponse à une question à ce sujet posée il y a quelques mois par la presse, le chef du gouvernement a eu cette réponse qui laisse songeur: «Ne vous précipitez pas et tâchez de comprendre la politique» !
Ce que l'on comprend déjà du discours royal, c'est l'appel au renouvellement des élites locales pour répondre au besoin de profils plus adaptés à la régionalisation avancée.
Faiblesse de rendement
Pour ce faire, le gouvernement et le parlement sont invités à accomplir également la mission qui leur est dévolue. «Nous engageons également le gouvernement et le parlement à traduire dans les faits les dispositions relatives à la Région et aux autres collectivités territoriales, et à adopter les textes juridiques y afférents. (...) Il appartient au gouvernement d'activer l'adoption de la charte de déconcentration administrative, d'autant plus que cette initiative relève de sa compétence, et qu'elle ne tient qu'à sa volonté propre. Cette charte, Nous l'avons déjà appelée de Nos vœux à maintes reprises».
Les Marocains n'ont pas manqué de remarquer l'insistance de SM le Roi, lors de son discours, sur les carences infrastructurelle et de gouvernance auxquelles est confrontée la métropole de Casablanca. Le Souverain n'a pas caché son dépit. «Casablanca est la ville des disparités sociales les plus criantes, où se côtoient les catégories riches et les classes pauvres. C'est la ville des gratte-ciel et des bidonvilles. C'est le centre de la finance et des affaires, mais aussi de la misère, du chômage et d'autres maux, sans parler des déchets et des ordures qui en ternissent la blancheur et entachent la réputation.
(...) Mais pourquoi cette ville, qui compte parmi les plus riches du Maroc, ne connaît-elle pas concrètement l'essor auquel aspirent les casablancaises et les casablancais, à l'instar de beaucoup d'autres villes ? Est-il raisonnable qu'elle reste à ce point un espace des grandes contradictions, jusqu'à devenir l'un des modèles les plus faibles en matière de gestion territoriale ?».
Ce cri de cœur concernant la première ville du Royaume qu'il a visitée après son ascension au Trône et dont il suit de près l'évolution, prouve à quel point le Souverain est exaspéré par quelques unes des raisons majeures ayant débouché sur cette situation. SM le Roi a dénoncé avec véhémence «le mode de gestion adopté par certains Conseils élus qui se sont succédé à la gestion de la ville», «les antagonismes stériles entre leurs composantes respectives» et «la multiplicité des fonctions assumées par les membres de ces Conseils et le cumul des responsabilités».
Déficit de gouvernance
Car ce n'est pas un problème de moyen, comme le rappelle si bien le Souverain. «Le budget du Conseil communal de Casablanca dépasse trois ou quatre fois celui de Fès ou Marrakech, par exemple, il n'en demeure pas moins que les réalisations effectives de ces deux villes en matière de prestation de services de base de qualité sont de loin supérieures à ce qui a été accompli à Casablanca». SM le Roi a résumé la situation «en un mot, le problème dont souffre la capitale économique tient essentiellement à un déficit de gouvernance».
Voilà donc un cas typique d'incompétence, pour diverses causes pires les unes que les autres. La conséquence est non seulement la défaillance de quelques élus dans leur mission d'assurer le bien être de leurs électeurs, mais aussi un manque à gagner difficile à chiffrer en terme d'investissements et de création d'emplois et de richesses.
Comment ériger, en effet, Casablanca en un pôle financier d'envergure internationale, rôle auquel la capitale économique du Royaume est en droit d'aspirer, quand ses infrastructures et équipements sont aussi éloignés des normes mondiales ? Car, souligne le Souverain, «l'essor des villes ne se mesure pas uniquement à l'aune de la hauteur de leurs tours et de la largeur de leurs avenues, mais on l'évalue essentiellement en fonction des infrastructures et des services publics disponibles, et à la lumière de la qualité de vie dans ces villes».
Le chapitre 9 de la Constitution, qui traite des régions et des collectivités territoriales, place celles-ci au centre du développement socioéconomique du Royaume, outre son ambition d'ancrer plus profondément la démocratie en promouvant la participation directe des citoyens. Mais pour ce faire, les élus locaux se doivent d'assumer leurs responsabilités. «C'est aux Conseils communaux qu'il revient d'assurer la gestion des services de base dont le citoyen a besoin chaque jour», rappelle SM le Roi.


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