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Violences à Achoura : une crise sociale qui ne dit pas son nom
Publié dans Maroc Diplomatique le 02 - 09 - 2020

Le samedi du 29 août n'était pas comme les autres, pour les Rbatis et les Casablancais qui ont vécu une nuit marquée par les violences dans plusieurs quartiers. Des groupes de jeunes, transformés en « casseurs », ont décidé de détruire mobilier urbain, brûler des voitures et agresser les forces de l'ordre. Cette violence qui a marqué les célébrations d'Achoura n'est qu'un phénomène parmi tant d'autres, traduisant la frustration de certains jeunes, pour les sociologues, que nous avons fait réagir à ce sujet.
Des pétards dans les rues, des œufs pourris jetés sur les passants ou encore des ballons d'eau qui arrivent dans la figure quand on s'y attend le moins, des idées ancrées pour fêter Achoura, sauf que depuis quelques années, cette fête dérape des fois, et vire vers l'absurdité, à l'instar du samedi dernier, où on a vu des images des célébrations se transformer en affrontement avec les forces de l'ordre qui comptent des blessés dans leur rang. Des violences qui représentent un jeu pour ces « enfants », mais qui peuvent se révéler dangereuses pour les victimes.
« Un moment de règlement de compte », comme le définit la sociologue Soumaya Naamane Guessous, qui estime qu'Achoura symbolise pour ces jeunes, « l'occasion de se retrouver en bande et de faire la fête dans le domaine public ». Ces jeunes, dont la plupart seraient oisifs, se sentent frustrés, d'où l'agressivité dont ils ont fait preuve, lors des célébrations de Achoura. C'est là que le bât blesse, selon notre sociologue.
Pour elle, « la violence chez les jeunes est banalisée, surtout chez la population qui n'a pas l'occasion de s'exprimer dans le domaine public et dès que l'occasion se présente, ces gens frustrés sortent dans la rue ».On comprend, aujourd'hui, qu'Achoura se soit transformée en défouloir dangereux des jeunes, au-delà du côté festif et agréable qu'on connaissait autrefois.
Qui sont ces jeunes ?
La professeur Rita El Khayat, psychiatre, anthropologue et écrivaine, dresse le profil psychologique de ces jeunes, « il s'agit de délinquants ou de pré-délinquants », qui auraient possiblement vécu dans des conditions difficiles et des milieux défavorisés. Ce qu'on voit pendant Achoura, n'est qu'un phénomène parmi d'autres. « Il s'agit de profils potentiellement déséquilibrés, qui n'ont pas trouvé un moyen autre que la violence pour exprimer leur frustration », selon les explications de cette psychiatre.
Cette spécialiste, appelle ainsi, à l'éducation à l'ordre et à l'équilibre. « Ce n'est pas uniquement lié à Achoura. C'est un problème à dimension sociale », commente notre source. Dans ce cadre, cette spécialiste trouve que le service militaire serait intéressant pour leur apprendre la discipline.
À défaut de moyen pour évacuer leur énergie, ces derniers n'ont accès ni aux plages, ni au sport, pas de matchs, pas de regroupements, pas centres culturels, pas de jardins, s'ajoute à cela, la crise sociale et économique, dont découle d'indénombrables problèmes. Ce qui accentue leur frustration davantage.
Coupables ou victimes ?
Il semblerait qu'on ne naît pas coupables, on le devient. « Certes, à partir d'un certain âge, ils deviennent coupables, mais ils sont victimes de la manière dont on les a conçus, portés, accouchés... », rétorque El Khayat.
La source du problème est difficile à identifier, vu la multitude de facteurs interdépendants les uns des autres. Cette psychiatre pointe la dégradation de la condition féminine, comme facteur déclencheur. « Il serait temps que nos politiques se réveillent un peu », dit-elle.
Un avis que partage Abdelfattah Ezzine. Dans le même registre, ce sociologue estime que « les marginaux prennent alibi d'une réalité reconnue par la société et l'Etat pour manifester leur rejet et leur violence.Ce ne sont même pas de révoltés, ce sont plutôt des délinquants, qui ne défendent aucune cause », explique-t-il. Chose qui peut engendrer l'émergence de ce qu'il appelle « des classes dangereuses », des personnes prises au piège du filet pénal, et qui sont majoritairement issues des classes les plus défavorisées.
Qui est, donc, responsable de cette situation ? Ce sociologue pointe du doigt tout « le bassin éducationnel », à savoir, l'école, la famille, les associations, les maisons des jeunes, la société, etc. Dans ce sens, il appelle à canaliser la violence des jeunes et leur apprendre le fair-play pour qu'ils apprennent à évacuer leur colère.
Sur le terrain, Ahmed Ghayat, président de l'association « Marocains Pluriels » a essayé de discuter avec des jeunes ayant fêté Achoura samedi soir dans leurs quartiers. Ce qui lui a permis de constater que « l'immense majorité de ces jeunes étaient là pour se divertir, passer un moment ensemble, « faire du bruit ». La majorité d'entre eux ne connaît pas la signification de Achoura ».
Quant aux casseurs qui voulaient s'en prendre aux forces de l'ordre. « Une minorité de jeunes les a suivis (notamment les plus jeunes) par « effet de meute » », indique-t-il sur sa page Facebook.
S'ajoute à cela la crainte d'un « no-future », pour lui, « c'est le sentiment d'être laissés pour compte, et une immense impression d'être ignorés, méprisés... ». Ceci dit, « quelles réponses apportons-nous à tous ces maux de notre jeunesse ? », s'interroge cet acteur associatif.
Toutefois, rien ne justifiait les violences perpétrées contre la police, le soir du samedi 29 août, qui a abouti à l'interpellation de 157 individus, dont des mineurs, pour leur implication présumée dans des actes de vandalisme, de jets de pierres, de résistance aux éléments des forces publiques et d'incendie de pneus sur la voie publique.


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