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Noureddine Bensouda, nouveau directeur des impôts L'AUTORITE SEREINE
Publié dans MarocHebdo le 13 - 02 - 1999


Noureddine Bensouda, nouveau directeur des impôts
L'AUTORITE SEREINE
C'est un homme peu habitué aux feux de la rampe qui se retrouve à la tête de la Direction des impôts. Noureddine Bensouda, nouveau directeur des impôts, n'en est pas pour autant un novice dans le domaine. En une douzaine d'années de carrière au sein du département des finances, il a pu maîtriser les différents rouages d'une administration dont il compte désormais parmi les principaux responsables.
Le premier trait qui frappe chez ce jeune bardé de diplômes est une sorte d'économie du geste qui, loin de desservir le propos, lui donne toute sa puissance. Noureddine Bensouda, 36 ans, doit faire partie de ceux, peu nombreux, qui naturellement se refusent au mariage de ces deux formes d'expression qui donne naissance à une " parole gestuelle " hybride et souvent inefficace.
La voix par contre est bien timbrée. Le ton calme. L'accent impeccable. Les phrases courtes, allant droit à l'essentiel. Le tout donne l'impression d'une profonde sérénité qui surprend quelque peu chez un jeune appelé à se jeter la tête la première dans une bien rude bataille.
Cependant, les manières posées et calmes de l'homme ne trahissent qu'a peine une formidable énergie de travail. Une puissance que des années de pratique ont permis de canaliser, de dompter, pour la déchaîner à bon escient et au bon moment. C'est ce qui fait de Noureddine Bensouda ce travailleur acharné, apprécié par ses collaborateurs, qui va toujours au bout de ce qu'il entreprend. Sans gaspillage.
Une qualité qui ne manquera pas de faciliter la tâche de celui qui hérite d'une direction, en première ligne du débat, en ces temps d'amnistie fiscale et de mise à niveau comptable.
Serein
Une bataille qui suppose des troupes aguerries à toutes les techniques, des experts au fait des différentes expériences étrangères, des agents animés du sens des responsabilités et de l'intérêt de l'Etat. Bref, un capital humain à même de relever tous les défis. Cela tombe bien. Noureddine Bensouda est réputé pour être un acharné défenseur de la promotion du capital humain et un technicien rompu aux outils modernes de gestion.
L'intérêt de l'homme pour cette question ne date pas d'aujourd'hui. En 1985 déjà, il avait décroché une licence en droit public à la faculté de Rabat, en soutenant un mémoire sur le thème de la médiation entre administration et administrés. Une disposition qui rassure, quand on sait que le nouveau directeur des Impôts préside aux destinées d'une administration forte de quelque 5000 cadres et agents à travers ses différentes sous directions régionales.
Gestionnaire
Ces qualités humaines ne font pas cependant de l'ombre aux compétences de ce jeune responsable. Juriste confirmé, il est également titulaire d'un diplôme de droit comparé. En matière de fiscalité, Noureddine Bensouda est un spécialiste de la TVA, à laquelle il avait consacré sa thèse de doctorat en présentant en 1993 un travail de recherche sur la reforme de la TVA au Maroc. Des connaissances qu'il mettra immédiatement à profit en assurant un cours sur la théorie générale de l'impôt à l'Ecole nationale d'administration. Etablissement d'où sont issus de nombreux fiscalistes marocains.
À premier abord, l'expérience du nouveau directeur des impôts au sein de la direction ne paraît pas très longue. C'est en 1993 qu'il a intégré cet établissement en tant que directeur adjoint en charge de l'inspection centrale et des recoupements.
Ce serait cependant faire fi des longues années que Noureddine Bensouda a passées au sein du ministère des Finances. Il avait en effet rejoint le cabinet du ministre des Finances en 1986 en tant que chargé d'études.
Ce fut pour lui une occasion de connaître de près les principales directions du ministère, dont la direction du Trésor et des Finances Extérieures, la direction du Budget, l'administration des Douanes et Impôts Indirects et la direction des Impôts.
Dans cet environnement multidisciplinaire, le jeune diplômé montrera des aptitudes sûres qui lui vaudront d'être promu en 1991, chef de cabinet du ministre des Finances.
En même temps, il prend part à la formation dispensée en finances publiques par l'institut du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. Suivent plusieurs missions de coopération internationale en particulier avec l'Internal revenue service , une administration fiscale des Etats-Unis, et les administrations fiscales canadienne et Québecoise.
C'est donc fort de ce capital que Noureddine Bensouda prend ses fonctions de directeur des impôts. Une position bien inconfortable il faut dire. Le vent de changement qui a soufflé sur l'attitude fiscale de l'Etat, a pris des allures de bourrasque pour la Direction des impôts.
Le prédécesseur de Noureddine Bensouda, l'éminent fiscaliste Abdelali Benbrik, aujourd'hui inspecteur général des finances, avait dû déployer des trésors de patience pour amener les chefs d'entreprises et experts a adhérer aux nouvelles mesures prévues par la loi de Finances.
La campagne d'explication menée tambour battant avait souvent buté sur la mauvaise volonté de ceux qui étaient déroutés par l'aspect particulièrement technique des choses, ou qui rechignaient à adopter une transparence qui se serait soldée par des décaissements, jugés conséquents. Le chantier est toujours ouvert.
Manager
Le nouveau directeur des impôts aura certainement à continuer sur la lancée de l'ancien. Tant, un sentiment d'impunité s'est enraciné dans les esprits, ce qui nécessitera bien des efforts de communication, mais aussi une certaine poigne, pour que la transparence préside à toutes les opérations comptables des entreprises.
Certes, la mise à niveau des bilans et l'amnistie fiscale ont réussi au delà des espérances, avec des recettes d'un milliard de Dh de plus que les prévisions. La mise à niveau comptable a généré quelque 240 millions de Dh pour le Trésor, même si les entreprises qui y ont souscrit ont bénéficié d'un abattement de 60%.
La contribution libératoire elle, a rapporté quelque 3,4 milliards de Dh en comptabilisant les dossiers vérifiés avant l'arrêt des comptes. Cependant, le fisc reste toujours perçu comme un ogre dangereux par les opérateurs économiques et l'instauration d'un partenariat sain entre ces deux principaux acteurs de la scène économique nationale demandera beaucoup d'efforts. La normalisation comptable intégrale n'est certes pas pour demain, mais un premier pas est déjà fait.
L'augmentation ces dernières années des recettes de l'IS et de la TVA dénote d'avancées dans le processus de normalisation de la situation fiscale des entreprises. Mais il faudra favoriser cet élan. Ce sera là, peut être, le plus important défi à relever pour Noureddine Bensouda.
La force tranquille de cet amoureux de lettres lui permettra certainement de rallier à plus de transparence, ces trop bons calculateurs, nostalgiques d'une époque où les bourses ne se déliaient pour le Trésor public que sous la menace de sanctions.
Le management des ressources humaines, auquel on le dit particulièrement attaché, insufflera davantage d'énergie encore aux milliers d'agents qui veillent sur les droits des contribuables. La rigueur qu'on lui reconnaît fera le reste.