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La MAP change de directeur général
Publié dans MarocHebdo le 19 - 11 - 1999


LE DEPART D'UN VETERAN
Atteint par la limite d'âge, Abdeljalil Fenjiro, 61 ans, a consacré les meilleures années de sa vie à l'agence Maghreb Arabe Presse. Homme chevronné et convivial, l'ex-directeur général de la MAP n'a pas démérité. Décoré par S.M le Roi du Wissam Al Arch de l'ordre d'officier, il a cédé sa place à Yassine Mansouri, un compagnon de classe du souverain. Le nouveau patron de l'agence a une mission de modernisation des rouages de cette grosse machine.
Ces derniers temps, il n'avait qu'une seule ambition : s'aménager une sortie honorable. Partir par la grande porte comme on dit. Le vu de Abdeljalil Fenjiro a été exaucé. Le mardi 16 novembre, le directeur général de Maghreb Arabe Presse a quitté ses fonctions à la tête de l'agence. S.M le Roi Mohammed VI a nommé à sa place Yassine Mansouri, un de ses compagnons de classe.
Le Souverain a reçu le sortant qu'il a décoré du Wissam d'Al Arch de l'ordre d'officier. Une gratification pour le travail accompli à l'agence de presse officielle du pays.
Auréolé de la distinction royale, M. Fenjiro est arrivé au terme de sa carrière professionnelle. Une carrière pleine et remplie. Il attend toutefois d'être incessamment "appelé à de nouvelles fonctions". Lesquelles? Personne ne sait. Une chose est sûre: l'intéressé est arrivé à l'âge de la retraite. Il est âgé de 61 ans.
Malentendu
Abdeljalil Fenjiro, qui n'a pas démérité, est un homme heureux. N'a-t-il pas traversé une période de doute suite de la publication du rapport d'audit de l'IGF qui a sévèrement épinglé la gestion de la boîte ? Son destin de haut fonctionnaire a tremblé notamment à cause de l'affaire Majidi mentionné dans le document de l'inspection. Et patatras. Celui qui était sûr d'être à l'abri de toute mauvaise surprise n'est plus sûr de rien. Il a le sentiment d'être abandonné par ses amis. Abdeljalil Fenjiro, qui n'est pas né de la dernière pluie, est en tout cas convaincu que ses contempteurs se sont servis de cette affaire classée dans un contexte sensible pour salir son image alors qu'il est en fin de parcours. En homme intelligent et habile, il applique le fameux principe, l'attaque est la meilleure défense. À la guerre comme à la guerre.
Ainsi l'ex-directeur général de la MAP réussit-il à sortir de cette mauvaise passe et à tirer son épingle du jeu non sans avoir vécu plus d'un malentendu, au sujet de l'affaire Majidi, avec le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi et surtout avec le ministre de la Communication Mohamed Larbi Messari.
Aubaine
Depuis l'exhumation de ce dossier sulfureux et les appréciations auxquelles il a donné lieu (voir MHI n°385), le chef du gouvernement ne veut plus rencontrer Abdeljalil Fenjiro, encore moins le prendre au téléphone. À cela s'ajoute le dernier conseil d'administration de l'agence dont les travaux ont été suspendus. En un mot, le torchon brûle entre les deux hommes.
Mais voilà qu'une aubaine se présente à M. Fenjiro pour discuter avec M. Youssoufi : un dîner de gala à l'occasion du 40ème anniversaire de la MAP, jeudi 18 novembre, à Rabat. Fenjiro prépare minutieusement l'événement, plusieurs semaines auparavant, et envoie les cartons d'invitation à diverses personnalités du monde politique, diplomatique, économique et médiatique. Le carton mentionne que l'invitation émane de Abderrahmane Youssoufi et de Abdeljalil Fenjiro.
En acceptant de présider cette manifestation, le Premier ministre savait-il que M. Fenjiro était partant et qu'à la date de l'événement, ce dernier ne serait plus patron de la MAP? En tout état de cause, maintenant que cette institution a un autre chef, l'enjeu de l'anniversaire n'a plus la même acuité pour Abdeljalil auquel on a offert les derniers honneurs d'une belle sortie, puisque la cérémonie de passation des pouvoirs entre lui et son successeur a été programmée pour le vendredi 19 novembre. Il a ainsi fait ses adieux à une agence à laquelle il a donné les meilleures années de sa vie.
Diplômé de l'institut des hautes études marocaines, lauréat du centre international de l'enseignement supérieur de journalisme de l'université de Strasbourg, Abdeljalil Fenjiro a fourbu ses armes de journaliste à la MAP comme reporter en 1962. Le jeune Abdeljalil s'avère pugnace et bosseur.
C'est ainsi qu'il est promu à plusieurs postes de responsabilité avant de prendre en 1974 les rênes de l'institution fondée par Mehdi Bennouna dont il a consolidé les moyens et impulsé le développement, au fil des années.
Le verbe flamboyant, le visage sympathique, ce natif de Rabat est un homme réservé. Au lendemain de son départ de la MAP, la Fédération des agences de presse arabe tenait à Casablanca sa 27e assemblée générale. Fenjiro sera reconduit par ses homologues dans son poste de président d'honneur de la FANA dont il a été élu président à trois reprises, au début des années 80 et 90.
Grâce au poste stratégique qui était le sien, il a pu tisser un réseau d'amitiés avec l'establishment marocain par le jeu des fameuses notes d'informations envoyées par les bureaux internationaux de la MAP. Il s'agit d'informations informelles qui ne sont pas versées dans le fil mais orientées vers les différends décisionnaires nationaux. Avec cette façon de gérer l'information, la MAP est devenue forcément un centre de pouvoir important et son patron une personnalité incontournable.
Homme expérimenté, Abdeljalil Fenjiro ne regrette qu'une seule chose : ne pas avoir eu le temps de faire de la MAP un véritable outil d'information et de consolider son essor. Le frein principal à la réforme reste les statuts qui font de l'agence un instrument au service des pouvoirs publics qui diffusent par son biais l'information que ces derniers jugent utile de diffuser.
Rouages
Cependant, il a fallu la polémique suscitée autour de l'agence à cause du rapport d'audit de l'I.G.F. pour que Abdeljalil Fenjiro se résout à entamer une certaine modernisation des rouages de la machine et à revoir les critères de recrutement des chefs de bureaux de l'étranger.
Pour mener cette entreprise de refonte, l'ex-directeur général a rappelé au siège Ahmed Belhelloumi, l'ex-chef de bureau MAP à Bruxelles auquel il a confié le poste de directeur de la rédaction.
Journaliste chevronné, homme rompu aux relations humaines, M. Belhelloumi s'est, dès sa prise de fonctions, attelé à la tâche avec brio. Certains ont vu dans cette nomination une manière de préparer M. Belhelloumi à succéder à Abdeljalil Fenjiro à la tête de la MAP. Cela aurait été une bonne idée. Mais la promotion interne n'a pas joué.