Mis en cause après la révélation de liens passés avec le financier américain Jeffrey Epstein, décédé en détention en 2019, Jack Lang a fermement écarté toute hypothèse de démission de la présidence de l'Institut du monde arabe. Interrogé mercredi sur BFMTV, Jack Lang, âgé de 86 ans, a assuré ne pas envisager une seconde de se retirer de ses fonctions, malgré la décision de sa fille Caroline de quitter récemment un syndicat de producteurs de cinéma. Une position qu'il a également réaffirmée lors d'un entretien accordé à RTL. Pour justifier son maintien à la tête de l'IMA, Jack Lang a mis en avant la bonne santé de l'institution culturelle parisienne, soulignant une forte fréquentation du public et évoquant des messages de soutien et de félicitations reçus de plusieurs pays arabes. Cité dans des documents faisant état de relations avec Jeffrey Epstein, l'ex-ministre français a affirmé n'avoir jamais eu connaissance du passé judiciaire du financier au moment de leurs échanges. « Je suis sans doute naïf, peut-être trop confiant », a-t-il déclaré, expliquant ne pas enquêter sur le parcours pénal des personnes qu'il rencontre. Il a décrit l'homme qu'il connaissait alors comme un amateur d'art « cultivé et courtois », assurant que toute relation avait cessé dès que les faits criminels ont été rendus publics. Concernant l'apparition de son nom dans les statuts d'un fonds offshore créé en 2016 par Epstein, doté de 1,4 million d'euros, Jack Lang s'est dit « stupéfait ». Il a dénoncé une initiative prise sans son accord, évoquant une « naïveté confondante » dans un projet qu'il attribue à une idée portée par sa fille autour de l'acquisition d'œuvres d'art. Il a insisté sur le fait qu'aucune somme n'avait bénéficié ni à lui ni à sa famille. Jack Lang a en revanche reconnu avoir personnellement sollicité Jeffrey Epstein pour un montant précis : près de 58.000 dollars, versés à une association liée à la production d'un film consacré aux « années Lang-Mitterrand ». « Oui, c'est moi », a-t-il admis, estimant qu'il n'y avait là rien d'illégal. Selon lui, ces fonds ont été intégralement affectés au projet concerné. Il a également mentionné un soutien financier ponctuel du financier américain pour un film en hommage à sa fille décédée, Valérie. Interrogé sur un courriel de 2018 évoquant des enfants et de « nouvelles sexualités », Jack Lang a expliqué ne pas en avoir de souvenir précis, évoquant l'hypothèse d'un projet cinématographique jamais abouti. Enfin, revenant sur une tribune publiée en 1977 en faveur de la dépénalisation de relations sexuelles avec des mineurs, il a reconnu qu'il s'agissait peut-être d'une « erreur », tout en rappelant que cette prise de position était collective à l'époque, citant notamment Jean-Paul Sartre et Michel Foucault parmi les signataires. Se disant aujourd'hui « blanc comme neige », Jack Lang a conclu n'éprouver aucun regret d'avoir connu celui qu'il décrit comme « le premier Epstein », un homme qu'il percevait alors uniquement comme un passionné d'art.