Melilla : Le CNDH crée une mission d'information à Nador et environs    Affaire Fadel Breica contre Brahim Ghali : Le juge de l'Audience nationale rejette la demande loufoque de Ghali concernant ce qu'il nomme « un plan marocain pour « faire pression » sur l'Espagne », car sans preuve judiciaire    Maroc. Africa Motors lance officiellement la marque automobile Chery    Algérie: Oran frappée par un séisme    Une ministre israélienne brille en caftan marocain (PHOTOS)    African Lion 2022: une haute délégation maroco-américaine visite l'hôpital de campagne à Taliouine    Colombie : Des morts dans l'effondrement d'une tribune d'arène de corrida    Journée internationale contre la torture : Un fléau toujours présent    Migration illégale: Pedro Sanchez a évoqué le Maroc    Covid-19 au Maroc: pourquoi les cas vont continuer de grimper    Khouribga / 21ème édition du Festival des Abidat Rma : Art vivant et patrimoine éternel    El Jadida / Moussem Moulay Abdellah Amghar : 3600 cavaliers et 500.000 visiteurs sont attendus    Voici le prix de la dernière tenue de Saad Lamjarred (PHOTO)    Infrastructure: Biden annonce une initiative mondiale de 200 milliards $    Le CFCM 20 ans après : l'institution ressemble davantage à une vitrine qu'à une réalité    Migration illégale: Sanchez qualifie le Maroc de "partenaire stratégique" qui se bat contre les mafias internationales    Coupe arabe U20 : Les Lionceaux de l'Atlas hérite du groupe 6    Oran. Des boxeurs croates victimes d'intoxication alimentaire    Migration: Des ambassadeurs africains expriment leur disposition à collaborer avec le Maroc    Maroc : Mise en échec d'une opération collective d'immigration près de la clôture de Ceuta    Allemagne/aéroports: des travailleurs étrangers pour pallier la pénurie de mains-d'œuvre    HealthTech: Southbridge A&I lancent I3, en faveur des startups africaines    L'ANRE et la PUA d'Israël jettent les bases d'une forte coopération dans le domaine de la régulation de l'électricité    Maroc : Six nouveaux monuments historiques d'El Jadida inscrits patrimoine national    Latifa Akharbach plaide pour un dialogue inclusif et égalitaire à Sofia    Le cri d'alerte de la société civile    Rapport : La baignade déconseillée sur 23 plages au Maroc    Centre national de l'arganier: Sadiki donne le premier coup de pioche    Tourisme : Rabat mise sur son attractivité culturelle    Festival Gnaoua : La 24ème édition à partir du 22 juin 2023 à Essaouira    6,17 millions DH accordés à 14 festivals    Marathon de pétanque de Casablanca: Le Stade Marocain (hommes) et Chabab Khénifra (dames) remportent le titre    RNI : les membres du parti de la colombe réitérent leur soutien à Aziz Akhannouch    BAM: Les exportations de la construction automobile prévues à 52,6 MMDH en 2022    Baccalauréat : 573 individus interpellés pour leur implication présumée dans des actes de fraude (DGSN)    Botola: résultats complets et classement (28ème journée)    Classement mondial futsal : le Maroc se hisse à la 10e place (VIDEO)    Jeux Méditerranéens : La sélection marocaine de football U18 s'incline devant la France (1-0)    JM Oran 2022 : Les Lionceaux de l'Atlas battus par les Bleuets (vidéo)    À quoi s'attendre du sommet de l'OTAN à Madrid    L'AMIC publie son rapport sur l'impact du capital-investissement au Maroc    Des députés marocains arrivent en Afrique du Sud pour une session du Parlement panafricain    Cannabis médicinal: l'expérience israélienne rayonne à Casablanca    La récession serait inévitable pour certains pays, prévient la Banque mondiale    Météo: les prévisions du lundi 27 juin    TPME: Plus de 2.500 projets appuyés par Maroc PME en 2021    Drame migratoire : Accusé par l'Algérie et le Polisario, le Maroc communique avec des ambassades africaines    Quand Rabat vibre aux rythmes de Gnaoua et Musiques du monde    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La piste terroriste
Publié dans MarocHebdo le 17 - 01 - 2003


Vol d'armes à la caserne militaire de Taza
Il s'appelle Youssef Amani, du haut de ses 22 printemps, le soldat serait au cœur d'une affaire de vols d'armes sur fond d'islamisme radical. L'affaire a démarré le mercredi, premier jour de l'an.
• L'interrogatoire du soldat a levé le voile sur des complicités au sein de la caserne, une dizaine de militaires seraient impliqués dans l'organisation de ce vol.
Ce jour-là, un contrôle de routine à la caserne militaire de Taza faisait état de la disparition de sept kalachnikov et de 15 boîtes de cartouches. L'alerte donnée, la gendarmerie, qui a placé des barrages sur tous les points d'accès de la région a réussi à arrêter le jeune soldat le lendemain du vol chez lui, à Meknès, et par la même occasion a mis la main sur le lot de sept pistolets-mitrailleurs. L'interrogatoire du soldat a levé le voile sur des complicités au sein de la caserne, une dizaine de militaires seraient impliqués dans l'organisation de ce vol.
Pour ce qui est des véritables commanditaires de l'opération, selon les premières déclarations du militaire arrêté, ces armes étaient destinées à être vendues à un repris de justice, recherché pour meurtre, qui projetait le braquage d'une banque. Mais les arrestations opérées dans le cadre de l'enquête montrent bien que la police soupçonne les milieux extrémistes islamistes.
L'arrestation de Abdelwahab Rabiï et de trois autres activistes islamistes le dimanche dernier à Meknès a mis les enquêteurs sur la piste islamiste. Selon les dires du soldat incarcéré, qui lui-même flirtait avec la mouvance islamiste d'après les enquêteurs, Rabiï devait récupérer les armes dans un premier temps et les cacher avant de les acheminer vers Casablanca.
Mouvance
Alors qu'à ce stade de l'enquête, menée parallèlement par la DST et les services spéciaux de l'armée, on ne sait pas vraiment si les motivations de la bande relèvent vraiment de l'activisme extrémiste ou du simple banditisme, il est clair que la piste terroriste n'est pas à écarter. D'autant plus que l'expérience algérienne a clairement montré que les groupes extrémistes sont souvent impliqués dans des affaires de droit commun: trafic de drogue ou d'armes.
Il est très difficile de séparer l'activité criminelle de l'engagement au sein de ces groupuscules.
On se rappelle aussi que l'attentat de l'hôtel Asni de Marrakech en 1994 garde toujours son mystère.
A Marrakech, le 24 août 1994, deux hommes armés cagoulés avaient tiré des coups de feu en l'air avant de prendre pour cible un petit groupe de touristes présent dans le hall de l'hôtel Atlas-Asni. Deux Espagnols avaient été tués et une Française grièvement blessée. Le commando, composé de Stéphane Aït Idir, Redouane Hammadi, Tarek Felah, trois beurs de la cité des 4000 à La Courneuve avait été arrêté.
Avant d'être appréhendés, les terroristes avaient un programme bien chargé, ils devaient perpétrer au moins quatre actes terroristes au Maroc. A Marrakech, puis à Casablanca, Tanger et Fès. Chaque commando avait une mission bien précise, à Tanger, un groupe de terroristes devait se rendre sur la plage et tirer sur la foule des baigneurs. À Casablanca, deux Marocains, Mohamed Azil et Abderrazak Mountassir, aujourd'hui détenus en France, et un Algérien, Hamel Merzoug, condamné à mort à la prison de Kenitra, devaient s'attaquer à une synagogue. Et sur Fès, Abderrahmane Boujedli avait pour mission, avec deux de ses complices d'assassiner un agent de police.
Implication
On avait découvert par la suite que le groupe d'Asni avait subi un entraînement intensif dans les camps de la Qaïda en Afghanistan. C'est Rachid, un Marocain né en 1958, de son vrai nom Abdelilah Ziyad, qui avait recruté les jeunes beurs à la Courneuve, avant de les embarquer en Afghanistan via Peshawar. C'est dans les mosquées de banlieue que des "rabatteurs" cherchent à recruter des militants prêts à l'action armée.
Plus récemment, le quotidien belge Le Soir, citant une source arabe «digne de foi» rapportait que l'activiste islamiste se trouverait en Belgique. Ziyad fréquenterait «plusieurs personnes originaires du Maghreb et ne dissimulerait pas son implication» dans l'action terroriste qui coûta la vie à deux touristes espagnols.
Le journal faisait remarquer que «personne ne voulait croire qu'à l'époque, le royaume du Maroc pouvait héberger un quelconque réseau islamiste».
Le quotidien belge a souligné que ce n'est que plusieurs années plus tard que des «indices concrets confirmeront l'enracinement de l'islamisme au Maroc, avec base arrière en Europe de l'Ouest».
Commentant cette affaire, les analystes, qui tentent de faire porter le chapeau au mouvement du Cheikh Yassine, n'hésitant pas à mettre dans le même sac les islamistes du PJD, ont opté pour la facilité parce qu'un ennemi identifié vaut mieux qu'une nébuleuse de groupuscules sans visage.
Abdessalam Yassine est peut-être particulièrement vieux, mais il n'est pas complètement sénile. Le personnage a choisi depuis longtemps de bannir la violence de son programme politique, ayant bien retenu la leçon algérienne. Ce n'est pas aujourd'hui, face à la répression tous azimuts que connaissent les mouvements islamistes partout dans le monde que le vieux routier de l'islamisme va se fourvoyer dans cette voie.
Al Adl Wal Ihsane attendra que «le fruit soit assez pourri pour le cueillir», comme se plait à le répéter sa fille Nadia. Quant aux islamistes du PJD, ils sont trop occupés à gérer leur future victoire aux communales pour se fourvoyer dans une voie aux destinées incertaines.
Mission
Le journal algérien La nouvelle république résume bien cette attitude et rapporte dans son édition du mercredi dernier que «les islamistes, peut-être plus que les autres, sont si passionnés par ce retour sur la scène politique, et sans doute aussi frustrés de voir leurs "frères" triompher aux élections dans nombre de pays, notamment en Turquie, où, cette fois, le raz-de-marée réalisé par un parti modéré n'avait pas soulevé le veto de l'armée, et aussi au Maroc avec l'expérience entamée par un autre mouvement modéré, qui a révélé la puissance du courant fondamentaliste dans ce pays voisin».
«Salafia Jihadia, Takfir Wal Hijra, Ahl Sunna, At-Tabligh…», les appellations foisonnent, certaines expriment une réalité palpable, d'autres une pure invention pour mettre une identité derrière une nébuleuse sans nom. Mais au-delà de ces titres, l'islamisme radical est, aujourd'hui plus que jamais, disposé à rejoindre le maquis.
Pour l'instant, ce radicalisme coïncide avec une période caractérisée par la difficulté à lire l'avenir, mais l'approche sécuritaire préconisée par les Américains et adoptée par le Maroc, à l'instar de nombreux pays arabes, a décrété la naissance certaine du terrorisme.