Les Emirats Arabes Unis ouvrent un consulat à Laâyoune    Volleyball: le message du roi Mohammed VI à Bouchra Hajij    Covid-19 : une étude britannique fait état d'une diminution rapide de l'immunité acquise chez les malades asymptomatiques    PLF 2021: l'opposition déplore « un manque d'audace »    Banques participatives: 7,7 MMDH de financements accordés à fin juin 2020    Un autre pays africain ouvre son consulat à Laâyoune    Prison de Tiflet: le chef de la cellule terroriste démantelée à Témara commet un meurtre    Crimes et violence au Maroc: 220.000 arrestations en 2020    FC Barcelone: Josep Maria Bartomeu démissionne    Le président de la FIFA testé positif au covid-19    Tourisme: quelle est la perception générale de la destination Maroc ? (Etude)    3988 nouveaux cas au Maroc: la répartition par régions    Aïd Al Mawlid: contrôles renforcés à Tanger    Magazine : F.C. Séville et Atalanta Bergame, deux clubs qui donnent des leçons gratuites    Ce que l'on sait sur l'assassinat d'un gardien de prison par «Moul triporteur»    Football : La Renaissance Sportive de Berkane sur le toit de l'Afrique    Le Maroc plaide à l'ONU pour un système multilatéral renouvelé et plus équitable    Habib El Malki reçoit son homologue libyen    Les fondements psychologiques de l'incorrection de Trump lors des débats présidentiels    Sektioui, brillante transition de la pelouse au banc    Bouchra Hajij élue présidente de la CAVB    Hausse de l' encours global des avoirs conservés par Maroclear en 2019    Maroc Telecom, "Top Performer RSE" pour la 7ème fois consécutive    Le Conseil supérieur des oulémas dénonce toute forme d'atteinte à la sacralité des religions    Journée du patrimoine audiovisuel, une "fenêtre sur le monde " au temps de la Covid19    Les révélations inattendues de Lara Fabian    "Eclat d' amour et des amours confinées " , nouveau recueil de Bouchra Fadel    Coronavirus au Maroc : le bilan bimensuel du ministère de la Santé    Intox au sujet de la forêt de Bouskoura : Les précisions du département des Eaux et Forêts    US Round Up du mardi 27 octobre – Elections américaines, Wall Street, La juge ACB, le Dakota du Sud    « Finding Agnes ». Le Maroc inspire les réalisateurs étrangers    Les signatures et approbation des marchés déléguées aux directeurs régionaux    Un 5ème Sela Park pour Aradei Capital    Port du masque : les autorités locales donnent des chiffres    Ce facteur augmenterait le risque de mourir du Covid-19    Dans un communiqué conjoint du PPS, PI et PAM    L'UEM annonce la tenue de son prochain congrès    La semaine mondiale de l'entrepreneuriat en sa 2è édition    Najlae Benmbarek: directrice de la diplomatie publique    Chili: La troisième mort de Pinochet    Khalid Ait Taleb : « Le taux d'occupation des lits dans les services de réanimation est passé de 5% au début de la pandémie à 31,3% aujourd'hui »    Hier, l'avenir était meilleur !    La vie est belle dans les yeux d'un homme qui aime le cinéma    Caricatures du prophète : Le « Conseil des sages musulmans » veut poursuivre Charlie Hebdo en justice    "La démondialisation", thème de la 9e édition des Dialogues Stratégiques    Aquaculture Coopération maroco-espagnole pour lancer des projets au niveau du littoral nord    Conférence : L'Afrique dans la pensée de Feu SM Hassan II sous le feu des projecteurs    « La Maroc artistique » vu par Bank Al-Maghrib    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Centrale, Polytechnique, Ponts et Chaussées, Ecole supérieure des Travaux publics (ESTP), Télécom Paris… l'élite estudiantine marocaine se bat pour accéder aux grandes écoles françaises. C'est là que sont formés
les dirigeants de demain. Comment cho
Publié dans MarocHebdo le 02 - 02 - 2007

Centrale, Polytechnique, Ponts et Chaussées, Ecole supérieure des Travaux publics (ESTP), Télécom Paris… l'élite estudiantine marocaine se bat pour accéder aux grandes écoles françaises. C'est là que sont formés
les dirigeants de demain.
Comment cho isir son future
Pour de nombreux Marocains, la France est pour ainsi dire cet amour premier, passionnel, tumultueux mais indéfectible. Au fort héritage historique et socio-économique laissé par le protectorat français s'ajoute la proximité linguistique et géographique. Dans ce contexte, l'attrait de la France pour les étudiants marocains est, indéniablement, le plus fort. Et ce ne sont pas les chiffres qui contrediront ce constat. Les Marocains suivant un cursus supérieur dans l'Hexagone, avec un effectif de plus de 30.000 personnes, constituent la première communauté estudiantine étrangère en France. (250.000 étudiants étrangers en tout).
Mais encore faut-il obtenir le «visa étudiant», fameux sésame ouvrant la porte de l'Hexagone aux bacheliers. Nicolas Sarkozy, actuel ministre français de l'Intérieur et candidat à la présidentielle 2007, a d'ores et déjà donné un avant-goût de la France de l'immigration sélective en tamisant les entrées des étudiants étrangers. C'est ainsi qu'ont été créés les Centres pour les Etudes en France (CEF), opérationnels au Maroc depuis le 1er juin 2005. Leur but, plus ou moins avoué, réduire les flux d'étudiants tout en attirant les meilleurs. La décision d'octroi du visa étudiant dépend donc non seulement du consulat, mais aussi du CEF. Au filtre administratif, s'ajoute le filtre pédagogique. Chez nous, le CEF est rattaché à l'Institut Français de Rabat et dépend du Service de Coopération et d'Action Culturelle de l'Ambassade de France au Maroc. Ainsi, tout Marocain souhaitant étudier en France doit obligatoirement: se préinscrire dans un établissement français, s'identifier sur le site Internet du CEF de Rabat (www.maroc.campusfrance.org), y passer un entretien individuel puis adresser une demande de «visa spécial étudiant» au consulat. Le tout pour 2.000 dirhams environ. Les étudiants titulaires ou futurs titulaires d'un diplôme français (dont le baccalauréat) en 2006 ou 2007 et les bénéficiaires d'une bourse du gouvernement français jouissent, pour leur part, de procédures simplifiées. Ceci étant dit, 80% environ des étudiants réussissent à passer le cap du CEF. Par ailleurs, 59% de demandes de visa étudiant ont été acceptées en 2005, contre 48% en 2004.
Parmi les milliers de jeunes bacheliers marocains qui font leurs bagages tous les ans pour des études supérieures en France, quelques-uns, des plus brillants, réussiront à intégrer de grandes écoles, constituant ainsi les graines de la future élite intellectuelle du pays. Actuellement, ils sont près de 3.000 à étudier dans les grandes écoles françaises, pour ne citer qu'elles: Centrale, Polytechnique, Ponts et Chaussées, Ecole supérieure des travaux publics (ESTP), Télécom Paris, Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP-EAP), Hautes études commerciales (HEC) ou encore Normale Sup.
Pour ces privilégiés, le passage par les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) a été incontournable. Comme pour ceux qui leur succéderont.
La réputation des grandes écoles françaises n'est plus à faire auprès des Marocains. «Nous avions la possibilité d'envoyer notre fils en université aux Etats-Unis après son bac S (scientifique) spécialité maths obtenu avec mention assez bien dans un lycée français de Casablanca. Mais les prépas françaises sont réputées pour leur sérieux et l'excellence de leur enseignement. Si notre fils arrive à entrer dans une école d'ingénieurs, on n'aura plus à craindre pour son avenir», nous dit Fatiha, mère de Yanis, étudiant dans une classe préparatoire scientifique à Lyon. Yanis, de père médecin et de mère professeur universitaire, est issu d'un milieu social
«supérieur», comme nombre de ses
camarades.
Les dernières statistiques émises par le ministère de l'Education française font même tenter une sorte de «portrait-type» de l'élève d'une CPGE. Il faut croire que l'origine sociale, sans pour autant être un facteur déterminant à elle seule (le ghotha enfante aussi ses canards boîteux), joue un rôle primordial dans la réussite scolaire des enfants. Ainsi, sur les 74.790 étudiants en prépas à la rentrée 2006, près de 60% sont issus de strates sociales favorisées ou de familles d'enseignants. Mais cela induit aussi que les 40% environ des étudiants restants sont issus de classes sociales dites moyennes et
populaires. Difficile de nier la reproduction des élites, trop facile aussi d'affirmer que l'ascenseur social est gravement en panne.
«J'ai grandi à Mulhouse, dans une famille très modeste, entre 6 frères et sœurs, un père ouvrier et une mère au foyer analphabète. Nous sommes rentrés au Maroc en 1987. Comme j'avais la nationalité française, j'ai été scolarisé à la mission en contrepartie de frais relativement symboliques. Mais, au milieu des enfants de riches marocains, j'ai compris très tôt que les études étaient mon unique voie de secours», raconte Mohamed, 33 ans, ingénieur, lauréat de Ponts et Chaussées. Mohamed a obtenu un 17/20 de moyenne générale au bac scientifique (Bac C à l'époque) du lycée Descartes.
La preuve par l'exemple. Plus de huit sur dix des étudiants en CPGE en 2006 ont obtenu leur bac avec mention (15% ont eu «très bien», 34% «bien» et 35% «assez bien») et 72% (y compris dans les CPGE économiques et littéraires) sont détenteurs d'un bac scientifique. En outre, 75% parmi ces étudiants comptaient déjà, en sixième (première année du collège), parmi les 25% d'élèves les plus brillants de leur école.
Comme Mohamed avec son prof de maths, 75% des élèves d'origine «populaire» ont été encouragés à s'inscrire en CPGE par un de leurs enseignants. Mohamed a tout de suite décroché une bourse d'études du gouvernement français. D'une année à l'autre, la France affiche sa volonté d'attirer «la crème de la crème» estudiantine. Peu importe le pedigree du petit crack, les meilleurs pédagogues de la Gaulle sauront quoi en faire. En 2006, lors de ses vœux habituels face à la presse, Jacques Chirac demandait ainsi aux prépas d'accueillir un tiers d'élèves boursiers. Actuellement, leurs effectifs atteignent 17,8%. Le ministre de l'Education nationale, en novembre 2006, promettait que le chiffre s'élèverait à 22% pour l'année scolaire 2006-2007.
Mais où vont nos petits surdoués marocains? Quelles sont les prépas les plus cotées en France? Le palmarès le plus récent des classes préparatoires aux grandes écoles françaises a été établi fin janvier 2007 par la revue L'Etudiant et l'hebdomadaire L'Express. Ainsi, Polytechnique recrute le plus souvent les lycées suivants (pour un classement exhaustif, se rendre sur le site: www.lexpress.fr) et pour ne citer que les premiers: Louis-le-Grand (Paris), Henri IV (Paris), Sainte-Geneviève (Versailles), Hoche (Versailles), Pierre de Fermat (Toulouse), Lazaristes (Lyon), Thiers (Marseille), Ort (Strasbourg) ou encore Le Parc (Lyon).
En tête des prépas scientifiques les plus en vues (physiques, sciences de l'ingénieur), autrement dit celles qui ont réussi à intégrer en 2006 le plus d'étudiants à Centrale Paris, Centrale Lyon, Ensam, Mines Paris, Polytechnique, Ponts et Chaussées, Supaéro, Supélec et Télécom Paris: Sainte-Geneviève , Louis-le-Grand, Hoche, Pierre de Fermat, Condorcet (Paris), le Parc et Lakanal (Sceaux). Les spécialités «maths-physique» sélectionnées sont quasiment issues des mêmes CPGE: Hoche, Sainte-Geneviève, Henri IV, Louis-le-Grand, Pasteur (Neuilly-sur-Seine), Blaise-Pascal (Orsay) ou encore Le Parc. Le classement des prépas commerciales (option scientifique) n'est pas très différent, avec un avantage certain pour IPESUP, Saint-Jean, Sainte-Geneviève, Sainte-Marie (Lyon), Louis-le-Grand, Saint-Louis, Hoche, Intégrale (Paris) et Henri IV. Enfin, les prépas littéraires les plus prisées sont Pierre de Fermat, Henri IV, Watteau (Valenciennes), Chateaubriand (Rennes), Fénelon (Paris), Le Parc, Jean-Jaurès (Reims), Madeleine Daniélou, Claude Monet (Paris), Georges de la Tour (Metz), Lycée de Sèvres (Sèvres), Carnot (Dijon), Lakanal, Saint-Sernin (Toulouse), Condorcet ou Joffre (Montpellier). Dans les médias nationaux, avec ce ton fier et chauvin, on décrit les étudiants marocains dans les grandes écoles françaises comme jeunes, brillants, dynamiques et ambitieux. Mais, souvent, on oublie d'évoquer leur parcours… du combattant.
Il faut d'abord que le dossier du bachelier postulant à une CPGE soit admis: bulletins de notes, moyennes, classement, âge, appréciations des anciens professeurs… Tout est passé au peigne fin par la commission d'évaluation. Inutile de préciser qu'avec un profil moyen ou médiocre, les chances d'acceptation du dossier, en tous cas dans les écoles les plus réputées, sont quasi-nulles. Le candidat doit en outre se soumettre à un test écrit et à un entretien oral.
Ne fût-ce que pour l'investissement que cela représente -la scolarité d'un élève en prépa coûte en moyenne 13.760 euros à l'Etat français (sauf les frais de cantine, d'internat et d'inscription aux concours, les études en CPGE sont gratuites), contre 6.700 euros par an pour un étudiant d'université, on comprend que la sélection ne se fasse pas à l'aveuglette!
Une fois cette étape franchie, une autre «aventure» commence: «Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas que des génies et des surdoués en classe prépa. La majorité des étudiants triment pour pouvoir suivre le rythme des têtes de classe. (…) Je n'avais qu'un but: réussir à tout prix. Car jamais je n'aurais supporté de me retrouver recalée, après deux ans d'enfer. Cela aurait été une humiliation, un échec pour moi. Encore plus pour mes parents», confie Laïla, 21 ans, qui vient d'intégrer l'ESCP-EAP. Il est connu aujourd'hui que, sans assiduité, on perd très vite pied en prépa. Les étudiants doivent faire montre d'endurance physique et psychologique. Les cours, travaux dirigés et travaux pratiques, occupent une trentaine d'heures, auxquelles il faut ajouter les épreuves écrites (en général 4 h par semaine) et les interrogations orales (deux à trois heures par semaine). Ajouté à cela un travail personnel quotidien. La régularité du travail compte plus que le volume lui-même. C'est pour cela que les étudiants sont soumis à des évaluations régulières (colles, devoirs) qui les empêchent de décrocher sans qu'ils s'en rendent compte. Pour ceux qui arrivent à tenir jusqu'au bout des deux années, la partie n'est pas gagnée pour autant. Les «préparationnaires» doivent en effet réussir les concours écrits et oraux d'accès aux grandes écoles. Là, pas de répit, ni de faveur non plus. La sélection aux concours d'entrée aux grandes écoles est sévère, très sévère même. Les recalés sont très nombreux, des dizaines de CPGE ne parvenant à intégrer aucun de leurs élèves.
C'est dire l'excellence et la détermination des étudiants marocains qui arrivent dire à bon port. En 2003-2004, les étudiants marocains dans les grandes écoles françaises étaient 2.712 sur un effectif total de plus de 25.000 étudiants étrangers, soit plus de 10% du total. Un score plus qu'honorable.
Ces «graines d'élite» sont probablement les meilleurs ambassadeurs du Maroc. Ailleurs comme ici. Car tous ne choisissent pas de s'installer à l'étranger. Ils sont bien au contraire de plus en plus nombreux à opter pour le retour au pays une fois leur diplôme en poche. Ainsi, un sondage réalisé par l'association Maroc Entrepreneurs en août 2006 auprès de 1.823 personnes (dont 70% sont âgés entre 21 à 30 ans et 70% disposent d'un niveau d'études supérieures ou égal à Bac+5) révèle que 86% des Marocains déclarent vouloir rentrer au bercail.
meilleure qualité de vie.
Maroc Entrepreneurs, créée en 1999 par des étudiants et des jeunes diplômés marocains de Grandes Ecoles françaises travaille à inciter la diaspora marocaine à l'étranger à rentrer. Présente à Paris et à Lyon, Maroc Entrepreneurs représente aujourd'hui le plus grand réseau d'étudiants et de diplômés marocains à l'étranger avec 6.666 membres.
D'autres associations oeuvrent dans le même sens. Mais il est sûr que ces jeune entités ne pourront à elles seules stopper la fuite des jeunes cerveaux marocains qui, pour une raison ou une autre préfèrent s'exiler définitivement sous des cieux plus cléments. Et demain, les portes de l'Eldorado européen ne feront que s'ouvrir davantage à eux pour mieux se fermer aux migrants «inutiles». L'hémorragie cérébrale ne fera alors qu'empirer.