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Enseignement français à l'étranger: 25 millions d'euros de plus dès 2020
Publié dans Albayane le 02 - 09 - 2019

A quelques jours de la rentrée scolaire 2019-2020, les parents d'élèves de la mission française au Maroc peuvent-ils espérer bientôt une baisse des frais de scolarité? Certainement pas pour cette année scolaire, mais probablement pour la prochaine (ndlr: 2020/2021). C'est du moins ce que laisse croire une récente déclaration de Jean-Yves Le Drian. Jeudi dernier, le chef de la diplomatie française a annoncé que l'Hexagone débloquera dès 2020, 25 millions d'euros supplémentaires pour l'enseignement du français à l'étranger, avec pour corollaire une baisse des frais de scolarité.
Avec la nouvelle annonce du ministre des affaires étrangères français, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) verra son budget augmenter de 25 millions d'euros dès l'année prochaine. Disposant depuis 2017 d'un budget de 354,5 millions, l'AEFE, colonne vertébrale de l'enseignement français à l'étranger, devrait voir sa trésorerie atteindre presque 380 millions d'euros. Ainsi, comme l'a déclaré le ministre, «le niveau de participation des familles aux frais de scolarité qui avait dû être augmenté en 2017 reviendra à son niveau de 2016». Bien plus, le gouvernement français compte «accroitre le nombre de professeurs». Ainsi, 1000 enseignants titulaires français supplémentaires seront détachés à l'étranger dans les prochaines années. Objectif : renforcer la qualité de l'enseignement français à l'étranger.
Quel impact pour les élèves du système français au Maroc ? Si le ministre n'a pas précisé si tous les pays où sont érigés des établissements français seront concernés par la baisse de tarifs, le Maroc pourrait ne pas être parmi les bénéficiaires de ces réductions, comme nous souligne une maman marocaine, pas très optimiste, ayant 3 enfants à la mission française. La raison, selon elle, les parents marocains feraient partie des meilleurs payeurs. D'ailleurs, souligne-t-elle, grâce à plusieurs actions des associations de parents d'élèves, les tarifs de scolarité ont été fixés jusqu'aujourd'hui, à un niveau jugé «abordable».
En effet, suite à des mesures d'austérité en 2017, le budget de l'AEFE avait été réduit de 8%. Face à cette situation, l'AEFE n'avait eu d'autre choix que d'imputer cette baisse de son budget sur les parents. Ainsi, la même année, les frais de scolarité dans les écoles de l'AEFE au Maroc avaient augmenté, enregistrant à l'heure actuelle une hausse de près de 2250 dirhams pour tous les niveaux (maternelle, primaire, collège et lycée) par rapport à 2015/2016.
Sans oublier, qu'avec ces mêmes coupes budgétaires, plusieurs postes d'enseignants résidents titulaires expatriés au Maroc avaient été supprimés au profit des contrats locaux. Ce qui avait donné lieu à un vrai coup de gueule dans le milieu des associations des parents d'élèves de la mission française, qui dénonçaient non seulement cette hausse, mais aussi et surtout leur crainte d'une diminution progressive de la qualité de l'enseignement français au Maroc, en raison de l'augmentation des profils d'enseignants marocains.
A la suite de ces mouvements de grève dans différents pays, le gouvernement français avait annoncé qu'en 2019, l'AEFE retrouverait son budget d'avant les coupes budgétaires. L'objectif étant d'offrir une éducation de qualité aux 350 000 élèves des lycées français à l'étranger, ainsi que des autres niveaux. Il faut dire que ces écoles françaises ne sont pas seulement des établissements, mais un instrument de diplomatie d'influence pour la France.


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